Dix pieds sur Terre

10 novembre 2016

Trampin'NZ: Cape Reinga Costal Walkway (Te Wherahi/Twilight Beach Track)

J'ai toujours un peu de mal à me rendre dans un endroit exceptionnel, regarder le petit monument, faire un 360 degrés de photos, et puis repartir. À la rigueur, il me faudrait quelques heures devant moi, pour pouvoir m'asseoir, méditer, sentir l'endroit, sans les enfants qui tournent autour et veulent s'en aller. Ou même y revenir plus tard ou un autre jour, pour le voir sous une autre lumière.

Le Cap Reinga est un de ces endroits-là. Au Cap Reinga (le -faux- point le plus au Nord de la Nouvelle Zélande), il y a un tout petit phare que l'on peut atteindre après un petit chemin. Une fois au bout, on a la mer de Tasman à gauche, l'Océan Pacifique à droite, et l'impression de se trouver dans un endroit spécial. On retient son souffle, peut être va-t-il se passer quelque chose d'un peu magique ? C'est à cet endroit dit-on, que les âmes des Maoris prennent leur envol vers l'au-delà, et où les eaux des deux mers (mâle et femelle) se mélangent pour créer la vie.

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Tant qu'à être venus jusqu'au bout, je ne voulais pas juste descendre au phare, faire la photo et nous en retourner dans l'autre sens. Alors on a regardé dans nos bouquins et découvert cet itinéraire qui n'est pas vraiment une boucle, mais une succession de sentiers qui permettent de partir du Cap Reinga, de parcourir les dunes alentours, et de se retrouver quelques kilomètres avant, sur la route qui y mène (charge à nous de bricoler pour retourner au parking du bout).

Le temps que nous quittions notre maison à Waipapakauri (tranquille, le matin ...), la matinée était déjà avancée. Le ciel était d'un bleu très pur, la mer immense, la vue imprenable. J'avais quand même hâte de partir (aussi parce que la rando me semblait longue ...).

On a donc emprunté le sentier qui part vers le Sud, en longeant la côte, un truc un peu vertigineux, la falaise à droite, les vagues qui s'écrasent, tout en bas. On est vite arrivés en vue de la très longue plage de Te Werahi, que nous avons traversé.

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Une fois sur la plage, la marche était longue et monotone, mais je me suis vite imaginée être dans une espèce de désert, entourée de brumes au loin (du sable?). Marcher sans regarder ses pieds sur une immensité plane, ça repose l'esprit. Les enfants, eux, nous ont supplié de nous arrêter un petit peu: ils voulaient dessiner dans le sable, mais je voyais l'heure de la pause repas qui approchait et la réverbération était trop forte sur cette plage pour nous y arrêter.

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Une fois à l'autre bout de la plage, on a grimpé une petite butte, et pique-niqué en compagnie de marcheurs qui entament leur Te Aratoa: une randonnée de 3000 km qui les mènera du Cap Reinga (nord de l'Ile Nord) à Bluff (sud de l'Ile Sud). C'était leur premier jour, il leur faudra plusieurs mois pour finir !

Une fois repartis, le décor a changé: nous avons traversé des dunes de sable et de terre, aux couleurs incroyables (tous les tons d'ocre et de jaune, et même du rose !), puis on a passé la deuxième anse de la plage de Te Werahi avant de s'élever un peu, et d'apercevoir le Cap Maria van Diemen. Les couleurs étaient époustouflantes !

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On a continué en passant dans une espèce de bush tout vert, sur un sentier bien tracé en direction de Twilight Beach. Le soleil cognait très fort, et le vent qui soufflait en continu était fatiguant. Les enfants commençaient à traîner un peu la patte. Une fois en vue de Twilight Beach, on est retourné dans un paysage de dunes, et ça s'est compliqué: de gros buissons de plantes un peu grasses en pleine floraison nous barraient le chemin. De chemin, d'ailleurs, il n'y en avait plus trop: le tracé se perdait dans le sable, alors on scrutait pour voir les balises, batons de bois plantés avec des triangles oranges. Heureusement qu'ils étaient relativement visibles ! On se remplissait les chaussures de kilos de sable au passage, et puis on a réalisé qu'on a été un peu léger avec la quantité d'eau qu'on avait emmené (même quand les grands se rationnaient pour les petits). Du coup, il a fallu motiver les troupes, et puis se dire qu'on avait fait la plus grosse partie (et ne pas trop leur dire qu'on a hésité plus d'une fois sur la direction ...).

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Enfin, une fois arrivés à Twilight Beach, on a bifurqué vers l'Est, pour quitter une fois pour toutes la côte et les dunes, et on s'est retrouvés sur un sentier "classique", dans des petites forêts (on a même traversé un marécage). Le moral des petits marcheurs est remonté en flèche !

La dernière partie traversait des pâturages, immenses et vallonnés. Ce n'était pas le plus facile: le terrain était accidenté à cause des trous laissés par les bestiaux dans la boue devenue solide. Mais en se retournant, on voyait encore les immenses dunes de sable, au loin et c'était impressionnant de se dire qu'on avait traversé tout ça. Les vaches noires levaient la tête à notre passage et les petits veaux curieux s'approchaient un peu.

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Enfin, on a atteint la route, et on a envoyé MonsieurPapa avec son petit dernier dans le porte-bébé faire du stop pour retourner au parking de Cap Reinga. Le coup du bébé pour attendrir les automobilistes, ça n'a pas trop mal marché, et en 5 minutes, il était déjà parti ! En attendant, on a compté nos coups de soleil (aux endroits où on avait oublié la crème, forcément !) et grignoté ce qui nous restait de plus juteux: les oranges, parce qu'on avait vraiment vraiment très soif !

Au retour vers Waipapakauri, dans la voiture, on a perdu le petit Jo, qui avait vaillamment marché sans jamais se plaindre une très longue balade, et qui s'est effondré de sommeil jusqu'à l'arrivée ! On avait un peu tous les jambes raides, mais la tête pleine de couleurs incroyables. Rarement j'ai fait une balade à la journée qui offrait tant de beauté et de variété dans les paysages.

Toutes les photos dans l'album.


 Cape Reinga Costal Walkway (Te Wherahi/Twilight Beach Track) - 16km - 6 heures - Fait partie de Te Araroa (The Long Pathway)

Départ: Cape Reinga - Arrivée: Te Werahi Gate

Sur la carte ci-dessous, on n'a pas longé la côte au niveau du Cap Maria van Diemen, mais coupé par le sentier marqué en jaune.

