Dix pieds sur Terre

04 septembre 2016

RoutesDeFrance - Semaine #6 - Le SudOuest: L'Aude

Ce samedi donc, c'est la fin des vacances en Périgord et on met le cap plein sud pour rejoindre l'Aude, où nous avons passé une semaine, entre amis et familles. Au passage, on perd à nouveau un bout, puis un autre du pare-choc arrière (le type du garage à Brives n'a non seulement rien réparé sérieusement, mais a endommagé le morceau d'à côté ...).
On avait prévu le coup et on finit l'étape avec un bon kilo de Chatterton collé sur le derrière en se demandant bien comment on allait gérer ça ...

Le soir, on couche à Ribouisse (100 habitants), à côté du terrain de pétanque, pour y rejoindre des amis qui datent déjà d'une génération au delà de nous. On se présente nos enfants, on échange sur nos vies de Français d'ailleurs, on donne des nouvelles de nos familles respectives. La dernière fois que nous avions vu nos hôtes, c'était en Nouvelle-Calédonie en 2005 ...
Se retrouver dans ce petit village français, au crépuscule, la marmaille fatiguée du voyage, c'est comme un saut dans un autre monde. C'est aussi une plongée dans le monde de la vie à la campagne, les grandes tablées sous les arbres du jardin, les toiles cirées du petit déjeuner, les amis qui se joignent pour la nuit ou juste pour la viande grillée du midi, les matelas installés dans les chambres, les enfants qui ne se sont jamais vus mais qui deviennent par magie compagnons de jeux. On raconte nos projets, nos vies, on recueille des tuyaux (ils habitent là-bas, aussi). C'est comme des vies quelque peu parallèles, qui se croisent parfois. Nos expériences nous rassurent quand elles sont communes, nous interpellent quand elles diffèrent. On a ça en commun d'élever nos enfants hors de leur pays de passeport, c'est chouette de pouvoir échanger sur ce point un peu particulier, ça me manquait depuis que nous sommes arrivés en France.

Le dimanche, rien n'est prévu. Résultat, la journée passe fort vite, occupée comme le sont toujours les journées où "on ne prévoit rien". Les enfants ont toujours besoin d'être nourris, habillés, soignés, accompagnés. On les sort un peu sous un ciel couvert mais pas menaçant, chercher des mûres et tourner autour du moulin, c'est la petite balade la journée, mais le jardin suffit bien aussi. Avant la partie de pétanque, quelques bricoleurs s'avisent de jeter un oeil à notre morceau de pare-choc moribond et y passent suffisament de temps et d'énergie pour réhabiliter tout ça. Si vous lisez ça, un grand merci, c'était super chouette de votre part !

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Le lundi, on se dit au-revoir, on se promet de se revoir (même à l'autre bout du monde) et puis on décide d'occuper cette journée "de libre" à passer voir la belle ville-haute de Carcassonne (parce que MonsieurPapa, il a toujours voulu voir Carcassonne, comme d'autres ont voulu voir Vesoul). Et quelle bonne idée ! Les remparts nous attirent, de loin. De près, les petites ruelles, les vieilles pierres, les blasons, participent à cette impression de se faire un petit saut dans le passé. Encore une fois, on se trouve une petite chasse au trésor, qui fait courir les enfants (bien bien bien et longtemps), tant et si bien qu'on passe notre tour pour la visite du chateau (mais pas pour la balade sur les remparts, et sa chouette vue sur la ville-basse). 

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(où les enfants ont fait semblant d'aller à l'école ... au musée de l'école, dans la vieille ville !)

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Le soir, retour vers l'Ouest, on fait halte dans le village de Saint-Michel-de-Lanès, dans la belle campagne dorée des premières couleurs de l'automne. Nous sommes accueillis chez de vieux amis, de retour eux aussi d'un grand voyage et c'est un peu comme si on ne s'était pas vraiment quittés. Les enfants, tout de suite, se retrouvent, se reconnaissent et reprennent leurs jeux, interrompus 6 mois plus tôt. On fête un anniversaire, on reprend le récit de nos projets, on parle de nos voyages passés (viendront-ils nous voir ?).

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Pour une autre journée "sans activité fixe", j'en profite pour faire quelques foulées autour du village, dans la lumière déjà presqu'aveuglante du petit matin. Tout est calme, il n'y a presque personne. À la maison, les enfants s'occupent, on ne les voit plus, et moi je sors un peu Manech par les petits chemins à l'herbre brûlée, le long des champs de tournesols. Je lève la tête au cri du circaète qui décrit des cercles au dessus de nos têtes avant de fondre dans le bleu. Manech aussi l'a vu, et puis le perd. On est seuls tout les deux, il n'y a de bruits que ceux de la campagne autour, le vent qui fait un peu crisser les feuilles sèches.

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Plus tard, avec les enfants, les trottinettes, les bicyclettes, une fée rose-bonbon et une danseuse de flamenco, on traverse le village pour aller au "jardin", en passant par cette allée de gros platanes, qui me crie quelque chose comme "bal du 14 juillet" ! Il fait incroyablement beau et doux. Dans le jardin spolié, on chipe un unique oeuf, prise de guerre, et notre audace dérisoire fait ouvrir grand les yeux des enfants.

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Le lendemain, c'est mercredi, le jour des enfants, et aussi le dernier jour des grandes vacances. Il fallait s'en souvenir ! Alors on a bougé le camion et le pic-nic avec au lac de la Ganguise. Il s'agissait donc de se baigner, de pagayer (un petit peu) sur la planche de notre amie, de jouer, de paresser. Le soleil tapait fort alors encore une fois, on a apprécié la fraîcheur de l'eau, et puis les enfants ont pu nager un peu plus loin que dans la rivière de la semaine passé: c'était l'étale. Moi je suis restée sctochée par sa couleur, entre le vert et le turquoise, bordée de jaune pâle... Dans cet endroit si ouvert, on se sentait un peu seuls au monde, les bateaux de l'école de voile tirés sur la plage disaient bien que c'était la fin des vacances ici aussi. Quelques promeneurs et pique-niqueurs sont bien passés, mais pas de grande foule. Quand la lumière a commencé à baisser, on a renouvelé le bain, douché un peu les enfants dans les douches du club de voile (histoire qu'ils soient présentables -quand même- pour la rentrée du lendemain).

