Dix pieds sur Terre

06 octobre 2017

À la mode Montessori

L'idée de ce billet me brûle les doigts depuis quelque temps déjà, mais c'est (en tous cas pour moi) un très gros sujet, complexe et tentaculaire, et plein de zones un peu grises ... Comme souvent ici, ça parle de pédagogie ...

J'ai entendu parler pour la première fois de la philosophie d'éducation de Maria Montessori peu après la naissance d'Augustine, en 2007, dans des forums internet français pour parents "maternant" où l'on faisait feu de tout bois: allaitement, portage du bébé, couches lavables (et on touille bien) ... et ce qui suit: les méthodes d'éducations dites "alternatives", l'IEF, etc ... Évidemment, on y parlait Montessori, mais personne là-bas n'était vraiment formé alors les idées volaient un peu dans tous les sens, c'était vraiment catégorisé "Hippie". Quand on m'a dit: "Il y a du matériel, qui est fait pour travailler et pas pour jouer, on ne détourne pas le matériel pour jouer", j'ai tout de suite pensé "sectaire, rigide, pas pour moi ..." (ou comment juger la philosophie d'une vie entière à travers le bout d'une lunette, hé hé hé).

Et puis j'ai quitté l'Europe et j'ai commencé à potasser le sujet un peu différemment. En y mettant Augustine en 2009, j'ai vite compris que toutes ces Montessori preschool à Singapour n'en n'avaient que le nom. En 2010, j'ai mis à contribution la cagnotte "formation professionnelle" aimablement fournie par l'Employeur pour me plonger dans une formation à distance avec un institut londonien qui offrait un diplôme international. J'ai fait des observations dans des écoles Sud Africaines et Malaisiennes, en 2013, j'ai eu la chance de trouver cette école au profil si atypique à KL, où j'ai finalement passé un an. J'ai eu mon diplôme juste avant de m'envoler pour la Chine, j'ai failli y travailler dans une école Montessori, mais Manech est arrivé. Ensuite, on a fait trois petits tours ici et là, on a testé un peu d'IEF. Et me voilà de nouveau à Singapour, dans une école Montessori (choisie pour sa fidélité aux grands principes).

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Alors même si on est toujours un peu en vadrouille, on essaie de garder quand même un petit lien avec la France. On n'a plus TV5 Monde, mais on bouquine un peu les news quand on a le temps, on parle évidemment avec les amis et la famille, et puis on y passe une fois par an. Et dernièrement, je n'ai pas pu rater cet incroyable engouement pour Montessori dans l'hexagone. J'ai l'impression d'en voir partout: dans les librairies, les magazines, les magasins de jouets mais pas que, et puis des ami(e)s qui viennent me dire "Tiens, école Montessori, tiens, formation Montessori ou ateliers, ou ceci-celà" ... On en parle même dans Boursorama dis donc ... (merci à mes veilleurs de news qui me font suivre !). 

Et tout le monde me parle de ce livre que je n'ai pas (encore?) lu, de la fameuse Céline Alvarez et de son expérience "fantastique", le "déclencheur de tout ceci" et qui est en train de changer la perception de cette méthode d'éducation aux yeux des Français. 

Dans mon école actuelle, ma collègue est Française, fraîchement arrivée de France et c'est intéressant de parler de ça avec elle. Parce que je connais bien la philosophie et la pédagogie Montessori, mais assez peu la situation en France, finalement. Je me rappelle avoir toujours été un peu agacée des remarques de Français de France sur le fait que les écoles Montessori y sont si chères (comme si en tant qu'instit Montessori, je devais m'en justifier, ou que c'était inhérent à la pédagogie, ce qui est faux). Notre choix d'école pour les grands joue un peu dans ce sens aussi: année après année, nous nous éloignons du système éducatif français et la problématique "système français classique versus Montessori français" ne nous concerne pas. Elle, par contre, connaît bien le système et a lu ce livre, alors on parle souvent de ce qui se passe en France en ce moment.

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(rien à voir ... enfin si, mais c'est juste parce que j'ai accompli un de mes rêves depuis ma formation Montessori: voir un de mes grands enfants comprendre le "pourquoi" des cubes du binôme et du trinôme ...)

Il reste que la curiosité est plus forte: même sans avoir lu le fameux bouquin "déclencheur", il me plaît d'observer (de loin) cet engouement soudain, en me demandant si tout ceci est vraiment une bonne chose et à quoi cela va-t-il mener. Je n'ai jamais visité d'école Montessori en France, mais ici et là, j'ai cru comprendre que, -écoles privées hors contrat oblige-, elles établissaient une sélection par les moyens financiers des familles. D'où la qualification "d'écoles de l'entre soi" dans cet intéressant podcast (ce qui n'est pourtant pas spécifique à la pédagogie Montessori). Le coût initial du matériel a toujours été un sujet difficile, et pourtant maintenant, dans les grandes enseignes de jouets, il y a un "rayon Montessori", avec presque de quoi ouvrir une école complète à prix beaucoup plus raisonnable qu'il y a plusieurs années (Oxybul, mais aussi Nature&Découvertes etc ...). Il y a aussi, j'imagine, plein d'âneries qui surfent sur cette mode, car le nom "Montessori" n'est pas protégé, alors on peut bien faire ce qu'on veut et l'écrire n'importe où, parce que c'est bien vendeur.

Il y a surtout plein de lectures, de guides pour les parents (rien que celui-ci, dans le dernier Pomme d'Api de Joseph), qui vulgarisent la pédagogie et proposent parfois de mettre en place un certain nombre de principes et d'idées de Maria Montessori, parfois extrêmement simplifiés. Je m'interroge surtout là-dessus. Cette circulation des idées, ces quelques barrières qui tombent, des questionnements, l'implication de tous dans les apprentissages (des instits de l'EN mais pas seulement: des parents aussi !), c'est super chouette. Il y a du bon dans les principes de Maria Montessori et je pense que tout le monde a à y gagner à se familiariser avec.

Par contre, le côté "méthode miracle", soudainement propulsée par une seule personne et très opportunément soutenue par un marché des objets "Montessori" labellés de manière complètement incontrolée, je pense que ça pourrait vite mal tourner. Malheureusement, ce n'est pas en mettant entre les mains d'un enfant n'importe quoi qui s'intitule "Montessori" (même du matériel de travail admirablement conçu) que ça va solutionner les éventuels problèmes de cet enfant à l'école du coin. Je crains la retombée du soufflé très vite monté (dans le meilleur des cas) ou le retour de flammes (dans le pire), parce que si tout le monde parle de ça, c'est bien qu'il y a une insatisfaction vis-à-vis de l'école conventionnelle. Mais que la chute pourrait être douloureuse si les résultats ne sont pas aussi rapides ou spectaculaires qu'attendus ! (sans compter qu'à la fin, ça doit être saoûlant de n'entendre parler que de Montessori partout tout le temps, même sur Boursorama bon sang !).