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08 novembre 2016

Matapouri, Northland: Poor Knight Islands, Canoë, Matapouri Beach, Kiwi North Whangarei

A Matapouri, dans le Northland, il n'y avait pas grand monde, surtout en dehors des vacances scolaires. Il y a plein de bach's vides, une très belle plage (trois, en fait), une rivière qui coulait juste devant notre maison. Et alors, pas besoin d'application smart-truc pour consulter les horaires des marées: il suffisait de jeter un coup d'oeil par la fenêtre de la cuisine pour voir si le courant remontait ou descendait dans l'estuaire. Sur le pont juste en face, il y avait souvent des ados qui sautaient dans la rivière aux eaux limpides (en se plaçant soigneusement au milieu, il y avait assez de fond). À part ça, il n'y a (presque) rien, ni personne, à peine une épicerie qui vendait du pain, des barres de chocolat, des tomates en boîte (et du lait ... mais cela va sans dire: en NZ, il y a du lait partout).

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Tout ceci n'était pas pour nous ! On occupait le rez-de-chaussée ... ce qui était amplement suffisant !

Dans notre maison de Matapouri, il y avait, luxe ultime, un lit pour chacun des grands enfants, beaucoup de moustiques et de sandflies, ces atroces petites bestioles qui ont l'air d'inoffensifs moucherons, mais qui piquent en vous laissant des cruelles démangeaisons des jours durant (et contrairement à leur nom, ils ne sévissent pas que sur les plages). Il y avait aussi des douces lumières de couchers de soleil, un petit jardin et le calme des stations balnéaires hors-saison (même si Matapouri ne peut pas décemment prétendre au titre de "station", quand même ...).

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La cuisine, royale ... Note pour plus tard (quand j'aurai une maison): rien n'apporte plus de joie que de cuisiner en regardant des arbres par la (grande) fenêtre ...

Dès notre arrivée, MonsieurPapa a emmené les enfants sur le sentier de Whale Bay et le lendemain, on a testé la plage (Matapouri Beach), juste en contrebas. Le turquoise de l'eau invitait (appelait !) à la baignade, mais pas la température ! Ils s'y sont mouillé, ont grelotté (Manech, qui a vite froid) et puis ont joué sur le sable des heures durant.

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Durant notre séjour (3 semaines), on a aussi pris la voiture pour pousser jusqu'à Whangarei (la "grosse" ville la plus proche), pour une journée de visites: les Abbey Caves, la cascade de Whangarei, et un peu de shopping "équipement de rando", pour des chaussures de marche devenues trop petites ...

La balade des Abbey Caves, sans être la rando de l'année, est sympathique. C'est un petit chemin qui serpente entre les pâtures, avant de plonger dans des petites grottes, des amoncellements de gros cailloux plutôt. Si l'on s'aventure assez profond, on peut voir des glow worms (larves d'insectes endémiques, Arachnocampa luminosa) qui brillent dans le noir. Mais moi, je suis un peu claustrophobe, alors j'ai laissé ma place à MonsieurPapa et les enfants ont suivi. Retour les pieds trempés, et puis tant pis, à la façon kiwie, ils ont quitté les chaussures, pour aller voir les Whangarei Falls, qui finalement, ne me laissent pas un souvenir impérissable. Je crois qu'il faut que j'arrive à m'avouer que beaucoup d'endroits naturels peuvent me tirer des larmes, mais que les chutes d'eau ... je ne sais pas ... c'est joli, mais c'est pas mon truc.

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Un peu plus au sud, sur la côte, de la petite marina de Tutukaka partent les bateaux de plongeurs vers les Poor Knights Islands, un site de plongée sympa, il paraît. Alors, on a mis tout le monde sur le bateau, les palmes aux pieds, et hop ! Pour MonsieurPapa et moi, une plongée chacun, dans une eau froide (longtemps que j'avais pas remis une double combi 7 mm !), mais plein de petites choses à voir. Et puis, passer dans une espèce de grotte sous-marine, scruter les parois, guetter une ou deux murènes ... C'était beau, comme beaucoup de plongées: passer du temps sous l'eau, c'est être un peu hors du temps.
Pour les enfants, il y avait aussi des combis et des masques, mais Salomé et Joseph ont trouvé l'eau un peu froide ... Augustine y est allée deux fois, frémissante d'excitation. L'après-midi, elle s'est approchée à la nage du phoque qui glandouillait sur les rochers sans broncher. Le skipper a alors proposé de détacher le canoë de l'avant de notre bateau et Augustine a embarqué son plus grand petit frère dans une aventure à la pagaie, autour des cailloux et dans les grottes alentours, et encore plus près de la bestiole (qui n'en n'avait apparemment rien à cirer !). Comme elle était fière de promener son petit frère (et comme les sorties canoë de cet été sur la Dordogne ont porté leur fruits: elle manoeuvre très bien son bateau !) !

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Ici, les îles sont percées de trous ...

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... et pas des moindres ! (notre bateau pouvait passer dessous !)

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un banc de gros poissons qui se fait visiblement un festin de petites crevettes

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deux photos ... parce que ce bleu, quoi ... je l'emporterait bien avec moi

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le fameux phoque, qui a supporté sans broncher les visites inquisitrices des plongeurs et canoeiste ... l'a pas bougé d'un poil !

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Augustine qui tente l'aventure et s'éloigne du bateau

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Coucou le phoque !

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Le lendemain, il faisait beau, mais je suis restée au lit, malade. MonsieurPapa a tiré les deux canoës de la maison dans l'embouchure de la rivière, juste en face et a emmené les enfants dans la mangrove, glissant sur l'eau très claire et sous un beau ciel bleu. Tranquille ...

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On n'a pas fait que sortir, à Matapouri, parce qu'il n'a pas fait que du beau ciel bleu (quand même). On a aussi bien avancé dans le travail d'école des enfants et puis un jour où il faisait un peu moche (et où c'était le tour de MonsieurPapa de passer la journée au lit, on partage tout !), j'ai emmené les grands enfants au Kiwi North, à Whangarei. Il n'y avait personne, et c'était bientôt l'heure pour les kiwis d'aller se coucher (ils trichent en leur faisant croire que le jour est la nuit, pour que les humains, animaux diurnes, puissent les voir en pleine journée sans les réveiller ... comment ça c'est pas clair ce que je raconte ?).
Le centre était vide, on a pu voir ce couple de kiwis prospecter tranquillement dans leur grand enclos et puis surtout écouter la responsable de l'endroit nous raconter plein d'histoires sur ces oiseaux, la nature en Nouvelle-Zélande et tout ça. Évidemment, on a dévié sur la culture du pays (elle est Britannique, émigrée depuis 14 ans), et j'ai bu ses paroles: sa perception du pays, des gens, des touristes, de comment elle voit les choses changer, à sa modeste échelle. C'est intéressant d'entendre des gens du coin parler de leur pays, c'est encore mieux d'entendre des étrangers de longue date, avec leur point de vue d'étrangers imprégnés de culture du coin.