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Le jour de la rentrée, on fait the photo parfaite de petits enfants qui partent, bien coiffés, bien habillés, à l'école. Bon, les nôtres étaient encore en pyjama, mais le sourire y était aussi, et puis, ils ne perdent rien pour attendre ... Ce jour-là, on trace vers Toulouse et puisqu'on a encore une belle journée devant nous, on s'offre une visite à la Cité de l'Espace, rien que pour nous, ou presque. On revisite alors l'infiniment grand, on teste un lancer de fusées à l'eau, l'histoire des stations spatiales (avec un p'tit tour dans une copie de MIR), et pour les enfants, un simulacre de lancer de fusée et un voyage dans les galaxies... Le film en 3D était sympa aussi, mais un peu trop américain dans sa vision des choses, je trouve. On a surtout aimé l'expo météo et celle, vraiment bien faite, sur les satellites. À force de traîner, on s'est fait jeter dehors ! (mais franchement, 17h, c'est pas une heure pour fermer un endroit comme celui-ci !).

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Augustine ose la présentation de son premier bulletin météo !

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Pour le soir, on a testé un des rares campings de Toulouse, et ça nous fait une impression bizarre d'être tout à coup les seuls vacanciers ... Puis on a rejoint ensuite les frère et soeurs qui habitent à deux pas et, en attendant les pizzas, les enfants se sont fait un petit photobooth avec leur tata, qui a décidément toujours ce qu'il faut sous la main !

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Le soir, on a tapé le carton pendant que les enfants se regardaient Ratatouille dans la télé (où je réalise que ça fait des semaines qu'ils n'ont pas regardé un écran, quelqu'il soit). Je me suis prise un coup de vieux au passage: on est les seuls à avoir des enfants ("et quand je reçois pour un fête, on a des enfants à coucher").

Le lendemain, on a quelques heures de libre, on se balade un peu dans Toulouse (et la place du Capitole, et les ponts sur la Garonne, mais zut la terrasse des Galeries Lafayette est fermée!), sous le soleil, avant de se retrouver en famille, encore, pour un apéro qui dure (chouette !) et une soirée vraiment sympa ... Les enfants, encore, jouent frénétiquement avec leurs cousins. Manech galope en long et en large dans le salon (mais quelle libertéééé !!!). Les discussions roulent sur un peu tout, on s'éternise, mais c'est un moment précieux pour nous, d'avoir cette impression de pouvoir voir les cousins avec tant de "facilité" (ou presque !).

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C'est presque la fin du SudOuest pour nous.
Encore une petite bise à faire et on puis on trace vers l'Est !


RoutesDeFrance, sixième semaine - 400 km

Étapes: Carsac-Aillac (24) -> Ribouisse (11) -> Carcassonne (11) -> Saint-Michel-de-Lanès (31) -> Toulouse (31)


03 septembre 2016

Photo mystère

Allez, une petite devinette, le temps que je finisse de conter nos aventures de RoutesDeFrance, semaine 6 ...

Selon vous, que représente cette photo ?

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26 août 2016

RoutesDeFrance - Semaine #5 - Le Périgord

Et nous voilà repartis, en bonne compagnie grand-parentale, vers le Nord, pour une semaine de vacances, en camping, dans la belle région du Périgord. Point d'autoroute pour nous, c'est pas vraiment direct, on n'est pas pressés, le pic-nic dans le frigo, on prend notre temps, rendez-vous dans 300 km.

Sur la route vers le Périgord, on manque d'y laisser un gros morceau de camping-car: les ornières d'un chemin dans une espèce de lande et un petit talus ont raison d'un bout du pare-choc arrière … qui est resté entre les mains de MonsieurPapa et a finit le trajet au pied du lit de Manech ! On en conclut qu'ils faudra être plus sélectifs sur les arrêts pic-nic dans des petits chemins de traverse.

Sur ce chemin, on a aussi souffert du premier “accident de personne”, en la personne, justement de MisterJo qui renvoie tout autour de lui une bonne dose de compote (trop rapidement avalée ?).

Ah les joies des “départs en vacances”: nettoyage express sur le bord de la départementale, les autres trouvent ça plutôt drôle, mais sur le moment, MonsieurPapa en perd un peu de son sens de l'humour …

Au camping, on repère tout de suite les dizaines de canoës verts, alignés dans tous les coins, et je me dis que ça promet du bon, tout ça. L'herbe est sèche et la piscine très bleue. On la teste de suite, mais elle est bien fraîche !

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Et c'est parti pour une semaine de vacances … de rêve !

 Même la canicule (la vraie, avec des 37-38C en fin de journée), ne réussit pas à nous gâcher le plaisir. La rivière qui coule juste en contrebas de l'endroit est d'une fraîcheur salvatrice, plusieurs bains par jour, c'est un plaisir sans cesse renouvelé. Se tremper (en douceur !), se sécher, avoir un chouia trop chaud, se re-tremper etc … Avec une bouée, on se laisse porter par le courant, paresseusement.

Augustine se lance des défis: passer la zone de courant et traverser la rivière, nager fort et vite. Salomé, elle se mouille toujours la première, mais point trop n'en faut, elle sort aussi vite et lézarde illico au soleil, en me demandant si elle “a bronzi” (après 5 minutes).

Joseph, infatigable, rentre, sort, veut suivre son père sur l'autre rive, mais n'ose pas trop sauter, se laisse porter dans le courant et rattraper au passage par qui se trouve sur sa trajectoire, embête son frère avec la bouée.

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Ces baignades ont ponctué notre séjour, c'est un très bon souvenir.

Une fois installés, le deuxième jour, on part pour une virée marché-ravitaillement, et puis on se fait un petit tour de repérage en canoë, en laissant MiniMan à sa grand-mère. Sur deux bateaux, il y a toujours ceux qui se la jouent sérieux et les autres, et ça chamaille, ça chamaille (surtout entre frères et soeurs). C'est la fin de l'après-midi, nous sommes seuls sur l'eau, tout est calme et vert. Il y a ce gros cailloux, qui invite à la pause goûter et à la petite baignade. Petit instant de bonheur sans chichi.