Dans cette histoire, je n'ai pas la prétention de proposer quoi que ce soit. Je ne suis pas instit', je n'habite pas en France, mes enfants sont hors système Éduc' Nat'. Je suis déjà bien en peine de savoir quoi en penser.  Mes problématiques ici sont différentes, je me demande ce qu'il adviendra des idées de Maria Montessori une fois la mode passée (parce qu'elle passera forcément), ce qu'il en restera. Beaucoup de choses ont déjà transpiré de toutes façons: on a beau croire que tout ceci est nouveau, les écoles Montessori existent depuis une centaine d'années et beaucoup de ces idées sont déjà bien implantées dans les mentalités et les façons de faire des écoles (et en fait, on s'en fiche de comment ça s'appelle !). Peut être que, comme pour le reste, tout va se diluer tranquillement, qu'on finira par "faire comme ça", sans étiquette, juste parce que "ça marche bien" et ce sera très bien.

Et c'est paradoxal, parce que même si mon approche des apprentissages des tout-petits est définitivements imprégnée de beaucoup des ces grands principes montessoriens (pour les avoir vu à l'oeuvre ici et là), j'ai des envies d'autre chose, de continuer à apprendre dans ce domaine, pour ne pas me limiter, parce que les "méthodes miracles", moi, ça me fait fuir à toutes jambes et parce qu'il faudrait être naïf pour croire que Montessori est la solution à tout ...

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(exemple type de matériel "détourné": la troisième boîte des couleurs. Youpi !)

Pétrie de mes doutes qui jouent aux chaises musicales avec mes certitudes, tout se résume à une question: aurai-je assez d'une vie pour en faire le tour ?

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26 septembre 2017

Gazouilli du jour

C'est la petite phrase rapportée par Augustine de son école aujourd'hui. Par curiosité, je l'ai "googlée" ... et il semble bien que ce soit une création originale de son instituteur ...

Je la livre donc ici, parce qu'au milieu des galères, des absurdités et des grands questionnements du monde, je pense qu'il est bon de retourner au vrai sens des choses et de s'accompagner d'inspirations très inspirantes ...

"The world doesn't need more doughnuts.

                                        It needs more heroes."

 

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Et non, l'instit' en question n'est même pas Américain. Il est né en Inde d'une mère Canadienne et d'un père Italien. Sans rire.

 En plus, je crois bien qu'il est très sérieux avec ses histoires de doughnuts et de heroes. Et j'ai presque tendance à être d'accord avec lui.

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En chemin vers (un peu) plus d'autonomie

Cette rentrée scolaire aura été celle de tous les changements et toutes les nouveauté. Les trois grands au Primaire, MiniMan, dans son école à lui, et moi, dans mon école à moi (en mi-temps, puis plein-temps et finalement mi-temps à nouveau d'ici quelques semaines, mais c'est une longue histoire). Et avec ça, le casse-tête des transports de tout le monde. On a donc laissé tomber le bus scolaire (et l'augmentation d'un tiers des frais au cours de l'été) et on tente de faire avec le bus de ville et le métro. J'en avais déjà parlé ici, du baptême du feu du MRT des trois enfants, pour modestement 3 stations, bien guidés, bien préparés.

Et puis quelques semaines après, les choses se sont bien développés. Pour être à son entraînement de Cross Country du jeudi matin avant l'école, Augustine doit prendre le bus seule, une heure plus tôt que les autres. Du coup, Salomé et Joseph se mettent eux aussi à prendre le bus tous les deux. Pour aller à l'école, c'est simple, il y a un bus direct depuis la maison et la possibilité de limiter les traversées de rues. Pour le moment, seule Augustine a le droit de quitter l'école sans accompagnement d'adulte, alors pour l'après-midi, on est toujours un peu limités. Joseph aussi a des vélléités de prendre le bus ou le métro tout seul ... mais bon, à 6 ans, on va pas s'aventurer trop là dedans pour l'instant.

Désormais le matin, les enfants vont donc à l'école tous seuls ou alors par deux, ce qui facilite les choses du fait de mes horaires pas compatibles et puis aussi de la nouvelle école de Manech, qui demande aussi une dépose et un "ramassage" d'enfant à d'autres horaires. Pour le coup c'est Joker qui s'y colle (parce que je ne vois pas encore Manech prendre le bus tout seul ... hum !). 

Voilà donc un (relativement) grand changement pour tout le monde: pour eux acquérir plus d'autonomie et de responsabiltés, pour moi, m'habituer à ce fait, évaluer les risques et les possibilités (les avantages, je les vois clairement !). Je dois avouer que je n'avais pas envisagé cela avant ... longtemps ! Enfin, c'est comme pour tout, j'imagine, on sais bien que ça va arriver un jour ... mais ça reste vague, jusqu'à ce que le besoin s'en fasse sentir.

Pour ça, Singapour est un endroit merveilleux, je dois dire. Si le traffic n'est pas des plus dense et dangereux (tout est une histoire de comparaison, surtout quand on pense à certaines de nos expériences chinoises !), le système des bus et des métros (MRT) est bien organisé, rapide et efficace (une carte de transport commune, rechargeable partout et facilement), des informations claires, et surtout très sûr.

Je suis donc fort contente d'habiter ici au moment où les enfants prennent un peu plus d'indépendance. Rien que dans les autres endroits où nous avons habité, cela n'aurait pas été envisageable avant beaucoup plus tard (l'école Secondaire ?). Singapour, avec son taux de criminalité tellement bas et ses facilités de transport, c'est l'idéal.

On la compare souvent à Tokyo où semble-t-il, les enfants vont tout seuls, à pied ou en train, à l'école dès le plus jeune âge (5 ans ai-je entendu !!!). Je ne sais pas si la vidéo ci-dessous est représentative, mais les petits "défis" pour envoyer les enfants faire des menues courses, j'adore !!!

Pour le moment, ils ne font que des trajets éprouvés car ils n'ont pas de téléphone (et donc pas de possibilité d'anticiper un trajet avec des lignes de bus inconnues, ni même de me prévenir si quelque chose ne va pas. Bon, ils connaissent mon numéro et donc ils doivent être capable de demander de l'aide à quelqu'un). Les premières fois, Augustine avait préparé une petite liste des lignes de bus qu'elle peut prendre pour aller à son école, avec le nom de l'arrêt etc ... Il y a sur les smartphones des applications qui permettent de calculer un itinéraire avec un changement de bus ou de métro, d'annoncer l'heure de passage du prochain bus etc ... Pour le téléphone, on verra plus tard.

Je vois aussi le bénéfice pour eux: apprendre à s'organiser (ne pas perdre sa carte de transport ...), s'orienter (repérer l'ambassade Thai, au début de Orchard rd qui reste LE point de référence pour savoir quand descendre, lire les panneaux ...), se débrouiller en cas d'imprévu (recharger sa carte, demander de l'aide, ou son chemin), respecter les règles (bien se tenir dans le bus etc ...).

Bref, une modeste leçon de vie, une de plus ...