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Les enfants ont pu en apprendre un peu plus sur cet oiseau incroyable, qui ne vole pas mais a des pattes super musclées, qui pond un oeuf énorme relativement à la taille de son corps, et qui est sérieusement menacé par toutes sortes de prédateurs importés: opossums, chiens, chats (sauvages), rats, furets, hermines ...

Pas trop loin du Kiwi North, le Northland Vintage Car Club, nous sommes rentrés dans ce vaste hangar, ouvert et silencieux. Au fond, deux bricoleurs ont à peine levé la tête à notre arrivée. On s'est glissés entre des voitures vieilles (mais vieilles, quoi ...) et aussi de moins vieilles (injustice: plus elles étaient anciennes, plus elles semblaient bichonnées. Il semble qu'en ce bas monde, les choses doivent être très récentes ou très vieilles pour attirer les attentions ...). Il y avait un petit air rétro partout, des vieilles pompes à essences, des enseignes poussérieuses. J'ai ris de montrer aux enfants les tous premiers phares, qui ressemblaient à des bougies avec des mèches, et les volants en bois ! Augustine a tout de suite repéré cette voiture qui venait de Reims, en France (comme nous !). C'était rigolo de passer du kiwi aux vieilles voitures...

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Matapouri a été un très chouette point de chute dans le Northland, un chez-nous confortable pendant 3 semaines. Loin de tout et de tout le monde, le temps s'est écoulé à son juste rythme. Ce fut aussi notre point de départ aussi pour deux petites escapades à Waipapakauri (Ahipara) et Opononi. À suivre.

06 novembre 2016

Vacances avec idée derrière la tête

Notre vie en Nouvelle-Zélande, en ce moment, elle est un peu spéciale: c'est un peu comme des vacances, mais des vacances avec une idée derrière la tête. Celle de s'y installer et d'y rester autant que bon nous semble. Pour autant, nous ne sommes pas en ce moment en phase d'installation principalement parce que tout dépend du fameux visa de travail qui dépend lui-même du … travail !

Avec un visa de visiteurs en Nouvelle-Zélande (3 mois), on peut faire pas mal de choses, mais pas tout. On peut acheter une voiture et ouvrir un compte bancaire, mais pas mettre ses enfants à l'école par exemple (sauf dans certains cas particuliers). Alors on essaie de s'équiper pour se faciliter la vie (une boite postale, des cartes de bibliothèque !), et petit à petit, on avance. Se loger sur du long terme, c'est possible, mais il y a souvent un bail d'un an avec une caution et l'incertitude sur un futur visa rend tout ceci un peu difficile financièrement (et puis, comment décider de l'endroit quand on ne sait pas encore où on va travailler ?).

À peine arrivés ici, on a donc "mis en marche la machine": accepté volontier les contacts professionnels que nous ont passé nos amis (surtout pour MonsieurPapa, car il faut bien quelqu'un en "arrière-plan" pour assurer l'intendance, pour le moment), fait des rencontres, initié les demandes de paperasserie pour l'immigration. Bref, une espèce de phase "'d'accroche" et de prise de température. Pour l'instant, les choses se déroulent de manière plutôt optimiste, mais évidemment, cela prend du temps.

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MonsieurPapa s'y met à fond: voici comment ça se termine quand il reçoit un coup de fil "peut-être-futur" professionnel alors qu'il était sous la douche ...

Alors au lieu d'attendre à Auckland que les choses se fassent, on s'est dit que ça vaudrait le coup de visiter un peu le pays (parce que si on y reste, on aura moins de temps libre pour voyager, et si on doit le quitter … au moins, on en aura bien profité !). En plus, s'éloigner de la grosse ville fait baisser le prix du logement (sauf dans les régions très touristiques pendant la haute saison … mais ça normalement, on évite !).

On a donc planifié des “longs” séjours (3 ou 4 semaines) dans des maisons louées via des sites internet (bien moins cher que des locations de vacances), dans des endroits qui nous attirent, et de rayonner autour. L'idée étant de se donner le temps de visiter le coin, tout en respectant la routine de notre famille, et particulièrement le rythme de vie des enfants et le travail académique à la maison. Cela nous permet aussi de préserver du temps pour les recherches de travail et les procédures administratives.
On a bien pensé au camping-car, solution qui nous avait très bien convenue en France, mais l'obligation d'avoir 3 jeunes enfants en siège auto rendait difficile (et coûteuse) la location d'un camping-car spécifique (on croise des centaines de camping-car de petite taille, pour des couples, principalement, mais peu de grandes familles comme nous).

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Le site internet du ministère de l'immigration kiwi est en page d'accueil mais on est bien équipés en lectures touristiques aussi ...

Tout ceci est fort nouveau pour nous. À chaque fois que nous avons bougé (depuis les Pays-Bas), tout était plus ou moins organisé par l'Employeur en avance: le boulot, les papiers d'immigration (pour toute la famille), le logement, le déménagement, le “guide d'acclimatation” à l'arrivée, qui nous aidait dans tous les aspects pratiques qui peuvent devenir des vrai casse-têtes. Et surtout, qui nous épargnait des heures de recherche et de prospection, nous rendait directement “opérationnels” une fois sur place et minimisait le dérangement pour tout le monde (avec l'idée que changer de pays est déjà suffisamment déstabilisant). C'est pour cela que je ne considère pas cette expérience comme une expatriation de plus, mais bien comme une (tentative d') immigration.

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(au Musée Maritime d'Auckland)

Ce qui est différent aussi, c'est cette ambigüité parfois, que l'on ressent: on aimerait bien avoir complètement l'esprit libre, comme on l'a ressenti durant notre grand voyage en France et ne passer nos journées qu'à profiter de ce beau pays, mais cette installation demande beaucoup d'investissement temporel, financier, et affectif aussi. Impossible de ne pas se projeter, surtout avec les enfants, qui vivent encore dans un monde dans lequel tout est facile. On reste pourtant très conscients du fait que ça pourrait ne pas marcher, parce qu'il faut bien se préparer à tout.

Pour autant, être ici est un vrai bonheur, et surtout après la Chine: pouvoir passer du temps dehors, être entouré de vert, de nature, ne pas se soucier de la pollution, de la circulation (ou si peu), pouvoir échanger avec les gens. Et puis pousser des "oh" et des "ah" à chaque tournant ou presque parce que c'est tellement beau ... même si on n'arrive pas à creuser notre trou ici, il nous restera cette chance immense d'avoir pu visiter ce pays.