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Encore après, c'est lundi, c'est le jour de la corvée-réparation de pare-choc (qui s'avèrera peu convaincante par la suite). Sans notre maison à roulettes, je migre vers le mobile-home pas mobile des grands-parents et on balance entre la piscine et la rivière, avec des haltes à l'aire de jeux du camping. Cette fois-ci Manech aussi se baigne, lèche et goûte consciensieusement chaque galet et a des vélléités de se jeter dans la flotte, tout seul … Une vraie belle journée à “ne rien faire”.

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Plus tard encore, on a repris le camion, on a poussé un peu vers Montignac et sa célèbre grotte (la fac-similé, évidemment). A Lascaux II, on s'est laissé subjuguer par cette ambiance, la majesté de cet endroit, le travail aussi, derrière la reproduction de ces peintures tant de fois millénaires. Avec les enfants, au Thot (globalement quelque peu décevant), on s'est plongés dans le monde de la préhistoire, on a compté les milliers d'années, on a essayé de leur faire imaginer la vie de ces hommes d'avant, tellement différente que des fois, ils croient que c'est juste une histoire inventée. Que leur en restera-t-il ? Des images, des petits fragments d'information, des impressions, quelques chiffres peut-être. Ils se sont aussi (très rapidement) initiés à la peinture pariétale “Cro-Magnon style”, dans un atelier prometteur, mais un peu baclé par une animatrice pas très motivée.

Il faisait vraiment très chaud, ce jour-là, alors forcément, les grottes, on a apprécié.

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De grottes, c'est celle de Padirac, “Le Gouffre”, comme on dit, que MonsieurPapa, son père et les grands enfants ont été voir le lendemain. Moi, j'ai juste paressé avec mon bébé, qui avait bien trop chaud aussi. Alors on est allés se baigner à tour de rôle et puis tous ensemble, dans la rivière.

Ce jour-là, j'ai passé quarante minutes seule, assise dans l'eau fraîche, dos contre le courant pour un vigoureux massage sans fin, à réfléchir à la nature humaine. Agréable et un peu étrange.

Le soir, il faisait toujours trop chaud. Malgré des chiffres affolant au thermomètre, la journée, c'était supportable. Le plus dur venait vers 5 heures de l'après-midi jusqu'après le coucher du soleil, comme si le sol se mettait lui aussi à rayonner de sa propre chaleur, emmagasinée toute la journée. La sieste de l'après-midi de Manech était donc difficile, mais la nuit, ça s'arrangeait nettement: plus qu'un réveil par nuit.

La semaine s'avançait, alors vraiment, il fallait qu'on se fasse cette journée-canoë, avec le pic-nic au milieu, parce que j'arrêtais pas d'y penser et de me dire que vraiment, ça allait être chouette. Pour savoir qui allait assurer l'intendance du repas à apporter aux forçats de la rame (hum), garder le bébé et le chien, on n'a pas beaucoup tiré à la courte-paille: avec sa jambe en vrac (conséquence probable d'un défi à l'accrobranche la semaine passée), MonsieurPapa était le candidat idéal. Pour tous les autres, donc: à l'eau !

À droite et à gauche, il y avait de belles falaises blanches, quelques chateaux, des plages de galets, un village plus ou moins troglodyte, et pas mal d'autres canoës quand même, c'est la dernière semaine de vacances, on ne se prive pas. À la pause, la coordination a été parfaite (se retrouver juste au bon méandre au bon moment), le pic-nic aussi, à l'ombre, on y a repris des forces, regardé l'eau couler, la belle vie, quoi. Mais mine de rien, le temps passe et il a fallu continuer pour rendre les bateaux en temps et en heure. On a échangé les conducteurs, et c'était reparti (paresseusement), avec toujours les immanquables et régulières pauses baignades (parce qu'il faut pas se laisser aller non plus !).

À l'arrivée à Castelnaud, impossible de rater le beau chateau, qui nous toise, sur sa colline.

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Pour la dernière journée, on a changé de registre: on a fait travailler les jambes ! Il y a dans le coin cette voie ferrée transformée en piste cyclable, qui me faisait de l'oeil depuis notre arrivée. Un petit passage au loueur de bicyclettes du coin, et on est repartis avec quelques beaux vélos hollandais, une carriole pour Manech, un tag-along, et deux petits vélos pour les enfants (charge à Salomé et Joseph, de même stature, d'en partager un !). Et hop !

La piste était plate, ombragée juste ce qu'il faut, peu fréquentée. Les enfants ont piqué des sprints, et parfois, le chien nous a fait des frayeurs. Joseph a testé un “grand” vélo pour la première fois et s'est grisé de vitesse. Manech s'est fait promener dans la carriole “comme à la maison” (avec même une ou deux sieste en prime).

La pause avant le retour valait le coup aussi: encore un arrêt-plage, sous des grands arbres et sur une pelouse verte (!), on a fait la sieste (tout le monde, ou presque ! Je m'y suis assoupie, un moment après avoir posé Manech endormi dans un trou de souche qui lui faisait un berceau sous-terrain naturel idéal). Pendant ce temps, les grands enfants étaient … dans la rivière, on ne s'en lasse pas.

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L'instant du départ avait des allures de fin de vacances: c'était la dernière semaine complète avant la rentrée scolaire, ça remballait dans tous les sens, les enfants disaient au-revoir à leurs copains de vacances … L'herbe du camping était sèche et jaunie d'une saison sans pluie, ça sentait la fin.

Pour nous, c'était l'au-revoir aux grands-parents, la prochaine fois ce sera peut être à l'autre bout du monde, qui sait ?

Il me restera comme souvenir ces paysages verdoyants, ces belles maisons aux pierres orangées, ces petits villages, les galets des plages de la rivière, le vert des grands arbres qui la bordent. La chaleur de l'air, la fraîcheur de l'eau, le froid des nuits, la lumière écrasante de la fin d'après-midi, le calme, une fois la nuit tombée, la pureté des ciels nocturnes.

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Je me rappellerai des enfants qui jouent à se laisser porter par le courant de la rivière (et à se faire rattraper !), de Manech qui a tout de même presque fini par se lasser de mettre des galets dans la bouche, de Salomé alanguie sur les galets chauds, d'Augustine qui bouquinait au soleil dès le petit matin, de Joseph qui avait froid à se baigner dans la rivière … mais y retournait pourtant sans cesse.