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13 septembre 2017

Chanter pour eux

J'ai arrêté de chanter des chansons aux enfants le soir avant de se coucher depuis ... longtemps. Quand j'avais commencé, je m'en rappelle: lors des interminables séances de coucher d'Augustine-bébé (des berceuses, principalement, prises des livres-CD offerts à sa naissance !). J'avais repris quand les deux filles étaient suffisamment grandes pour partager une chambre, c'était notre routine. À nouveau, le rituel était tombé en désuétude ... sans doute juste avant la grossesse de Manech, la fatigue, la lassitude, l'envie d'expédier un peu les couchers qui trainaient trop à mon goût ...

Les quatre enfants m'ont tous et toujours entendu chanter, je crois. On n'a jamais eu de CD de musique pour enfants, enfin si, on en a eu, mais comme on n'a jamais eu de lecteur CD, ils ont tous été vite-fait convertis en mp3 et écoutés (et ré-écoutés etc) depuis l'ordi. Je les écoutais avec eux, et puis, pour les chansons, j'ai aussi puisé dans mon répertoire "d'avant les enfants" ... 

L'autre soir, j'ai couché deux petits garçons un peu énervés, et pour calmer un peu tout ça, j'ai tenté de me rappeler de ce que je chantais "avant". Une fois les thèmes retrouvés, les paroles me revenaient rapidement, mais j'étais certaines d'en avoir tellement plus dans ma besace que celles que j'ai chanté cet autre soir. Alors voilà, je les note ici, parce que d'ici peu, Manech ne me réclamera plus de "sanson" (il, miracle, il parle maintenant ! un autre truc à raconter), et que ces mélodies tomberont dans l'oubli, emportant avec eux (peut être ?) les souvenirs de ces doux moments.

Chez Yves Duteil, un classique de ma jeunesse, il y a Lucile et les libellules parce qu'elle est tellement douce, et aussi mon petit moment de conbattante: Pour les enfants du monde entier, celle que je me force à chanter doucement, mais que je finis à bout de souffle à chaque fois (et pas qu'à cause du tempo ...).

 

Chez Anne Sylvestre, il y a Les étoiles filantes, qui me transporte à chaque fois dans un pré verdoyant au coucher du soleil, quand les odeurs estivales sont presque ennivrantes ... 

En anglais, j'aime leur chanter celle trouvée dans l'album de Putumayo, Accoustic Dreamland, Here with me de Frances England (mais comment vous faire écouter ?)

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J'avais voulu apprendre les paroles de celle d'Henri Salvador, Le loup, la biche et le chevalier, elle a été un grand classique des soirs pendant notre séjour à Kuala Lumpur, elle me vient sans même y penser et les enfants l'adorent.

 Et puis évidemment, les petites berceuses courtes: j'aime particulièrement la berceuse cosaque, celle des oiseaux et aussi Ani Couni, qui n'est malheureusement pas la préférée des garçons en ce moment ...

  

 Je croyais ma liste terminée ... et j'ai demandé aux filles si elles se souvenaient de quelques chansons. Et j'avais oublié un de nos grands classiques : San Fransisco de Maxime Leforestier ! Évidemment !

Souvent, je n'ai pas le temps de terminer ma chanson: Joseph dort déjà. Pour Manech, c'est une autre histoire.

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02 septembre 2017

Chaleur, pression, thermodynamique familiale d'août 2017

Nous voilà en septembre. Ce matin, j'ai parlé à MonsieurPapa de quelque chose qui s'est passé il y a déjà longtemps, mais si, tu sais, c'était à notre retour de France, euh ... il y a déjà ... moins d'un mois. Et voilà, bam, même pas un mois de passé ...

C'est la folie. Réellement. Alors oui, je sais, avec quatre enfants, on s'attend à quoi ? Disons que c'est ma part d'ingénuité qui s'exprime là, quand je me dis "mais c'est pas possible". On a sauté à pieds joints dans la rentrée quand, à peine trois jours après l'atterrissage, j'ai appris que le joli contrat à temps partiel que j'avais signé pour la rentrée allait se changer en temps complet ... Le temps de caser les trois grands à l'école ("Enchantée, maîtresse d'unetelle ou d'untel", compiler les infos, les dates importantes, les emplois du temps, etc ...), on a tiré la carte Joker pour assurer tout ça. Notre Joker s'appelle Vicky et sans elle, notre chateau de cartes s'effondre.

Parce que la logistique familiale s'apparente désormais à un théorème de physique quantique: parvenir à se trouver (plusieurs fois par jour) à deux endroits différents au même moment, combiné à une équation à beaucoup trop de variables (le tarif désormais prohibitif du bus scolaire, le nombre de décibels à la sortie des classes, la température et le taux d'humidité à 15h30 sur Orchard, les quatre lunchboxes à préparer tous les soirs en plus du dîner, le délai de la livraison des courses chez FairPrice ...). Ils commencent à 9h et finissent à 15h30, moi c'est 8h et 16h, et ne peuvent quitter l'école sans un adulte autorisé. Dans un monde idéal, nous serions deux adultes à nous partager le calcul, mais comme souvent ces dernières années, les absences professionnelles de MonsieurPapa me laissent l'équation sur les bras. D'où le Joker.

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Dans le bus, on adore tous monter à l'étage et s'asseoir tout devant, avoir l'impression de voler sur la route !

La pression est donc doucement montée, de notre atterrissage à Changi, jusqu'au début du Summer Camp pendant deux semaines, où j'ai pris doucement mes marques dans cette nouvelle école. Le Summer Camp, sur le papier, c'était facile: la matinée seulement, une sorte de centre aéré où je gardais une poignée de petits (dont le mien, c'était le deal), avec des petites activités Montessori ou pas. C'était pas mal, cela m'a permis de em remettre un peu sur les rails, d'entrevoir quelques petits points de friction d'amélioration, mais quand même, c'était juste avant l'arrivée de Joker, et en l'absence de MonsieurPapa et cela a sonné le début officiel de la période de folie.
Être à mon école le matin à 8h pour pouvoir déposer les trois grands devant leur arrêt de métro de façon à ce qu'ils arrivent à leur école sur les coups de 8h30 (pas trop tôt non plus,quoi), cela veut dire se lever à 6h pour finaliser préparer les lunchboxes (et le petit dej' et les sacs etc ...), avoir tout prêt, tout le temps, le bon uniforme propre pour chaque jour et chaque enfant, sans se tromper de jours (Augustine a Sport le lundi et le vendredi et piscine le lundi, Salomé et Joseph, le mardi et le jeudi, mais seule Salomé a piscine le mardi). Ne pas oublier les formulaires à renvoyer, les réunions d'information, les emails, les trucs à rapporter à l'école, les jours de bibliothèque, les rechargements de cartes de transport ... le job de maman classique finalement, mais au début "ça fait toujours ça" il paraît ...

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Manech, certains jours, arrive à commencer à se concentrer pendant quelques instants ...