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Créations origami: une famille de kiwis !

02 novembre 2016

Trampin'NZ: Matapouri Bush Track

J'inaugure une nouvelle série dans ce blog: celle de nos (mes) randonnées en Nouvelle-Zélande. Avant de la nommer, j'ai pris soin de faire une petite recherche sur la différence entre les verbes hiking, trekking et tramping, parce que je vois venir que c'est des mots qui vont faire désormais très couramment partie de mon vocabulaire. Je disais ici que Immigration NZ est ma page d'accueil, en réalité, celle du Department of Conservation (DOC, de son petit nom), lui dispute fréquemment la vedette.
Parce qu'avec le genre de milieux naturels qu'ils ont ici, marcher (dans la nature) est un peu comme une seconde nature: il ya des sentiers de rando partout, des dizaines de guides, des cartes interactives etc ... Et ça touche une corde sensible chez moi, alors quand je feuillette des bouquins comme celui-ci (prêté pour l'occasion), j'ai juste envie de mettre mes chaussures et de partir dans l'instant.

Et de retour entre quatre murs, je sens que je vais avoir envie d'en garder des traces, pour moi, pour nous, et aussi pour ceux que ça intéresse.

Pour le côté linguistique, finalement, c'est plus ou moins tout la même chose: de la marche dans la nature, de la randonnée à pied, etc ...
Hiking et trekking, c'est plus général (ça peut désigner la petite balade comme la grande randonnée de plusieurs jours), tramping c'est la version locale kiwie. J'aime bien entendre qu'il existe une version locale, tout comme le terme rambling me semblait assez usité en Afrique du Sud (est-ce aussi typique du coin ?).
Trampin'NZ, donc, ce sera, et si je fais mien le motto du DOC: "Take nothing but pictures, leave nothing but footprints", j'espère avoir beaucoup de traces (et de photos !) à laisser ici.


Pour cette première, il s'agit du Matapouri Bush Track, dans le Northland, rando "aller simple" qui relie plus ou moins Matapouri à Tutukaka. Cette randonnée, pourtant balisée et qui traverse une zone du DOC, n'est pas mentionnée dans leur site, et je ne comprends pas pourquoi (parce qu'elle est balisée à leurs couleurs, accessible et intéressante). Je l'avais repérée sur un prospectus qui traînait dans la maison où nous restions et planifiée pour une belle journée ensoleillée. Nous avions donc organisé un picnic et une dépose au début du sentier, et prévu que MonsieurPapa nous rejoindrait de l'autre côté.

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Au départ, on est prévenus: kiwi zone ! Les enfants sont tout excités mais ne mettront pas longtemps à comprendre qu'ils ne verront jamais un kiwi dans ce genre d'endroit: ils dorment le jour (et même la nuit, c'est des bestiaux du genre discret).

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La balade est belle, on commence par traverser des petits bosquets qui longent des pâtures, puis une jolie prairie bordée de ruches. Et c'est vraiment le printemps ! Les alentours sont couverts de manukas en fleurs, ça bourdonne de tous les côtés.

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On continue par une très grande forêt de pins, très belle, très haute, dans laquelle on fait une rencontre ... déconcertante ! Un piège à prédateurs (prédateurs des kiwis) ... avec un prédateur dedans ! C'est un possum qui s'est fait attraper, dans une pose théatrale qui fait un peu peur aux enfants, au départ. Les gens d'ici se réjouissent quand une de ces bestioles non-endémique est attrapée: ce sont de redoutables chasseurs de kiwis et ils pullulent. Bon, les enfants finissent par se détendre un peu aussi, surtout quand Joseph conclut "Moi, j'aimerait pas être un possum qui vit dans cette forêt !" (et que ça fait rigoler tout le monde !).

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Et on continue en faisant un peu marcher Manech, parce que le sentier est facile, le chemin descend dans un petit vallon et la végétation devient humide et dense (comprendre: on patauge dans la boue !), jusqu'à ce qu'on passe un ruisseau et qu'on remonte de l'autre côté, en croisant MonsieurPapa, qui vient à notre rencontre.

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On remonte encore un peu, on fait une pause casse-croûte et on va saluer notre premier kauri géant: Tane Moana, dont je n'ai pas les mensurations sous la main, mais qui a sans doute quelques centaines d'années. Et il en jette, quand même...

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(oui, Augustine bouquine même pendant les pauses ...)

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(il a pas l'air comme ça, mais il fait peut être une petite dizaine de mètre de circonférence)

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La redescente est tranquille, le chemin large et facile, on traverse des plantations de pins et d'eucalyptus avant de passer les habituelles barrières de patures. On aura croisé deux personnes, en tout et pour tout (deux Français ! On est partout !).

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Matapouri Bush Track - 7km - 2h30 - Fait partie de Te Araroa (The Long Pathway) - Détour par Tane Moana Walkway (Giant Kauri)

Départ: Clements Rd, Matapouri - Arrivée: Waiotoi Rd, Tutukaka

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31 octobre 2016

Une semaine à Auckland: NorthShore, IELTS, Musée Maritime

En rentrant de Coromandel, nous avons donc passé une semaine à Auckland, de nouveau. Cette fois-ci, nous étions dans le Northshore, la partie de la ville qui se trouve de l'autre côté du pont, comme son nom l'indique, au nord, un coin un peu moins privilégié que Point Chevalier, à l'Ouest d'Auckland où nous étions la semaine passée. Le petit appartement que nous avions loué était dans une résidence calme, avec l'inévitable aire de jeux en contrebas. Les rayonnages de la bibliothèque de notre hôte étaient fournis de lectures ésotériques  et de manuels sur l'enrichissement (il est bien dans la vie de savoir pourvoir à tous ses besoins: spirituels comme matériels). Mais elle était charmante, et nous avons passé là-bas une bonne semaine.

Il s'agissait pour MonsieurPapa de continuer ses entretiens professionnels interrompus par le Labour WeekEnd, de faire passer une petite visite de contrôle à notre nouvelle voiture (pas si nouvelle que ça en vrai: 12 ans et 133.000 km au compteur !), de se poser un petit peu (et de reprendre le cours de l'école à la maison, difficile à poursuivre quand on est en week end avec des amis !). On a aussi oeuvré à quelques formalités d'installation: s'ouvrir une boite postale (à défaut d'avoir une adresse physique fixe !), faire faire un set complet d'empreintes digitales pour les besoins des procédures d'immigration (cadeau bonus spécial pour nous, parce que nous avons habité en Afrique du Sud et à Singapour...), et le plus important: se faire faire une des cartes de bibliothèque (le bonheur: ici, quand on est résident, on peut emprunter jusqu'à 35 livres par mois et par personne dans l'une des 55 bibliothèques d'Auckland !!! pour nous qui ne sommes que de passage, c'est 2 ... mais c'est déjà ça !).