C'est aussi cette semaine que Manech a réellement fait beaucoup de premiers pas tout seul, même s'il s'entraînait avec assiduité depuis quelques semaines déjà. Son quat'pattes étant fort efficace, il a eu besoin de pas mal de motivation et de bonnes conditions, mais une fois lancé, on ne l'arrête plus !


 

RoutesDeFrance, cinquième semaine: 300 km.

Étapes: Lescar (64) -> Carsac-Aillac (24)

19 août 2016

RoutesDeFrance - Semaine #4 - SudOuest (2)

Et les vacances continuent dans le SudOuest, avec pour commencer cette quatrième semaine une escapade sans le camion et pour la journée cette fois-ci, à Bagnères-de-Luchon, pour un pic-nic familial au pied d'un départ de balade qui m'a tenté toute la journée. Mais il faisait déjà bien chaud et puis la compagnie était bonne, alors on n'a rien fait que se retrouver, regarder nos bébés respectifs (des cousins-issus-de-germain, cool !), grignoter des bonnes choses et faire un petit tour à pied là où ça ne montait pas trop quand même. Il y avait à manger pour 40 quand nous étions une quinzaine et tout le monde est reparti avec des victuailles sous le bras (pour nous, un Manech qui a fait des heureux: quelle douceur ce gros fromage de brebis !). Mes enfant ont renoué avec des cousins lointains et ont joué dans une hutte de branchage tout le temps, avant de nous entraîner dans le torrent. Tentant le petit torrent de montagne ! Mais une fois les pieds dedans, il y avait de quoi pleurer de douleur tant l'eau était froide !

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Avant ça, il y a eu la petite boîte à observer les insectes qu'Augustine avait dégoté chez Opa et Oma et qui a bien servi pour les sauterelles, coléoptères et autres araignées qui bondissaient dans les hautes herbes.

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La lumière était vive, aussi sommes-nous restés dans l'ombre épaisse, l'un siestant, l'autre gazouillant de concert avec les bébés-cousins, les autres prenant des nouvelles deci delà. Mais la sieste peut aussi présenter des dangers: Opa s'est rapidement retrouvé transformé en substrat de vedure et y a gagné un peut être futur surnom de Papi-Pelouse !

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C'était encore une fois une journée passée presqu'entièrement à l'extérieur, et j'ai été ravie de voir, le soir venu, mes enfants fatigués de bonne fatigue, de soleil, d'air pur, de nature, de terre, de bois, de jeux.

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Un peu plus tard, une autre sortie familiale est suggérée, sur un parcours d'acrobranche cette fois-ci. Pour les enfants comme pour nous, c'est une nouveauté, alors on y va un peu tout fou. Les grosses chaleurs sont déjà là et on a bien sué, même sous les arbres. Augustine a eu droit aux parcours intermédiaire et a été comblée, elle qui aime tant grimper aux arbres. Salomé et Joseph sont montés moins haut, ont glissé moins loin, mais pas moins physiquement pour leurs petits bras. Les tyroliennes ont eu beaucoup de succès (voler sans effort, forcément), mais aussi les filets géants, les ponts suspendus, de cordes ou de rondins. Il y avait plus bas d'autres parcours, loin de la terre battue, noyés dans la forêt, où, une fois dans les branches, on ne voyait plus ni le sol ni le ciel, perdus qu'on se trouvait dans du vert et de l'air.

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Les hommes, évidemment, ont voulu y aller de leur petite démonstration de vol pas plané et se sont retrouvés, quelques jours plus tard avec respectivement une entorse et une tendinite (ah ah les malins). Pour moi de belles courbatures abdominales et quelques ampoules aux mains, pour les enfants, des cheveux collés au front par la sueur et la poussière, de grosses doses de fierté d'avoir surpassé des petites frayeurs au dessus du vide. Et rentrer, fatigués, encore, d'une journée passée en dehors.

Cette semaine, il a commencé à faire chaud, alors on a sorti la petite piscine-à-bébé et on l'y a installé dedans... Les plaisirs les plus simples sont les meilleurs dit-on ...

 

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Augustine n'est pas sur les photos: sans doute trop occupée à bouquiner dans un coin ;-)

Est-ce la constance d'une semaine complète passée à se coucher au même endroit, dans le même lit, aux mêmes heures ? Est-ce la prescription homéopathique ? Le biberon quotidien ? La routine du sommeil de Manech s'améliore, les siestes se font plus longues et plus régulières, et les nuits beaucoup moins hachées. On tient le bon bout.

Et juste avant de repartir, on reçoit (enfin), la cinquantaine de cartons que nous avions fait envoyer de Chine. Ils ne se sont pas pressés chez le déménageur, mais tout semble intact. Je pioche les chaussures de randonnée, promesses de de belles balades à venir. Je regarde ces cartons, nos affaires, les seules qui nous restent (avec les valises dans le camion).

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A la fin de la semaine, nous nous préparons à reprendre la route.

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13 août 2016

RoutesDeFrance - Semaine #3 - SudOuest

Au petit matin, nous sommes à nouveau inondés de lumière, il faut ranger, plier, Manech est posé sur un coin de pelouse, le temps qu'Augustine démonte la tente (et en profite pour jouer aux ombres chinoises), et puis, le soleil tape, mais nous avons envie de flâner un peu dans la cité médiévale de Saint Emilion, un peu plus loin. Toute la matinée, nous avons arpenté la vieille ville baignée de lumière (proprette et bien entretenue), guidé par le petit livret de jeu de piste, sur les traces du chevalier sans tête ni jambes (dont le gisant amputé a fait forte impression sur Joseph ...). À chaque visite de ce genre, les enfants se familiarisent un peu plus avec des petits bouts d'histoire de France, chateau après chateau, époque après époque (et moi ça me va tout à fait). 

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Et puis on descend plein sud, encore une fois, jusqu'à Lescar, où se sont établis (pour de bon, cette fois-ci, semble-t-il) les grands-parents paternels. On teste l'autoroute, vide et un peu monotone, on voit le thermomètre qui monte et l'herbe qui jaunit, sur le bord de la route.