Sans mentir, j'ai eu peur toute la semaine. Peur qu'ils se trompent de sortie dans l'arrêt de métro, qu'ils ne regardent pas en traversant la route, peur d'oublier un truc, une autorisation pour un field trip (oui, oui, deux semaines d'école et Augustine a déjà une sortie dans un musée), peur que l'un d'entre eux tombe malade (et qui le garde pendant que je travaille ? Je suis seule dans ma classe..), peur de zapper un truc dans le ravitaillement, peur de ne pas être une bonne mère pour eux, d'être fatiguée, qu'ils soient fatigués, de ne pas assurer l'après-midi, de ne pas être assez là. J'avais aussi un mini-déménagement à assurer: déplacer des étagères de livres pour libérer la chambre de Joker et réorganiser un petit coin bureau dans le salon. Au passage, j'ai viré la télé une bonne fois pour toute, parce qu'en fait, on la regarde jamais ... 

Mais ils sont tops, mes gamins, en fait. Ils savent être insupportables, chamailleurs, mesquins, flemmards, de mauvaise foi, et plutôt deux fois qu'une. Mais ils ont aussi (comme tous les enfants sans doute), un espèce de sixième sens qui leur fait sentir quand ils doivent assurer. Cela fait plusieurs années que j'observe ça: dans les longs voyages, ou les périodes tendues parce que je suis seule avec eux, parce que je suis fort occupée, ou malade, ou occupée avec un nouveau-né (ou tout ça à la fois). Là, je n'ai plus des enfants, mais une équipe. Ils ont assuré dans les transports (même le jour où j'avais oublié leurs cartes de transport à la maison et qu'ils ont du s'acheter seuls des tickets à l'unité avec l'argent de poche d'Augustine ... forcément, je n'avais plus de liquide sur moi), ils ont trouvé comment s'assurer du bon chemin en suivant des enfants aux mêmes uniformes qu'eux (héhéhé), ils ont assuré les matins (levers à 7h, départ à 7h30 sans laisser la table de la salle à manger collante de confiture du petit dej), ils ont assuré l'après-midi et le soir aussi (on a mis à jour et remis en service le tableau des responsabilités et la plupart du temps, ça roule tout seul).

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Ces deux semaines de Summer Camp ont fort fatigué MiniMan, qui testait pour la première fois une situation school-like, du coup, j'ai été bien inspirée de lui monter son nouveau lit "de petit garçon" dont il peut sortir à volonté cette semaine-là. Le soir, il écrasait, alors forcément, je n'ai pas eu besoin de me taper vingt-cinq fois les escaliers pour l'y remettre et la transition est finalement bien passée (même si monter un meuble Ikéa, l'après-midi après une matinée avec des bambins plein d'énergie, arf).

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Endormi dans les bras, comme presque tous les jours en rentrant à la maison après le Summer Camp

Finalement, elles ont pris fin, ces deux semaines, Joker est arrivée (attendue comme le Messie !), MonsieurPapa a fait une apparition avant de repartir en Chine. J'ai incroyablement réussi à prendre du plaisir à ma Green Race (qui me faisait diablement peur mais que j'ai couru sans avoir honte de mon temps parce que j'ai souffert et que je l'ai mérité). Avant de partir en France, j'avais jeté (encore plus) un de mes principes à la poubelle et je nous avais acheté cinq tickets pour le Cirque du Soleil (Kooza), avec les trois grands. Une après-midi formidable, pleine de Oh! et de Ah!, comme quoi finalement, pas besoin de grandes occasions pour une sortie spectacle en famille ...

La semaine suivante, je n'étais pas censée (trop) venir à l'école, mais il se trouve que de gros changements nous y attendent: à la rentrée en septembre, nous y recevrons plus d'enfants, plus jeunes et pour une durée quotidienne plus longue que l'année passée. D'où un certain nombre d'aménagements qui ont nécessité que MiniMan passe quelques journées à la maison, avec Joker, pour son plus grand plaisir ... 

Et voilà donc Septembre: la rentrée des Français (alors que nos grands sont déjà dans la routine de l'école), les plans pour la suite (des vacances avec les copains, quelque part en Asie ?), les projets de courses à pied ... Lundi, le travail commence pour moi "en vrai", les grands enfants ajoutent un CCA (Co-Curricular Activity, une activité facultative organisée par l'école) à leurs emplois du temps (Origami pour Joseph, Scrapbooking pour Salomé, Ball Games pour Augustine), et moi une galère de ramassage d'enfant en plus l'après-midi (évidemment, les CCA finissent une heure après la fin de l'école et ne sont pas tous le même jour, ah ah ah).

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Depuis que Joker est avec nous, c'est plus facile. Je ne stresse plus à cause du linge qui s'accumule (même si le pliage, c'est pas son truc, visiblement), et le ravitaillement est facilité. J'ai encore des vélléités de cuisiner le soir, parce que j'aime ça et aussi parce que je veux encore choisir ce que je mange, mais je suis ravie de sous-traiter le ménage. Il reste à voir comment la logistique des transports vers et depuis les écoles va s'établir, il y aura des ratés, c'est certain, mais ça va le faire, hein ?

Ça fini toujours par le faire...


01 août 2017

Salomé Sayang, 8 ans

C'est marrant comme les choses tournent et se retournent. Huit ans après, nous voici à nouveau installés dans "son pays" (son deuxième pays en fait, parce qu'à la question "Where do you come from?", elle répond "France", ce qui est faux, car si elle est bien Française, elle ne "vient" pas particulièrement de France ...). Je pense que, quelque part, elle est quand même un peu fière d'être née dans le pays où nous vivons en ce moment.

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Salomé à 8 ans, change, mais très doucement. D'ailleurs, elle ne change pas si vite d'idées (comprendre: elle est têtue comme une bourrique, elle doit tenir ça de sa mère, tiens). Salomé vit toujours dans son petit monde, fort protégé de l'injustice extérieure par son petit caractère. Elle est pourtant loin de l'adolescence mais elle fait déjà le grand écart entre des grands élans de générosité et son petit monde "Salomé-centré" où rien n'est plus important que de savoir si la couleur de sa robe est bien assortie à celle de ses boucles d'oreilles, si sa queue de cheval est trop haute ou trop basse, si sa copine va aimer ou non son dessin. Salomé ne fait toujours que ce qui lui fait plaisir, et parfois quand on requiert sa participation à une tâche familiale, elle sort avec applomb que ce n'est pas possible ... juste parce qu'elle "n'en n'a pas envie". Son argument ultime ? "Mais vraiment, je n'aime pas du tout débarrasser la table, moi !"... Que répondre à ça ? 

Elle me laisse parfois sans voix, parce que son mode de fonctionnement est tellement unique (dans la fratrie, pour l'instant), que je me perds à suivre les méandres de son raisonnement. Salomé, c'est Miss-Idéfix, c'est notre artiste familiale, depuis ce temps, son talent pour le dessin ne s'est pas tari (ni sa productivité d'ailleurs). Cette année, elle navigue entre les copines qui s'aiment, s'aiment moins, se parlent ou plus trop, sa BFF (et sa Second BFF), mais elle prend un peu de sa grande soeur quand elle devient responsable de ses petites affaires, prépare son uniforme pour le lendemain, tout bien plié au pied de son lit le soir pour le lendemain, se fait des petits post-its de rappel dans sa chambre, etc ...