Le jour de notre anniversaire de mariage, nous avons laissé les enfants à la bonne garde de nos amis (une journée playdate et sleepover pour Joseph chez son copain D.) et d'une baby-sitter dégotée pour l'occasion. La babysitter a été parfaite: elle a fait faire deux belles siestes à Manech, pendant lesquelles elle a cuisiné et décoré des cupcakes avec les filles !

Pourtant, il ne s'agissait pas pour nous de se faire belle sortie et bon restau, mais de passer la journée assis sur des chaises d'examens, à tester notre niveau d'anglais (glamour, comme façon de fêter ça, non ?).

Parce qu'avant de partir, on avait bon espoir que notre décennie passée de pratique intensive de la langue sur trois continents nous assure un niveau suffisant pour contenter ces messieurs de l'immigration. L'ironie du sort, c'est que le jour-même de notre atterrissage sur l'île, le ministère a changé les règles: il faut maintenant justifier de ses habilités de la langue de Shaekspeare au moyen d'un test (et contre espèces sonnantes et trébuchantes). Pas moyen d'y échapper, il nous faut décrocher un score minimum sur les quatre épreuves (compréhension orale, compréhension écrite, épreuve écrite, épreuve orale), sinon, on rate le coche de la demande de visa.

Et bien, en une décennie, on a bien perdu l'habitude de passer plusieurs heures dans immense salle d'examen, entourés d'une centaines d'autres candidats (tous asiatiques !), avec des examinateurs à l'air sévère qui tournent autour de vous pendant que vous griffonnez le plus vite possible vos réponses ou vous essayez de vous concentrer sur la bande audio qui défile (pas si vite, mais quand même). À la sortie, on était un peu lessivés, mais satisfaits ! MonsieurPapa en a même remis une couche et dû revenir à Auckland la semaine d'après pour repasser l'épreuve orale: l'examinateur, au moment de passer le test d'oral, a oublié de mettre en marche son dictaphone (argh) ...

Deux bonnes semaines plus tard, la nouvelle est tombée: on passe (plutôt bien) ! Voilà qui est fait, on peut passer au formulaire suivant ...

Cette semaine-là, j'ai emmené les enfants au Musée Maritime d'Auckland, qui a eu un grand succès: c'est un musée qui retrace l'histoire maritime de la Nouvelle-Zélande, des traditions des premières nations maories, à l'arrivée des Européens, puis aux vagues d'immigrations des années 1840 à 1960, pour finir avec un peu d'histoire contemporaine des bateaux du coin.

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Évidemment, la section sur l'immigration a trouvé un écho avec notre modeste situation. Il y avait des affiches d'incitation à l'émigration, une reproduction de l'intérieur d'un bateau à voile qui faisait les premiers voyages, vers le milieu du 19ième, puis d'un bateau à moteur plus moderne, et dont les cabines étaient à peine plus confortables. Mais ce qui touchait le plus, c'était les témoignages, les histoires (vraies) de ces familles, de ces couples ou de ces enfants qui ont quitté l'Europe des guerres et des difficultés économiques pour chercher une vie meilleure. On pouvait aussi tirer au sort une petite carte personnalisée qui présentait un immigrant et, à la fin de la section, faire tourner la roue du destin et apprendre ce qui lui était arrivé. Les enfants ont été passionnés par ces histoires. Il est évidemment impossible de ne pas faire le parrallèle avec l'actuel drame des migrants du Moyen-Orient...

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Un peu plus loin, une autre section a fasciné et enthousiasmé les enfants, une toute autre histoire: celle de Blue Water, Black Magic, entièrement dédiée à la voile sportive et qui rend hommage à Sir Peter Blake. Outre l'impressionnant bateau entreposé dans le hangar (le bateau de la Coupe de l'America: NZL-32, Black Magic), les enfants ont accroché à toutes les petites simulations de conception d'un bateau de course (déterminer les charactéristiques de la coque, du mat, de la voilure, de la quille pour optimiser la vitesse sans perdre en manoeuvrabilité et stabilité, uin beau défi), de navigation (et comprendre l'effet du vent dans les voiles). Une façon sympa de s'initier un peu à de la physique appliquée, envisager les notions de forces, de contraintes etc ...

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Il y avait aussi ce challenge d'équipe: mener un bateau virtuel à la bouée, avec une équipe de 6 personnes (un tacticien, un barreur, et quatre équipiers aux winch et aux grinders).Bon, on n'était que 4 alors, on a bien couru dans tous les sens, mais on a réussi et les enfants étaient super fiers ! Nous avons aussi découvert le personnage de Sir Peter Blake, une sorte de Tabarly kiwi, engagé dans la fin de sa vie pour la protection de l'environnement et qui l'a fini sous les balles de pirates en Amérique du Sud ... Un héros national très aimé ici,apparemment (et les enfants ont adoré les "Lucky Red Socks" !).

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Cette semaine, j'ai aussi emmené les enfants à la plage (à Takapuna), MonsieurPapa a emmené les enfants au zoo d'Auckland, et on a bien profité de l'aire de jeux juste en dessous, avant de finir le mois en prenant la route vers le Northland.

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24 octobre 2016

Trois jours dans la péninsule de Coromandel

Et c'est encore une fois nos amis qui avaient pris les choses en main. Alors que nous étions encore en train de parcourir la France, elle m'a dit "On va là-bas ?". Je ne savais pas trop bien où c'était là-bas, mais elle avait l'air de dire que c'était bien, alors j'ai dit ok. Elle avait raison, et elle a tout réservé (merci encore !).

On a roulé quelques heures vers l'Est, en commençant par un peu (si peu) d''autoroute et en terminant par d'adorables petites routes (nationales), qui serpentaient entre des champs entourés de palissades, tout vert, tout beaux. Pour atterrir sur la côte (va falloir s'y habituer, ici, on ne roule pas longtemps sans arriver sur une côte), à l'est de la péninsule de Coromandel. L'endroit où nous étions, c'est Hahei, à quelques encablures de Cathedral Cove et de ces plages aux eaux chaudes. L'idée étant de profiter des premiers beaux jours avant la grande foule des vacanciers d'été. À l'aller, point trop encore de monde puisqu'on a quitté Auckland pas trop tard dans la matinée.

On s'est donc posés dans un bach ("batch", une maison de vacances), loué pour le long week end du Labour Day (lundi férié), et on a profité de l'endroit. Ça sentait bon les vacances et la météo, fantastique (un peu exceptionnelle, nous ont dit nos amis) a été pour nous.