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(et les Pyrénées qui surgissent devant nous !)

Et pour les enfants, c'est le début d'une semaine merveilleuse. C'est le paradis: une grande maison, un jardin frais avec une cabane, tout au fond. Des placards pleins à craquer de jeux et de jouets en tous genres: dizaines de boîtes de jeux de sociétés (certaines d'une autre génération ! ... mais qui accrochent toujours autant !), poupées, peluches, playmobils, jeux de croquet, ballons, et même deux ou trois merveilles: un magnétophone à cassettes et micro pour chanter de concert, des ballons sauteurs ... de quoi s'amuser pendant des heures. D'ailleurs, les premiers jours surtout, on les a perdus de vue: ils s'exilaient dans la cabane au fond du jardin, on devait les héler pour le déjeuner (invariablement des grillades, invariablement sur la terrasse un peu surélevée, sous le parasol), et puis une fois la pitance ingérée, ils disparaissaient à nouveau. De temps en temps, je négociais (sans négociation) une séance de cahiers de vacances, Augustine se joignait à une partie de Colons de Catane, ou on tentait la piscine municipale (à quelques centaines de mètres à pied, le pied !). On a aussi mangé beaucoup de glaces et de bonnes choses, et profité des beaux-frères et soeurs, "à la cool", entre deux chapitres de bouquins ou parties de jeux.

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C'est la semaine où l'on s'est posés, on a un peu tremblé en passant le camion sous le porche et en le glissant dans la cour: ça passe à quelques centimètres à droite et à gauche. La semaine où il n'a pas roulé et où seuls les grands enfants ont dormi dedans. Nous les grands, on a accepté sans façon l'offre de couchage dans un vrai lit, avec MiniMan à côté (et pas en dessous !), une semaine sans camping, quoi. C'est la semaine où j'ai pris à bras le corps ses soucis de digestion qui nous pourrissent les nuits (encore un pour qui l'ajustement à la nourriture solide se fait dans la douleur), la semaine où on a commencé les biberons de machin en poudre (avec quel espoir ?) et signé sans doute la fin prochaine de notre allaitement, et où sans conviction, j'ai testé l'homéopathie (qui semble marcher ?). Parce que, quoi, encore 8 semaines de RoutesDeFrance avec des nuits merdiques, non merci.

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C'est la semaine où je n'ai pas trop pris de photo, parce que tous les jours se ressemblaient un peu, ce qui finalement, avec la vie qu'on mène, n'est pas plus mal, parfois.

 


 

 

RoutesDeFrance, troisième semaine:  200 km.

Étapes: Saint-Émilion (33) -> Lescar (64)

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05 août 2016

RoutesDeFrance - Semaine #2 - Le Grand Ouest (Loire Atlantique, Vendée, Gironde)

C'est la fin de la Bretagne: après Assérac et la Grande Brière, nous poussons un peu vers le sud pour rallier Les Sables d'Olonne, et revoir des amis de Malaisie retournés en France.

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(et les marais salants ...)

Pour l'après-midi, c'est une énorme dose de soleil et d'amitié, une balade dans la forêt de pins, une grande plage, des discussions sans fin ...

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(les enfants, qui n'ont que faire de nos discussions à bâtons rompus ...)

Un peu plus tard, un petit tour dans les rues des Sables, et ces fresques de coquillages sur les murs. Les enfants courent de l'une à l'autre, je me régale de ce bestiaire un peu extraordinaire, je me glisse dans la rue de l'Enfer (pas trop loin de celle du Paradis, heureusement), la plus petite rue du monde (c'est le Guiness qui le dit, alors ...), et je rêve devant cette immense plage, ces cabanes en bois bicolores, ce fronton de mer un peu défiguré de barres d'immeubles, mais où, de loin en loin, une vieille maison raconte une histoire. Je ne suis jamais venue ici, mais je "reconnais" ces images qui illustrent toujours les reportages annuels sur les chiffres de fréquentation touristiques, marronniers des journaux télévisés.

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D'un commun accord avec nos amis (des grands voyageurs aussi), on tente de ramener un semblant de routine dans nos vies et on met tous les garçons à la sieste, au frais, pour laisser le soleil et la chaleur passer un peu. La séance de plage du début de soirée est venteuse et trop peuplée, mais les enfants s'en fichent, sans doute, et puis la marée est descendante, alors ...

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Le lendemain, retour vers Nantes et vers mes souvenirs d'étudiante. En vrai vacanciers, nous n'avons rien à faire, que de s'installer au Petit Port, de laisser le gros camion derrière nous et prendre le tram pour chercher l'endroit idéal pour faire un "goûter d'anniversaire" à Salomé. C'est les vacances, on trouve beaucoup de portes closes, finalement, on s'installe dans une petite boulangerie et c'est tout parfait ... Je reconnais les rues, les quartiers, les arrêts de bus, mais le RU a disparu, et il y a plein de travaux partout. Sous les derniers rayons de soleil, on se pose pour une partie de cartes sur la pelouse des douves du chateau des Ducs de Bretagne, les enfants sont impressionnés, à cause d'Anne de Bretagne, évidemment. Le soir dans une crêperie pas loin du Bouffay, on échange les nouvelles, les souvenirs, on se parle, de maman à maman, nous qui étions, pas plus tard qu'hier, deux copines sur les amphis de la fac de Brest. C'est un peu court, malheureusement, mais les enfants n'ont que faire des souvenirs de leur maman, Joseph a un petit coup de fièvre et puis, le passé, c'est bien beau mais bon... Au retour, on frissonne, il ne fait pas si chaud, mais il faut courir pour attraper le bus, alors on ne s'éternise pas non plus sur les adieux. On sait bien qu'on se reverra...