Depuis ses 8 ans (et parce que je finis d'écrire ce billet un peu plus tard), je passe tous les jours devant l'hopital qui l'a vue naître, en rentrant du travail, dans le bus. La première fois, j'ai eu un coup au coeur: je n'y étais pas retournée depuis et je n'avais pas calculé que je passais par là. Tout m'est revenu d'un bloc: mon gros ventre, ma peur d'une deuxième césarienne, le petit matin mouillé et cette idée: ce bébé naîtra aujourd'hui. Le contexte de la grippe H5N1 (ou alors H1N1 ?), cette psychose stupide, et même la salle où elle est née, tranquille, confiante, comme elle l'est toujours, 8 ans plus tard. Tous les jours, j'ai mon petit shot de souvenir, de Salomé-bébé ...

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Cet été, la première fois sur un poney, elle était extatique !

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Le meilleur des gateaux: un flan au chocolat avec des petits grains de sucre dorés ...

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31 juillet 2017

Les belles vacances en France, été 2017

Début août, et elles sont déjà finies ... L'avant-veille de notre départ, c'était le "chassé-croisé" des vacanciers en France (et le formidable cataclysme ferroviaire en gare de l'Ouest !) et depuis notre retour, alors que partout ailleurs, les photos de plage et de vacances trônent encore, il flotte dans notre air comme un parfum de rentrée et de nouvelles résolutions ...

Les enfants avaient fini l'école en juin ... une "année scolaire" courte, de mars à juin, avec un peu ce sentiment de n'en n'avoir "pas eu assez" ! Un an après notre dernier passage en France, nous sommes repartis pour quelques semaines en mère-patrie, pour la fraîcheur (oui oui), pour les familles, pour les amis, pour sortir de la ville et recharger un peu les batteries avant de s'y remettre.

Les jours qui ont précédé le départ, la température est montée, fort fort. En France, avec la canicule de juin (mais moi, ça ne me faisait même pas peur) et à Singapour, parce que c'est la saison la plus chaude et aussi parce qu'un virus familial s'est invité, et nous a terrassé, les uns après les autres. MisterJo, d'abord, qui a passé 3 jours couché sur le canapé, brûlant de partout, les bronches noyées dans son mucus, avant de passer le témoin à son frère, m'obligeant à une visite express au KK pour vérifier l'absence de surinfection (la veille du départ). À l'hopital, j'avais moi-même du mal à tenir debout, les articulations vacillantes et la tête dans le brouillard. Salomé a commencé à tousser le matin du départ, et je l'ai bourrée de panadol pour pouvoir passer les contrôles des caméras thermiques dans les aéroports. Dans l'avion, elle brillait dans le noir, la pauvrette, j'en avais mal pour elle. 

Évidemment, cela aurait été trop facile d'arriver à bon port (encore plus à l'Ouest, comme dirait l'autre) sans rebondissement de quelque nature. Dans la gare TGV de Charles de Gaulle, j'ai relativisé nos soucis de santé quand j'ai pris sur mes genoux une petite mignonne d'un pays d'Afrique Noire dont j'ai oublié le nom, au coeur défaillant et au regard terrorisé d'un endroit inconnu, de gens inconnus, de froid, de grisaille parisienne. Elle n'était pas venue malgré sa maladie, mais à cause d'elle, elle aussi était en transit, et repartirai elle aussi d'ici quelques semaines, avec un coeur tout neuf, un avenir plus radieux et je l'espérai, moins d'effroi dans son regard sur le monde. Le temps passé à lui lire quelques histoires nous a fait rater notre train, son chaperon en était désolé, mais finalement, ce n'était pas si grave ...

Et une fois en Bretagne, la température est retombée, la pluis bretonne avec. J'avais eu des envies de proposer aux enfants quelques sorties "voile", mais c'est tombé ... à l'eau. Tout au plus avons nous été ravis de profiter une paire de fois des plages du coin, mais le jardin a vu ses stocks de framboises et de fraises fondre sous les assauts des petites mains. Avec bonheur, les enfants ont profité de leurs grand-parents, de leurs cousins, de sorties à vélo dans le coin, de quelques crêpes et d'une longue visite à l'aquarium.

On n'a vraiment rien fait de particulier ces quelques jours, mis à part être vraiment en vacances et ne rien organiser (ce qui, quand on est nombreux est une occupation à part entière !).

 


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Juillet pointait déjà le bout de son nez quand on a refait les valises, direction les Alpes ! Le ciel bleu est revenu, on a fait des bises au passage, aux grands cousins (tous les quatre aussi pour une fois !) et les gâteaux de la grand-mère (la mienne) étaient là, immuables, comme à chaque passage …

 

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Une fois en hauteur, il a fait beau, et très lumineux. On n'a pas beaucoup marché, encore moins que l'année dernière ... parce qu'on est vraiment rentrés dans la "mauvaise" période pour Manech: trop grand pour être porté des heures durant, trop petit pour marcher "pour de bon". Une fois par terre, il se penche, ramasse des cailloux, nous les tend, en prend d'autres, fait demi-tour, laisse tomber un caillou, en reprend un, repart, quart de tour, regarde une fleur, quelques pas encore, fait mine de nous suivre et puis s'arrête net ... Impossible, quoi. Une fois ou deux, il a vaillamment suivi (et nous a étonné), mais il a deux ans, il ne fait que ce qui lui fait strictement plaisir. 

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Alors la petite sortie des enfants, c'était l'aire de jeux derrière l'église, les balançoires qui volent haut, la fontaine-à-robinet, les boîtes à livres partagés. Quelques courses à la supérette en bas, marcher sur le chemin de la cascade. Moi, j'ai remis mes baskets et tenté de courir un peu ... mais ça monte la montagne (oui oui) ! Tout au plus, une petite boucle au dessus du lac de Saint Guérin, un modeste circuit de "trail", la nouvelle mode sportive du moment: courir sur les sentiers. Ya pas à dire, tout de suite, ça fait pomper le coeur plus fort ! Et puis la balade jusqu'au refuge du Col du Bonhomme, par la crête des Gîtes avec nos amis, ma journée sans enfants... Donc, j'ai quand même un peu marché.

À Arêches, on a récupéré MonsieurPapa, en vacances lui aussi cette fois-ci. Il avait profité de notre absence de Singapour pour multiplier les sorties courses et m'a impressionnée par son niveau de forme physique ... On a aussi refait le tour de Guérinette la goutelette et quelques autres sorties ici et là (dont un petit accrobranche sympathique, un jour de grisaille). Trois petits tours en montagne et puis c'était déjà parti, notre escale alpine m'a semblée de courte durée. D'ici quelques années, quand Manech pourra chausser des chaussures de marche, ce sera une autre histoire (et d'ici là, les autres ne voudront plus marcher !). 

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Un soir d'un formidable orage ...

 

À Arêches, on a aussi fêté l'anniversaire triple de Joseph, Manech et Salomé et ils étaient contents ...