 

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A peine arrivés, on a foncé vers Cathedral Cove, une des célébrités du coin, une plage "avec un trou", une grande arche de calcaire qui donne un air un peu grandiose à l'endroit. Pour y arriver, il y avait une délicieuse petite marche (juste pour dire qu'on a mérité l'endroit), avec évidemment, des fougères et des belles vues.
Une fois sur la plage, on a fait très fort: on a donc vu cette grande arche assez majestueuse, on s'est mis dessous, on a traversé le petit bras de mer juste en dessous (en remontant les pantalons à cause de la marée haute!), on l'a regardée encore et encore ... mais on a oublié de la prendre en photo ! (comme ça au moins, on n'aura pas fait comme tout le monde !). Pour voir à quoi ça ressemble, il suffit de taper "Cathedral Cove Coromandel) sur un certain moteur d'image.

Au lieu de prendre des photos de l'arche de pierre, on a donc pic-niqué, joué, lézardé sur la plage, regardé les enfants qui jouaient. On ne s'est pas beaucoup mouillés (enfin, moi, pas du tout !), parce que quand même, l'eau n'est pas très chaude !

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En rentrant, on s'est posés au bach, on n'a rien fait que de profiter de l'endroit (avant de déguster entre amis de délicieux burgers maison)...

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Le lendemain, on s'est levés tôt, pour attraper la marée, qui était à 7h30 du matin. Et pour cause, l'endroit que nous voulons voir ne s'apprécie qu'à marée basse (plus ou moins une heure). C'est parce que sur cette plage, il y a des sources chaudes, qui rejettent de l'eau bouillante depuis les profondeurs de la terre (terre volcanique, comme chacun sait). Et qu'à marée basse, si l'on est correctement équipés (la pelle est louée avec le bach, ça rigole plus !), on peut se creuser une petite baignoire pas loin de la source, habilement mélanger l'eau douce (chaude) avec l'eau salée (froide) et obtenir quelque chose de sympa dans lequel on peut se tremper ... jusqu'à ce que les vagues de la prochaine marée haute viennent nous chatouiller et nous jeter dehors !

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Évidemment, on n'était pas tous seuls, mais ya assez d'eau dans le ballon pour que tout le monde en profite ! Et puis, elle est vraiment chaude ! Toute la stratégie consiste à creuser son petit trou ni trop près (impossible de se tremper: on s'y brûle), ni trop loin (on n'en profite pas assez) des sources. Une fois qu'on est bien installés, ya plus qu'à profiter ! Et quand la marée monte et englouti tout ça, on peut rester un peu et profiter de la plage !

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Une fois que la marée a eu repris ses droits sur la plage (et qu'on aie nformé ces malheureux touristes français fraîchement arrivés avec leurs pelles sur l'épaule qu'ils venaient de rater le coche !), on est rentrés peinards ... 
Avant de se refaire une sortie plage (plus "conventionnelle" celle-là), sur la plage de Hahei, dans l'après-midi. Avec toutefois la cerise sur le gateau: le kayak prêté par un collègue de notre amie, qui a permis aux enfants de faire un petit tour vers la côte rocheuse et de repérer un bébé phoque qui attendait sa maman, tout tranquille sur les rochers ! Manech, qui avait moyen apprécié les baignoires du matin (trop chaudes à son goût ?), a bien aimé cette séance de plage ni trop chaude, ni trop froide, ni trop ventée... 

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Le lendemain, c'était déjà le jour du retour ... On a quitté le bach, chargé les voitures et poussé un peu vers le Nord, vers Whitianga, en passant par la bien nommée Lonely Bay, presque vide et silencieuse dans sa légère grisaille matinale. On a un peu marché sur les rochers rendus glissants par les petites algues vert fluo, escaladant des cailloux monstrueux, le long des parois mangées par la mer. Pas de vent, peu de vagues, tout était calme.

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Et puis on a pris le ferry le plus court que j'ai jamais essayé, pour passer le tout petit bras de mer (quoi, 5 minutes de bateau !) et aller déjeuner en terrasse, à côté d'une chouette aire de jeux, à Whitianga. Je regrette de n'avoir pas pris de photos: c'était encore un petit air de vacances. Au retour du ferry, on a fait la bise à nos amis (on allait se revoir bientôt !), et on s'est tapé plein d'embouteillages pour revenir vers Auckland (forcément, un retour de grand weekend !).

À l'arrivée dans notre appartement du NorthShore (pour une semaine), par la fenêtre, il y avait ça ...

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18 octobre 2016

Life lately ... {Our first week in NZ}

... parce que mes journées ont vingt-quatre heures comme tout le monde (ou un peu plus ou un peu moins, ces derniers temps, rapport au décalage horaire), mais que mes choix d'occupation de ces heures ne me portent pas (encore) à être très prolixe sur nos aventures de cette première semaine en Nouvelle-Zélande, quelques photos, avec des légendes minimalistes ...

Derniers préparatifs ...

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Oui, il nous faut ça comme genre de voiture maintenant ...

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Et c'est parti ! Aéroport de Charles de Gaulle ...

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... puis celui de Shanghai Pudong, après une nuit dans l'avion ... et puis les heures d'attentes au comptoir des transferts pour une obscure histoire de carte d'embarquement qui ne voulait pas s'imprimer ...

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... ce qui nous a empêché de sortir de l'aéroport et de faire la bise à nos amis (plus ler temps !). Malgré la déception, les enfants gardent le moral et restent pleins de ressources ...

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Après un deuxième vol de nuit (on aura fait deux nuits blanches en moins de vingt-quatre heures, on est trop forts !) ... on atterri à l'autre bout du monde ...

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Sur le pas de notre porte, une boîte de victuailles, adorable cadeau de bienvenue de nos amis d'ici ...

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Avec toute une famille de kiwis rigolos ...

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Voilà qui fait du bien, parce que justement, les jours suivants, on en a bavé ... forcément, avec les levers très (très, très) matinaux, les chahuts nocturnes, yen avait toujours au moins un qui s'endormissait se mettait à pionçer à une heure complètement incongrue. Manech a été particulièrement peu coopératif, d'ailleurs ... Les autres aussi nous ont détesté quand on les secouait comme des pruniers en milieu d'après-midi pour les empêcher de dormir ...

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Heureusement, on est carrément (super) (top) bien installés !

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Dès qu'on a réussi à aligner à nouveau deux idées cohérentes (et même un peu avant), on a mis les enfants au travail ...

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... euh, non, je veux dire, au travail, quoi !