Il nous reste un peu de temps avant de reprendre la route, alors on s'offre une sortie sur l'Ile de Nantes, voir ses animaux-machines. On nous avait dit "Vous allez voir, c'est fantastique". De fait, c'est très poétiquement impressionnant, ces énormes automates, de bois et de métal, qui se déplacent si lentement, dans des sifflements de vapeur, d'eau, des grincements, des mouvements saccadés, des clins d'oeil. Dans l'imposant carrousel de béton sur trois étages, on explore les étages de la vie marine, des créatures plus vraies que nature, ou complètement imaginaires. Augustine est terrassée par la difficulté de choisir sur quel vaisseau elle voguera au prochain tour: tout l'attire ! Après un tour d'essai, elle opte pour le pilotage de la tête du dragon des mers, elle domine tout le monde ! Joseph, toujours un peu faiblard de la veille, reste prudemment pas trop loin de moi, et vogue sur sa coquille de noix. Salomé, elle, savoure chaque moment ...
Pour la visite des hangars, les trois se font quelques sensations fortes: l'éléphant domine tout, et même si son oeil frangé de grands cils et la patine dorée du bois de sa tête, parcourue de rides profondes lui donne un air très doux, ils se tiennent à distance.  Il y a aussi l'araignée, le héron ... et tant d'autres, qu'ils n'osent pas trop approcher. Je me réjouis de pouvoir leur montrer le résultat du travail d'artistes-bricoleurs, ce bestiaire de bois, de pistons et de boulons, ces créatures presques vivantes, qui tranchent avec les personnages de divertissement lisses et uniformisés qu'on leur vend si facilement. J'aime qu'ils soient uniques, imparfaits, bricolés, qu'on puisse les toucher, leur donner vie avec nos mains, en actionnant manettes et pistons, j'aime qu'on voie les rouages, les cablages, le "dessous des choses", la machinerie.

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le clin d'oeil de LongMa Jing Shen ...

Encore plus tard, notre route nous mène sur les chemins vendéens, des toutes petites routes, bordées de champs de maïs, où notre véhicule force le passage, en face. Dans le petit village de Nalliers, je renoue encore avec une amie de longtemps, les bons moments, les souvenirs. La vie nous a doté de deux petits garçons presque jumeaux, une raison de plus de rester proches, malgré la distance. Dans le camping tout vert, il pleut cette nuit-là et le réveil du lendemain n'est pas si facile (la boue, la tente mouillée ...), mais je suis heureuse d'être là: ça valait le coup.

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Pour l'étape d'après, nous prenons notre temps: quelques dizaines de kilomètres plus loin, nous rallions Mouchamps, pour y passer deux nuits, autour d'une journée au Puy du Fou, toujours avec nos amis de Malaisie. L'idée avait germé à peine quelques jours plus tôt, et enthousiasmé les foules. De foule, nous avons du souffrir celle d'une belle journée d'été dans un parc renommé, mais sans aucune hésitation, je le referait !
Quels spectacles, quels effets, quel travail, quel professionnalisme ! Nous avons été transportés dans le temps, vécu plusieurs journées en une seule. Les enfants aussi étaient captivés, transportés, émus, même si, clairement, il leur manquaient quelques références historiques (mais depuis, de passage chez Opa et Oma, Augustine rattrape le temps perdu et se bouquine les histoires des Chevaliers de la Table Ronde). Nous avons fait l'ouverture et la fermeture, assisté à sept spectacles, absorbé tout ce qui était à voir et à entendre (Augustine aurait aimé passer plus de temps à écouter les fables de La Fontaine).  Dans la voiture du retour vers le camping, le soir se couchait sur la campagne vendéenne; moi j'avais du mal à revenir sur terre, et les enfants voguaient encore quelque part dans des époques lointaines, au milieu des chevaliers, des gitanes dansantes, des rois aux longues épées, des rapaces majestueux.

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La nuit d'après, c'était étape: direction plein sud (et les stratégies pour éviter les bouchons des grands départs en vacances). La traversée de Marans (Charente Maritimes) m'a laissée un peu songeuse: je n'y ai pas reconnu l'endroit, ni retrouvé "mon" usine.
Nous avons pleinement goûté, ce jour-là, à la liberté qu'offre un camping-car: choisir un point sur une carte ou dans ses envies, où l'on veut passer la nuit, et s'y arrêter, comme ça.

Ce soir là, nous sommes arrivés, alors que le soleil commençait à fléchir sur les vignes, au village de Saint-Émilion. Nous avons dit aux enfants que nous allions dormir près d'un chateau sans donjon, sans remparts, sans roi ni reine ... Ils ont compris une fois sur la route, en lisant les panneaux des Chateaux Ceci ou Chateau Cela, à droite et à gauche, et un fois l'explication donnée de l'autre sens d'un "chateau", dans ce genre de régions.
Ils sont trop petits pour s'intéresser aux vins, mais j'ai aimé garer mon camping-car aux abords de la demeure du viticulteur (qui nous accueillait gracieusement), entouré de vignes, et puis répondre à leurs questions: "Mais toutes ces vignes, elles sont vraiment à ce monsieur ?". Et voir leurs grands yeux incrédules et admiratifs.  Les voir planter la tente au pied des vignes, partir marcher avec MonsieurPapa, trop heureux de leur raconter tout ça, comment on fait le vin (ça doit faire partir d'un de ses grands fantasmes de Papa), toussa toussa.
Le soir, faire un brin de devoirs de vacances pendant que ça mijote, et puis voir le soleil se coucher dans un silence et une solitude vertigineux.

Plus tard, ne rien faire d'autre parce que le laptop est déchargé et qu'on n'a pas de prise secteur, ne même pas avoir envie de bouquiner. Se trouver un peu seul sur Terre, l'espace d'une soirée.

Et parfaitement heureux.

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RoutesDeFrance, deuxième semaine: 800 km.

Étapes: Assérac (44) -> Les Sables d'Olonne (85) -> Nantes (44) -> Nalliers (85) -> Mouchamps (85) -> Saint-Émilion (33).

29 juillet 2016

RoutesDeFrance - Semaine #1 - Centre, Bretagne Sud

Alors voilà, une semaine que nous vivons dans notre maison à roulettes. Une semaine, partis de région parisienne, nous avons rallié la côte Ouest, testé la conduite d'un engin "permis B taille XXL", mis en places diverses stratégies d'organisation familiale, et puis surtout vu plein de monde et visité plein d'endroits.