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 Et puis on a à nouveau emprunté une voiture pour une descente vers le Lyonnais, pour revoir nos amis de Shanghai, revoir une partie de la famille, fêter le baptême de Manech. On a beaucoup roulé entre Tassin et Lachassagne, l'endroit là-haut est magnifique, belles maisons, belles pierres orangées et un ciel bleu. J'aurai aimé passer du temps au gîte, parce que quand même, cette table au pied de la grande ferme, sur de l'herbe pas taillée, pour y prendre un petit déjeuner qui se serait éternisé jusqu'a l'heure de la chaleur qui pointe, c'était une de mes idées du paradis.

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Mais il y avait du monde, du monde qui fait plaisir parce qu'il était venu de loin, un peu pour nous, mais finalement aussi beaucoup pour cet esprit familial, parfois bancal, parfois un peu malmené mais qui se rappelle au souvenir de tous dans les moments de fêtes et d'été. Il a fait chaud alors les bouteilles se sont vidées, mais pas les conversations, ils ont dansé et chanté des mots qui ne voulaient rien dire. Tout le monde s'y est mis, c'était une surprise -on n'aurai jamais cru-, mais c'était demandé avec le sourire et pas mal de persévérance, alors on a tous craqué. Le tout tient dans quelques minutes de chanson, des fou-rires, des pitreries familiales qu'on regardera sans doute avec émotion dans quelques années...

Des émotions, on a eu notre dose ce week-end là. Des jusqu'alors inconnus qui nous invitent à leur table (et qu'on a même nettoyé avec plaisir !), cette réalisation que ce petit bonhomme qui était jusque là juste le fils de mes amis sera pour moi unique au monde (et le serrement de coeur qui vient avec), le coeur qui se glace quand je me rends compte de l'absence de Joseph, dans l'église. Cette envie de tout arrêter, de hurler, la lutte intérieur, la contenance, l'espoir, le soulagement. Lui, après quelques grosses larmes et une seule phrase de moi -"On ne t'oublie jamais. Jamais."- a souri d'un sourire confiant et est reparti le coeur léger. Ine-cré-di-bol.

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Avant, pendant, et après, j'ai souffert de voir toute cette nourriture préparée, en trop, certes, mais prête à être perdue une fois les invités disparus. Il faisait chaud en plus, on a bu beaucoup, et peu mangé évidemment. On en a laissé derrière nous et emporté dans des boîtes, pour un pic-nic gastronomique en route (nan mais qui grignote des verrines aux trois saumons avec des olives, de la tapenade, du gazpacho, de la charcuterie en plein cagnard sur un aire d'autoroute pleine de juilletistes ?). Dans le minibus de location, il y avait trois génération, on a fait la route et refait le monde jusqu'au SudOuest. 

Après, c'était quelques jours sans occupation précise. Résultat, on n'a pas arrêté, mais c'est parce que ces enfants-là, ils n'arrêtent jamais. On a remis MonsieurPapa dans le train vers Shanghai (oui, il y avait un ou deux avion entre Lescar et Hongqiao) et ses vacances lui ont paru beaucoup trop courtes. Moi, j'ai profité de la garde d'enfant grand-parentale et enthousiaste pour aller courir comme jamais, parce que le long du Gave, c'est chouette, il fait frais. Les enfants, un an après notre premier passage, ont tout reconnu: la maison, les chambres, le jardin, la cabane de jeux au fond et je crois que j'ai été émue parce que j'ose espérer que nous vivons là les premières vacances d'une longue série qui inaugurera une tradition familiale. Nous sommes encore mobilis in mobile, mais les grands-parents, eux, se sont fixés, et offrent là certainement à leurs petits enfants un modeste ancrage dans l'espace (qu'en feront-ils ? ils le décideront eux-même plus tard).

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À Lescar, Manech a appris à s'extirper de son lit à barreaux (et plus généralement, a perfectionné ses dons d'escalade: c'est un physique cet enfant !). Pourtant, c'est le seul qui n'a pas pu flirter avec la cime des arbres lors de l'excursion d'accrobranche (même s'il a eu droit à un petit atelier pour les tout petits). On a marché le long de l'eau, le Gave, les lacs, à pied et en vélo. Les grands se sont initiés au poney pour une demi-journée, un moment sympa aussi. Et on a soufflé quelques bougies aussi évidemment. Augustine s'est plongée dans la bibliothèque, les plus jeunes ont joué aux kaplas, et puis tout le monde s'est mis à la table de quelques jeux de plateaux (les Colons de Catane, facile pour s'initier !). 

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Au passage, ils ont découvert la peinture en bombe, petit atelier de "graph" à la bibliothèque du coin (non non, aucun rapport) ...

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Quand août a pointé le bout de son nez, on a vite-vite fêté les 8 ans de la demoiselle et on a sauté dans le train vers Paris...

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28 juillet 2017

Et il a eu 2 ans

Et hop, un deuxième tour du calendrier. Il y a un an, nous étions aux Sables d'Olonnes, sur la plage, il y a deux ans, à Shanghai. Entre temps, il en a fait du kilomètre, je crois bien que c'est le plus voyageur de nos quatre petits: 6 pays en 2 années (sans compter les cas particuliers: la Nouvelle-Calédonie et son sui generis) ... À deux ans et un jour, il a sa carte de voyageur fréquent, ça promet.

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Chez lui, c'est nous.

J'ai arrêté de me faire du souci pour les "changements d'air" (devrait-je ?), il s'adapte, il suit, avec bonheur. Tout au plus nous rappelle-t-il qu'il est encore sensible à ce qu'il mange et boit (les reliques des coliques du nourrisson ?) en nous réveillant la nuit parfois, mais il sa dernière pré-molaire est sortie pendant nos vacances, alors on a fêté la fin des douleurs dentaires, youpi ! Un truc qui ne me manquera pas !

MiniMan s'achemine doucement mais sûrement vers un nouvel état, de bébé à petit garçon, coupe de cheveux après coupe de cheveux (oui, ça fait toujours cet effet-là: il paraît nettement plus grand après le passage des ciseaux). Pour le pot, par contre, il suit la trajectoire familiale: à deux, ans, aucun intérêt pour la chose ...

À notre arrivée en France, il ne disait toujours presque rien, sauf un "ya" et un "no" et quelques baragouinages accessoires. Papi avait prédit une explosion de ses compétences langagières (ce qui est souvent arrivé aux enfants lors de ces séjours monolingues). Il ne s'est soudainement pas mis à former des phrases complexes, mais très nettement, il y a du progrès: il répète maintenant volontiers les mots entendus, avec plus ou moins de succès. Par contre, impossible de lui faire dire "oui": par un inexplicable mystère, son "ya" s'est transformé en un très intelligible "yes" pendant nos vacances franco-francophones, et malgré tous nos efforts, il n'en démord pas. On a donc là un enfant qui dit "Yes" (ce qui fait se retourner les gens de la file d'attente à la Poste). Bon, moi qui avait craint un temps que son frein de langue un peu court ne le gène dans sa diction (comme cela avait été le cas pour l'allaitement, au début), je suis soulagée de voir que les consonnes ne posent finalement pas trop de problème (et qu'il est juste un peu flemmard).