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Les grands aussi se sont retroussés les manches, mais je n'ai pas de photos à montrer, parce que les procédures d'immigration, c'est pas le sujet super jouasse que j'adore immortaliser (même s'il faudrait que je me garde des petites notes, parce que franchement, ça va être épique, je le sens).

Avant la fin de notre première semaine ici, on a donc réussi à terrasser (plus ou moins) le décalage horaire, se dégoter quelques entretiens de boulot (pour Monsieur Papa), poster quelques lettres, retrouver des amis, planifier plein de voyages un peu partout dans les îles, se déplacer (modestement) autour de "chez nous".

Atterrir, quoi.

Après, on est allés à la plage, mais ce sera pour une prochaine fois ...

16 octobre 2016

Le crâne mystère de la plage de Piha

En balade sur la plage de Piha, sur un sable anthracite, nous trouvons un crâne, à moitié nettoyé ... Aussitôt, évidemment, c'est l'attraction: on le tourne, le retourne, on ouvre et ferme les machoires, on glisse un baton dans le trou, à l'arrière (le foramen magnum, il parait que ça s'appelle ?) et on joue à se faire un peu peur ... Les enfants sont fascinés ("c'est un vrai ???").

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Et puis la question vient, forcément : "Mais, c'est un crâne de quoi ?"

Sur le coup, on sèche un peu: un animal carnivore, certainement, au vu des dents. Un animal marin ? Oui, ya des chances ... Les enfants sont étonnés que nous ne sachions pas leur donner une réponse catégorique: les adultes ne savent donc pas tout ?

Alors, je leur promets de faire une recherche, une fois à la maison. J'aurai aimé avoir un musée d'histoire naturelle au coin de la rue, avec un aimable professeur tout à notre disposition, mais, comme pour beaucoup de choses ces temps-ci, on se tourne naturellement vers l'internet. Je me retrouve alors à pianoter ce genre de mots-clé un peu étrange "how to identify a skull" ou un truc dans le genre. On essaie aussi un peu à tâton: peut être est-ce un phoque ? On cherche des images, tenter de comparer, mais ça ne ressemble pas vraiment à un crâne de phoque.
Et puis on a rapidement pris conscience de notre erreur initiale: ne pas avoir pris suffisamment de photos significatives et détaillées. Pas facile de comparer des dessins naturalistes (de face, de profil, de dessus) avec nos rares photos toutes en biais ... Loin de nous poser en échec, c'est un point d'apprentissage fondamental: la prochaine fois, nous nous rappellerons de cet oubli qui nous a compliqué la tâche et nous ne le répéterons pas. L'exemple parfait de ce en quoi je crois fermement: c'est l'erreur qui fait apprendre.

On a finalement affiné nos recherches, en utilisant des clés d'identifications de crânes et des banques de photos (notamment ce site, Skull Unlimited qui vend des os et des crânes !!! -des vrais et des répliques !).
On a passé pas mal de temps à potasser ce guide "What's that skull" (Serina Brady, Cornell University's Naturalist Outreach) qui est parfait pour initier les enfants à une démarche d'identification un peu systématique de crânes de mammifères. Il y a aussi le site de l'Académie des Sciences de Californie et leur page de ressources sur les crânes, et notamment ce 3D Skull viewer (cliquer sur un crâne pour le voir sous tous les angles), qui est remarquable de réalisme et de fluidité ! On a parlé de dents, de forme générale du crâne, de la place du foramen magnum, de la localisation des yeux, et de ce que tout ça nous apprenait sur la famille à laquelle pourrait appartenir notre animal-mystère.

Une fois déterminé que notre animal n'était certainement pas un phoque, mais quand même très clairement un carnassier, on a un peu lu ici et puis cherché quel genre de mammifère carnivore (de préférence marin ?) pouvait se trouver dans le coin. Par recoupements successifs et élimination, on a tenté notre chance avec un lion de mer; découvert qu'il en existait une espèce endémique en Nouvelle-Zélande (le lion de mer éponyme, ou encore lion de mer de Hooker, seule espèce de son genre), et cherché une image de son crâne pour la comparer avec la nôtre.

Alors avec nos souvenirs et nos mauvaises photos, oui, ça collait plutôt bien, et à cette nouvelle, les enfants ont sauté de joie: c'était comme un jeu de piste, une vraie enquête de détective ! Et on avait découvert ensemble l'animal mystérieux: quelle fierté !

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Voici une photo d'un crâne de lion de mer de Californie, qui ressemble beaucoup au "nôtre" (Skull Unlimited)

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Après ça, les enfants se sont absorbés (à leur niveau) dans la reproduction du dessin naturaliste qui nous avait mené sur la piste du lion du mer.

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De toute évidence, ils ont surtout retenu l'importance des différentes sortes de dents et les ont coloriés en différentes couleurs pour bien les identifier. Salomé a ensuite voulu raconter un peu cette petite histoire ...

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Bon, en vrai, un peu plus tard, j'ai regardé un peu la distribution de cet animal, et c'est un peu bizarre parce qu'il est censé vivre beaucoup plus au sud ... mais on n'est jamais à l'abri d'un lion de mer voyageur, non ?

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Piha: Première sortie plage

On a de la chance, ici: à peine arrivés (et même avant), des amis nous bichonnent, nous informent, nous organisent des trucs ici et là. À peine quatre jours après notre arrivée (la tête encore dans les brumes du décalage horaire), pendant qu'elle conjuguait le verbe réviser à tous les temps, lui nous a entraîné pour une sortie sur une plage pas trop loin d'Auckland. On a eu un peu peur à l'arrivée: il faisait gris et fortement venteux, mais nous avons fort heureusement rapidement expérimenté une constante en Nouvelle-Zélande: la volatilité de la météo.

Sur les quelques heures qu'on a passé dehors ce jour-là, le soleil a brillé fort, le vent a fait voler les chapeaux, la pluie est tombée en bruine ou à verse, on a eu chaud, froid, les enfants se sont déshabillés, mouilés, rhabillés, re-découverts, re-mouillés, séchés, se sont enroulés dans les serviettes, puis les manteaux ... J'avais déjà entendu cette expression ailleurs, mais elle est complètement adaptée ici: si on n'aime pas le temps qu'il fait, il faut juste attendre, ça va passer.