Passé le temps du “waouh” (c'est gros, c'est grand, c'est long, c'est lourd, c'est compliqué quand on ne connait pas), on commence à apprivoiser la bête. Avoir la main plus détendue quand on manoeuvre, savoir quoi ranger où, canaliser l'excitation des enfants (et instaurer de nouvelles règles de vie), retrouver les réflexes de campeur. Bref, se construire une routine de vie à 6 dans le camping-car, qui nous suivra pour les 10 semaines suivantes. Avant de partir, je m'imaginais bien que ça allait sans doute pas mal ressembler à l'expérience que vivent les marins, ou ceux qui vivent (longtemps) dans un lieu fort exigu (qui plus est, mouvant): chaque chose doit avoir sa place et y retourner immédiatement après utilisation sous peine de se perdre de gêner ou de valser au premier tournant (et accessoirement de blesser quelqu'un). Quand on est seul, cela exige un minimum de discipline, quand on est 6, c'est au delà de ça, c'est vital. L'exiguité de l'endroit oblige à encore plus de minimalisme: on n'a pas le choix, tout doit tenir dans l'espace imparti.

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Pour le moment, ce qui nous pose encore problème, c'est la cruciale organisation du couchage, avec pour données de l'équation: 2 adultes, 3 enfants dont 2 qui peuvent heureusement partager un lit simple (dans le sens de la longueur), et un bébé qui tète encore la nuit et proteste contre les changements qu'on lui impose (air, fuseau horaire, routine, eau, régime alimentaire …), en plus des soucis habituels de dents et de digestion, pour les enfants de cet âge-là. Comme on dort tous dans le même espace, il a fallu être créatif pour un minimum de respect du sommeil de chacun, mais je dois avouer qu'on s'est tirés et qu'on se tire encore les cheveux pour arranger tout ça.

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Mais qu'importe: c'est le début de la grande aventure !

Après avoir illico quitté la région parisienne (enfin, illico, à coup d'accélérations d'une bestiole d'une telle taille pilotée par 2 novices, c'était pas non plus fulgurant), nous sommes passés par Chartres, dans un camping tout vert sur les bords de l'Eure. Pour le tout premier dîner en extérieur, les souvenirs de camping me sont revenus, de quand j'étais petite et qu'on sillonnait la France dans la Nevada, pendant l'été. Point de tente motorisée à l'époque, mais les mêmes invariables dîners dans le soir qui tombe, la table pliante qui se plie (même pendant le repas), les aller-retour avec la bassine pour faire la vaisselle.

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On a aussi profité de l'escale familiale pour visiter (rapidement) la cathédrale et marcher dans les venelles de la ville historique. Il faisait lourd ce jour-là, alors à l'intérieur c'était mieux. MonsieurPapa a emmené les enfants regarder les vitraux (“les vitrines” traduit Salomé, dont le tempérament laisse percer une probable future shoppeuse professionnelle) et Augustine en est sortie enthousiaste. Avec le petit livret de découverte pour enfants, il est plus facile de s'intéresser à ces quantités de statues en pierre, sur qui l'oeil ne s'arrête pas s'il ne cherche pas quelque chose. Si en plus ya des mots-croisés ou des trucs à colorier, voilà qui fait une petite activité “Histoire de France” facile et intéressante: il faut bien commencer par quelque chose. Après le déjeuner en terrasse de salades et de bonnes choses, j'avais l'impression que la vie ne pouvait être qu'une succession de moments agréables (ça compense pour les nuits, suites de réveils et de hurlements …).

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Plus tard, on a continué les visites familiales des “lointains”: ceux qu'on ne voit pas souvent et qu'on regrette. Pour une fois, on a le temps. Les immuables grandes tables des repas de famille nous voient grandir, les plus âgés aussi, le camping-car offre l'occasion de raconter telle ou telle anecdote de voyages anciens. Les enfants se goinfrent de douceurs, comme d'habitude; lient des amitiés “sur le moment” avec tel ou tel cousin éloigné, jouent dans les jardins ou la cour des cars de chez Grand-Mamie.

Au nord du Mans, à Sillé-le-Guillaume, on a commencé a goûter de ce qui sera sans doute notre quotidien sur les routes: les départementales françaises, avec les champs à droite et les prés à gauche (ou le contraire), les ballots de paille, les moissonneuses batteuses, les haies, les arbres verts et les petits chemins de traverse qui offrent des pauses pic-nic tranquille … Mais on a eu froid la nuit, première surprise, après les grosses chaleurs du Centre: il va falloir s'attendre à tout côté climatique, je crois bien. Dans le petit camping, j'ai été contente (n'en déplaise à la gérante qui pestait), que le gros camping de chaîne d'à côté capte tous les vacanciers: nous étions tout seuls. Les enfants ont passé tout leur temps libre dans le chateau gonflable, goûté la piscine, rempli leurs cahiers de vacances (en grognant pour la forme, pour Augustine) sur la grande bâche, sur l'herbe. Avec ma soeur qui est elle aussi un peu toujours "de passage", je commençais à me sentir bien en vacances, mais il a fallu que je me fasse, encore une fois, un flash-back du temps où j'allais faire ma lessive d'étudiante à la laverie … Qu'importe, le linge qui sèche sur le fil au grand air, avait un air de publicité pour de la lessive et puis il a fait beau...

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En continuant vers l'Ouest, on a rencontré la grisaille puis la pluie, mais renoué encore un peu avec la famille et fait le plein de nouvelles, et d'une grande balade dans les bois, qui a ravi mais épuisé Joseph.

Et puis enfin, on a doucement obliqué vers le Sud-Ouest, vers La Grande Brière, pour retrouver de la famille au camping, dans une escale improvisée pour se voir quand même (sinon c'est pas avant au moins un ou deux ans …) et puis découvrir un peu l'endroit. Et bien, mise à part l'expérience du camping et de ses “animations”, quel plaisir !
Louer une barque (“un chaland”, qu'ils disent), se balader dans le marais, rigoler entre cousins, pique-niquer sous les arbres (entre les gouttes !), badiner, profiter du grand air et des arbres pour grimper, regarder les oiseaux (quand même un peu). Reprendre le camion et, un peu plus loin, passer l'après-midi dans le hameau restauré de Kerhinet, qui m'a immédiatement donné l'impression d'être dans le village d'Astérix et Obélix, tout beau, tout propre avec ses toits de chaume.