Alors ce qui est un peu malheureux, c'est qu'à peine lancé en français, il va devoir se mettre sérieusement à l'anglais ! C'est parce qu'après tous mes efforts de recherche, ce petit Monsieur est donc inscrit dans une petite école du coin, où on lui parlera dans les deux langues. Allez, ça a marché pour les autres, ya pas d'raison. Quelque part, je suis quand même contente que, contrairement à ses grands frère et soeurs, il sera entouré en français un peu plus longtemps et que c'est pas plus mal (parce que, quand même, il ne dit pas "oui" ...).

Pour le reste, c'est un petit gars tout à fait comme il faut, qui adore grimper (et s'y prend plutôt bien ... surtout pour s'echapper du lit pour bébé ...) et surtout n'importe quoi de motorisé (plus c'est gros, plus il aime). En balade en campagne ou en montagne, gare à ne pas croiser un tracteur, une moissonneuse-batteuse ou un engin de chantier: c'est la pause obligatoire et assurée pendant de longues minutes. Il reste absorbé, hypnotisé par la machine, le monde s'arrête de tourner, les parents-rentrez-à-la-maison-j'en-ai-pour-une-minute-comprenez-vous-je-regarde-le-tracteur. Un truc de dingue. Tout y passe évidemment, voitures, moto, trains ... À Paris, récemment, à chaque passage d'un camion-poubelle, d'un camion de pompier, ou du SAMU, c'était l'extase ...

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Merci Béatrice !

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Manech, c'est surtout un grand câlin, souriant et confiant, il aime donner et recevoir des bisous, et je lui en pique en douce, parce que c'est tellement doux et que ça s'en va si vite ...

De temps en temps, il se fait un petit passage "nan mais je veux QUE Maman en fait", mais quand il a besoin de quelque chose, il attrape doucement la première main qui passe pour l'y emmener. C'est de son âge, mais il ne se lasse pas de jouer dehors, de grignoter des fraises et framboises du jardin, de se balader partout. Alors, en France, il gardait toujours ses chaussures aux pieds ou à portée de main, histoire ne jamais rater une occasion de sortir.

Présent d'anniversaire: un premier jeux de société, tout simple tout bête, il faut nourrir le nounours ...

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À deux ans, il rentre dans le club (très très ouvert) des terrible-two's, celui des petites terreurs qui s'effondrent si la chaussure est mal serrée, balancent les assiettes par terre, hurlent leurs frustrations. Il commence aussi (enfin !) à remettre ses frère et soeurs à leur place quand ils sont trop envahissant, à réclamer son dû et protester contre les abus. Que nous concocte-t-il pour la suite ?

Joyeux deux ans, Manech 东风 !

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23 juillet 2017

SaveursD'iciEtd'Ailleurs#9 - Dahl (Inde)

Mais ... on n'a jamais habité en Inde !

C'est exact, on n'a jamais habité en Inde.

Notre aventure avec ce pays et sa cuisine a commencé vers l'année 2007, son épisode le plus remarquable étant celui du contexte de la naissance d'Augustine: MonsieurPapa était à Mumbai quand le travail a commencé, il a eu juste le temps de rentrer vite-vite et d'ouvrir les bras pour récupérer sa petite fille toute fraîche. Quelques mois plus tard, nous étions de mariage à Delhi avec notre Petite, on a mis les saris et goûté à tout.

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Après ça, je n'ai plus jamais remis les pieds en Inde, mais MonsieurPapa a collectionné les visas indiens dans ses passeports, il a parcouru le sous-continent dans tous les sens, il a copiné avec des Indiens de partout, et rapporté, à chaque fois, des épices et des inspirations. Petit à petit, elles ont pris de la place dans notre cuisine et dans nos goûts. 

À Singapour, en 2009, on a réellement découvert cette version singapourienne de la cuisine indienne, puis en Afrique du Sud, berceau de la plus importante communauté indienne immigrée du monde (plus de 150 ans d'enracinement) et sa gastronomie plus diluée.
En Malaisie j'ai goûté à la subtile influence indienne dans la cuisine malaise, qui porte en elle le mariage de l'Inde et de l'Asie du Sud Est, en plus de la "vraie", celle des tamouls du Sud de l'Inde et de toutes les autres influences.
En Chine, c'était plus dur. On avait repéré ce petit restau sans prétention, bien au fond d'une ruelle, où les familles indiennes se pressaient les jours de fête (Deepavali), tout le monde apprêté, mais on a aussi continué à cuisiner, goûter, tester, à la maison. 

Chez nous, le maître de la cuisine indienne, c'est MonsieurPapa. D'où lui vient ce goût des épices, de la chaleur de ces plats, de la profondeur des saveurs et aussi la sûreté de sa main quand il s'agit de les doser ? Si l'on souhaite y croire, ça vient sûrement de ses vies d'avant celle-ci ...

À chaque voyage, il se fait emmener dans des gargottes ou des palaces de la grande cuisine indienne, goûte à toutes les variations, compare, prend des notes, ramène des sachets d'épices, compulse les sites de recettes. Avec ses copains indiens, il s'essaye à des classiques, petit à petit, le dahl en fait partie. Alors moi je n'y connais rien au dahl, je sais juste que c'est bon et facile à faire.
Mon amie indienne de Mumbai (Bombay) me dit que dahl, ça veut (plus ou moins) dire lentille. Du coup, le plat tout simple qu'on fait en les assaisonnant de quelques épices s'appelle aussi un dahl (ou dahl curry). Il va sans dire qu'il y a autant de recettes de dahl en Inde que de mères de famille qui en cuisinent tous les jours. C'est un plat d'accompagnement qui se mange avec du riz, des naans ou une sauce au yaourt à la menthe et à la coriandre (raita, je crois que ça s'appelle, mais je ne suis pas sûre). 

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La petite histoire du dahl chez nous, c'est que, jusqu'au voyage en Nouvelle-Zélande, on n'en mangeait pas tant que ça. Et puis un jour, le petit Manech de 18 mois, sur les genoux lors d'un barbecue avec des amis, a tendu un petit doigt déterminé vers le bol de dahl fraîchement préparé sur la table. On a dit comme ça "Ah mais non, ça, bébé, c'est un peu fort, tu vas pas aimer". Rien du tout, il n'a pas voulu en démordre, il voulait du dahl (que dalle !).
Première cuillère, et puis il en a redemandé, encore et encore, et a fini le bol. Depuis, quand il est grognon, ralou, fatigué, mais que quand même il faut bien manger, il reste le dahl, ça passe toujours. On a donc sur les bras un petit Français né en Chine qui préfère le dahl au jambon-purée (et puis tous les autres trucs indiens, il aime aussi). Allez savoir.

Pour la recette, on a jeté notre dévolu sur celle de Ricardo (un Canadien en plus !), testée et approuvée par nos invités indiens, que je livre ici avec quasiment pas de modifications. L'ingrédient de base est donc la lentille corail, avec des oignons, de l'ail et des épices. Il me semble avoir lu qu'on peut y mettre de la tomate sous forme de coulis ou de tomates en boîte. 