Du coup, on a quand même pris le pic-nic, j'avais laissé  les maillots dans la voiture, alors ils se sont baignés en culotte (et yavait personne, alors ...).
On a marché sur le petit sentier côtier, et puis on s'est posés sur cette belle plage arrondie au sable d'un gris profond, à peine protégée par une barre rocheuse. Les vagues luttaient pour passer la barre qui fermait presque complètement la petite baie et explosaient sur les rochers en gerbes formidables. Les enfants ont jeté leurs vêtements, se sont mis à creuser avec frénésie, ont couru vers la mer blanche et bleu-vert pâle, ont rempli les petits seaux multicolores (et l'éclat de leurs couleurs sur le sable gris sombre, j'adore: tout est plus joli posé sur un beau sable presque noir ...), ont trempé les pieds (pour certains) ou plus ... Manech était en mode "tête chercheuse", attiré comme un aimant par les vagues (jusqu'à ce qu'il s'en prenne une dans la figure et il a compris pourquoi on ne s'y jetait pas !). 

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Quand ils ont eu tous été un peu frigorifiés, on a remis les vestes et on a pris le chemin du retour, en passant par la plage. Le ciel s'éclaircissait un peu, on a regardé à travers la roche, on a grimpé un peu, on a trouvé un crâne et quelques méduses bleu pétrole.

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j'ai aussi tenté de prendre en photo ce sable bleu (oui, bleu), mais c'est pas facile de bien rendre la couleur ...

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Tout ça était fort beau, un peu sauvage quand même, on était presque seuls, c'était chouette ! (et puis les enfants ont eu leur dose de sable, d'eau, de vent, de nature, de dehors, quoi).

Une belle première ...

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11 octobre 2016

RoutesDeFrance - Le rab' (autour de Compiègne)

Et voilà, on avait rendu le camping-car, on est repartis avec une voiture qui nous a semblé sur le coup tellement petite (et pourtant, c'était un 9 place !). On s'est sentis un peu nus, un peu légers, mais toujours un peu lourds aussi, comme on l'est toujours quand on met fin à une aventure. Pourtant, l'aventure n'était pas tout à fait finie, il nous restait des amis à aller voir et pas des moindres...

Ce samedi, on est donc repartis pour encore trois jours en France et on est allé retrouver nos amis de Belgique, sur un lieu de forêts et d'histoire: Rethondes, pour deux petits jours au vert. Le matin, on avait fui la région parisienne (non sans mal), et puis affronté les foules au moment de se ravitailler pour le week end (mais quelle idée de faire ses courses un samedi?), et donc perdu une portion non négligeable de cette pourtant belle journée.

Il nous est resté quand même l'arrivée dans le petit village, les belles couleurs de la forêt autour et la découverte de notre grand gîte. Avec nos amis, c'est toujours pareil, rien ne change vraiment, si ce n'est les enfants qui grandissent et qui nous filent un coup de vieux à chaque fois. Les plus grands, parfois, ont des poussées de croissance et je ne les reconnais plus. Le petit bébé (presque jumeau de Manech, à 3 jours près), a lui aussi pas mal changé ...

Alors encore, on échange, on bavarde à batons rompus, des heures durant, on rattrape le temps perdu. Je voudrais des fois revivre les moments passés ensemble, quand nous partagions nos chambres d'étudiantes ... Compagnie plus que plaisante. Je vois aussi nos distances, nos choix qui diffèrent, forcément. Mais avec l'expérience, vient le respect (et l'appréciation ?) de la différence. Cette amie-là, c'est un peu comme un phare dans la tempête: tout peut bouger, tout peut changer, mais elle, elle est toujours là, constante et fidèle.

Ce week end, on n'a "rien" fait. On avait un temps parlé de marcher en forêt ou visiter un chateau ... Finalement, on a envoyé les enfants jouer dans l'immense jardin, puis ils ont découvert la bibliothèque, bien fournie, à l'étage, et nous, on est restés dans le corps de cette vieille maison, à occuper le temps. On a cuisiné, bu, joué, discuté, encore et encore. On a choisi de faire de la place aux gens plutôt qu'aux choses à faire. Et puis, tant qu'à se louer cette grande maison, autant en profiter et se sentir, pour quelques jours, campagnards. Le soir, on a fait du feu dans la cheminée ! Il faisait clair et beau, mais frais aussi ... C'était un bon moment.

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Il a fallu se dire au-revoir, le coeur serré, sur ce petit chemin de campagne. Pour la première fois, j'ai très concrètement ressenti que nous partions loin et longtemps. Qu'il n'y aurait plus de billet aller-retour fourni par l'Employeur, qui garantissait une possibilité de visite annuelle en France et qu'avec 6 billets à payer, ça allait tout de suite devenir compliqué. Que ce départ c'était, sans parler de la distance géographique (critère indéniable), vraiment un grand départ, entouré de beaucoup d'incertitudes ... Forcément, ça m'a fichu un prodigieux cafard (le romantisme des forêts alentours, leurs couleurs d'automne et la relative solitude du coin aidant).

Sans laisser le temps au vague à l'âme de s'installer, il a fallu se remettre la tête à l'endroit et continuer. Notre toute dernière visite, c'était pour une famille que je ne connaissais pas: celle d'une (ex)collègue de MonsieurPapa, qui est douée pour transmettre à distance ses bonnes vibrations (et aussi des livres pleins de promesses !). On a donc fait la connaissance de leurs deux filles, visité leur nouvelle maison, raconté nos aventures encore une fois, goûté une spécialité du Nord de la France, passé un très sympathique moment en bonne compagnie. Les enfants aussi ont profité jusqu'aux limites du possible (au delà, il faisait trop froid) du trampoline du jardin, et puis se sont offert un movie-night, après s'être imaginés membres d'un club secret ... La merveilleuse spontanéité des enfants qui partagent la complicité d'un jeu alors qu'ils ne se connaissaient pas il y a 15 minutes !

Et notre dernière nuit en France (avant le départ), nous l'avons passé dans un petit hotel, où nous avons pu ouvrir toutes nos valises, ré-emballer tout ça, se préparer au grand voyage qui nous attendait. Il fallait aussi refermer le chapitre de nos RoutesDeFrance 2016, ce projet d'aller voir ceux qui nous sont chers et qu'on ne voit pas (assez), de prendre le temps de vivre à six et de profiter de la France, de ses beautés, de l'été.
J'aurai aimé écrire que j'ai pu méditer paisiblement sur tout ça. En vérité, j'ai tenté de contenir mon stress de la préparation (même pour des voyageurs au long cours, quand tout est presque rôdé, il en reste toujours un peu), de ne pas me décourager devant les difficultés qui allaient immanquablement surgir, de garder la tête froide et d'être efficace ("ne rien oublier, ne rien oublier"), tout en gardant une ambiance joviale et détendue au sein de la famille. Il va sans dire que MonsieurPapa et moi avons quand même réussi à trouver (au moins) un sujet de chamaillerie et que j'ai du élever la voix une paire de fois sur les enfants quand même. Personne n'est parfait.

La suite, c'est plus ou moins ici que ça se passe...

Posté par Annelleme à 18:02 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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