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Et quand en plus, on se dégote un autre de ces petits livrets “jeu de piste – découverte”, les filles (avec la grande cousine) se sont prises au jeu et ont parcouru le village dans tous les sens à la recherche du lavoir, de la maison blanchie à la chaux, etc … tout en résolvants énigmes et rébus. Quant à moi, j'étais ravie: une occasion de leur faire découvrir quelque chose de nouveau, approcher concrètement un peu d'histoire et de culture, étendre leur vocabulaire, exercer leur sens de l'observation. Encore une fois, MisterJo a eu besoin d'une petite pause et MonsieurPapa s'est retrouvé avec deux petits garçons endormis sur un banc: relax !

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Voilà donc pour la première semaine de la grande balade de nos RoutesDeFrance: 650 km, 4 étapes (Fourqueux (78), Chartres (28), Sillé-le-Gillaume (72), L'Huisserie (72), Assérac (44)), et déjà des bons souvenirs ...

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28 juillet 2016

Un an plus tard

Il sourit de toutes ses dents.

Ses dents qu'on compte, une par une, qui nous coûtent (du sommeil, principalement).

Le blond vénitien de ses cheveux. Qu'il va falloir penser à couper, pour la première fois, bientôt.

Ses petites joues qui bronzent. A force de passer du temps sur les pelouses d'été, sur les chemins.

Ses grands yeux sombres, son petit air qui fait que je ne peux déjà rien lui refuser.

Cette façon d'idolâtrer ses aînés, de leur passer toutes leur brusqueries, ses sourires et sa patience pour eux aussi.

Il a embarqué avec nous dans nos vies. Il s'est greffé à notre histoire, où nous allons il va, assis sur une hanche, lové contre une poitrine, hissé sur des épaules ou calé sur le dos. Autour de nous, on s'étonne de son calme quand il est dans le porte-bébé.

Des heures durant il s'y balade, y observe le monde, y dort, y mange, se trouve au milieu de nos vies. Comment s'étonner alors qu'il ait si spontanément pris sa place au milieu de nous, qu'il soit celui autour duquel tout le monde gravite ?

Avoir un quatrième, ce n'est pas lui donner ce qui reste, diviser ce qu'il y a en parts de plus en plus petites, c'est tout multiplier par quatre. Surtout l'amour.

Manech, il a des pouvoirs mathématiques: c'est notre plus petit dénominateur commun qui multiplie le bonheur familial. Sa fonction est croissante et tend vers l'infini.

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Et dire qu'il n'a qu'un an, bon sang.

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24 juillet 2016

Clin d'oeil: Hopital pour poupées

A Chartres, de ce petit hopital pour poupées, fermé malheureusement ce jour-là, mais si vintage avec ses vitres crasseuses, ses couleurs passées, son syle rétro ...

La carte postale "Mauvaises têtes" fait sourire, par contre, j'évite de m'attarder sur les "pièces détachées": ça fait un peu morbide, je trouve ...

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18 juillet 2016

Joseph, 5 ans

Il a 5 ans, 5 ans déjà, mon premier petit garçon. Encore une fois, comme le temps passe vite.

Pour son anniversaire en Bretagne, il a eu droit à sa famille maternelle au grand complet et un quatuor de desserts maison (ça sonne classe comme ça, mais ça l'est beaucoup moins quand on sait qu'il y en avait plus ou moins 2 ou 3 de ratés, ce qui ne donne pas un bon rendement).

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 Quand on fête ses 5 ans, on les attend, on compte les jours, on y pense tout le temps, mais le jour de l'évènement, on est soudain grave et réservé. Il a été doté de toute une panoplie “de plage” (les seaux qui se roulent, l'épuisette et la pelle) qu'il a sérieusement inauguré sur les plages bretonnes le jour d'après.

A cinq ans, mon “petit Joseph” est parfois sérieux, souvent boudeur, lunatique comme sa plus grande grande soeur. Plus tard, il sera conducteur de métro, qu'il dit. Mais à mesure de notre voyage en France, son projet dévie quelque peu: à Nantes, il penche pour conducteur de tram (la chouette petite paroi de plexiglass qui lui permet de voir tous les boutons et les manettes de près y serait-elle pour quelque chose ?), et puis sur les départementales vendéennes, impressionné par les énormes tuyaux d'irrigation des champs de maïs, finalement, il voudra être “arroseur de champs” (mais pas agriculteur, ça non: il veut arroser, pas labourer, semer ou récolter), ça c'est de la niche !

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Il reste un peu moins aventureux que ses soeurs, un peu peureux parfois, mais il tente sa chance pour “commander” des bonbons à la serveuse de la crêperie du coin (on sait jamais, ça peut marcher). 

Il se réveille parfois la nuit “parce qu'il a peur”, mais ne sait pas dire de quoi. Notre récent chamboulement familial lui pèse, et il lui manque un peu de routine, sa routine de l'école, qu'il adorait à Shanghai.

Il a donc fini son année de Pre-Kindergarten (la moyenne section française). Il aborde les bases de la lecture et de l'écriture, mais il souffre de ma moindre disponibilité pour le faire progresser comme il le voudrait. Son cahier de vacances est encore un plaisir (“tu parles, lui dis sa soeur: c'est que des jeux”, ce qui le fait enrager !).

En ce moment, d'ailleurs, les étincelles volent souvent avec Augustine: c'est les montagnes russes de la relation fraternelle, et la différence d'âge et de maturité n'est pas en sa faveur: elle sait le faire démarrer, et lui, il court dans le piège de la dispute ...

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Avec moi, il aime poser des questions tarabiscotées, des “pourquoi ?”, mais pas si clairement posés, auxquels je n'ai pas toujours la réponse. Il a sa propre logique qui impose un décodage préalable, de suivre les méandres de son raisonnement pour le satisfaire d'une réponse. Pas facile tous les jours, mais quand ça marche, c'est toujours une victoire d'arriver à se comprendre, à communiquer sans frustration, pour le plaisir d'échanger.

Je m'étonne des fois de voir qu'il n'est plus trop un petit, de son sens de l'observation, de sa mémoire incroyable, de sa force et de son agilité qui grandissent chaque jour. C'est un petit garçon plus si petit. Il a cinq ans.

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