★ ★ ★ Recette du dahl ★ ★ 

Ingrédients: 

  • 5 mL (1 c. à café) de paprika

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Préparation:

Dans une casserole, faire dorer l’oignon dans le beurre. Saler et poivrer. Ajouter l’ail, le gingembre, les épices et cuire 1 minute en remuant. Ajouter l’eau, les lentilles et porter à ébullition.

Laisser mijoter doucement, à découvert en remuant fréquemment, environ 20 minutes ou jusqu’à ce que les lentilles soient très tendres. Retirer les morceaux de gingembre. Rectifier l’assaisonnement.

On peut servir avec du riz basmati et garnir de raïta (ou de yaourt). C'est surtout très bon avec des feuilles de coriandre ou un trait de jus de citron vert. De manière générale, c'est bon avec une pointe d'acidité ou de fraîcheur, qui contrebalance très bien la texture un peu pâteuse du dahl. La texture finale, justement peut varier énormément en fonction des goûts: d'un liquide presque soupe, à une purée un peu compacte, pas d'erreur possible, c'est comme on veut. 

Bon appétit !

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18 juillet 2017

6 ans, Joseph Madiba

Il a depuis le début de cet été l'invariable sourire troué des petits nouveaux de l'école primaire ...

Alors voilà le "petit Joseph" a 6 ans, il n'est plus si petit. Quand je marche derrière lui, en montée sur les sentiers d'alpages, je vois ses petits mollets un peu secs qui se dessinent, il pèse maintenant un poil plus lourd que sa plus jeune grande soeur, mais elle le bat encore de quelques centimètres (ouf ! l'honneur est sauf). 

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Il reste quand même le "petit Joseph", celui qui ne perd pas une miette de ce que disent ses soeurs, qui veut toujours participer aux jeux et aux activités. Il aimerait bien que je l'inscrive aux petites courses à pied pour enfants mais ce n'est pas toujours possible (pourtant, comme Augustine, il court vite). À l'école, il est celui qui veut toujours aider la maîtresse, cette impérieuse exigence mène parfois à des frictions avec ses copains, quel paradoxe. Lui qui a besoin de temps pour sortir les bons mots est souvent pris de vitesse par ses soeurs au verbe plus leste, alors il s'offusque, monte le ton, crie son injustice qu'on ne le laisse pas finir. 

Avec Augustine, les étincelles volent encore souvent: ils aiment tous les deux être les premiers, les plus rapides, les préférés. Le premier garçon et la première fille, quoi de plus normal finalement ? Parfois quand même je surprends un éclat de connivence, un moment de complicité dans une activité ... juste avant que ça explose, comme si cet esprit de compétition les liait un peu quelque part ... Salomé ne comprend pas ça ...

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Joseph, il est entier, il est toujours un peu "brut de décoffrage": J'aime ou J'aime pas, il ne sait pas cacher ce qu'il pense (et des fois, je me dis que c'est sans doute mieux comme ça ... il aura bien le temps d'apprendre quelques ficelles d'hypocrisie plus tard). Ses quelques tentatives de dissimulation (d'une menue bêtise, souvent) sont comiquement vouées à l'échec: ça se lit sur son visage ! Note pour plus tard: lui apprendre à jouer au poker ...
Il réagit souvent énergiquement à l'injustice, telle que perçue, ce qui donne des montées en volume impressionnantes et des redescentes tout aussi rapides. Il ne sait pas encore sentir quand il est fatigué, ou quand ça devient trop, même s'il y a du progrès, petit à petit. Des fois, j'aimerai qu'il soit comme ses soeurs, capable de s'occuper (longtemps) sans trop bouger. Mais la vérité est là: il a besoin de mouvement, de sortir, de bouger, de se dépenser ... et de s'écrouler de sommeil dans la voiture au retour. 

Il a aussi besoin qu'on l'aide à voir clair en lui, à tirer des enseignements des expériences passées, il vit encore complètement dans le présent, alors se poser et analyser, prendre son temps, prendre soin des choses, c'est pas facile. Il est exigeant avec ses parents parce que souvent, on n'a pas envie de lui donner trop de responsabilités, alors que justement, c'est lui qui en a le plus besoin. Quand on n'est pas dans le peloton de tête des aînées, il est facile de souffrir d'être "le petit" à qui on ne confie pas grand chose parce que "les grandes peuvent bien le faire". Il nous crie souvent (silencieusement) de l'admettre dans le club des grands, de lui faire confiance, de prendre des risques avec lui avec la préparation et la considération qui conviennent. Mais on y travaille ...

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Il aime toujours autant le goût sucré, les jus et les gateaux, les fruits, qu'il peut engloutir par kilos (cet été, les abricots !). À cet égard, il est encore tellement petit: il a du mal à attendre pour manger, alors il faut la jouer stratégique, le mettre à contribution pour aider au repas, et c'est son grand plaisir.

À six ans, il adore faire du vélo (son cadeau de Noël qu'il a eu la patience d'attendre quatre mois) et grimper sur les structrues de jeux, lancer des cailloux dans les lacs, arroser les plantes (c'est une graine de jardinier cet enfant-là, c'est sûr !), faire dégringoler des gravillons sur les pentes. Il aime feuilleter ses Tralalire, faire des rimes, mais les coloriages, ça l'ennuie: alors il déborde ... D'ailleurs, les dessins, c'est pas son truc non plus.
À l'école cette année, il est tombé sur un instit' australien, jeune, débordant d'énergie, qui m'a dit en mars (début de son "année scolaire") "On va le prendre là où il est et tout ira bien". Et c'était super. Il a fait des accrostiches alors qu'il sait à peine écrire, a appris ce qu'était la friction et plein plein d'autres choses, il a grandi et appris, il est rentré ravi (presque) tous les jours, et moi ça me suffit. 

À l'école (et à la maison, en français), il apprend doucement la lecture, le déclic est fait, mais je vois bien qu'il doit prendre son temps. Il aime ses petits cahiers de travail, recopier des mots et depuis peu, il s'entraîne à l'écriture cursive, c'est chouette de le voir progresser tranquillement. Six ans, c'est l'âge merveilleux où ils veulent tout savoir, tout comprendre, où il faut tout expliquer, tout le temps. Épuisant, mais j'adore. L'année prochaine, il sera en Year 2 (équivalent CP), évidemment, il a plus que hâte d'y être ...

Cette année, il a eu droit à un anniversaire doublement fêté, le premier étant en fait un "anniversaire triple", partagé avec Salomé et Manech, histoire de profiter de la présence de Papi et Mami à Arêches (est-ce que ça lui fait donc un tiers d'anniversaire ?).

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Et puis le 18 juillet, le Mandela Day, dans le SudOuest, il a eu son petit gateau pour lui tout seul et un cadeau fort encombrant (le genre que je ne mets pas dans la valise pour le retour, mais qui a eu beaucoup de succès).

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(et la mise à contribution du grand-père pour le montage ... mais qu'il est fier !)

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Joyeux 6 ans, Joseph Madiba !

Posté par Annelleme à 23:10 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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