Dix pieds sur Terre

01 janvier 2017

2017 Extra-ordinaire

Voeux_2017

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22 décembre 2016

SaveursD'iciEtd'Ailleurs#7 - Le biltong (Afrique du Sud)

Je ne sais pas si en partant en Nouvelle-Zélande on s'est rapprochés de l'Afrique du Sud (géographiquement, je veux dire). Le fait est que quand on arrive dans un endroit où tout est nouveau, on a ce besoin instinctif de se raccrocher à quelque chose de connu. Même en se le défendant, on compare (mentalement), on tâtonne, on fait des rapprochements. Ça rassure, ça guide. Normal quoi.

Et ici, le plus proche que l'on puisse trouver dans notre catalogue d'expériences culturelles, c'est l'Afrique du Sud. Pour la septentrionalité, le climat, peut être ? L'accent des gens d'ici est unique, je crois bien, mais il y a, comme en Afrique du Sud, un côté "britannique gouailleur". Il y a la présence culturelle indienne (et la gastronomie qui va avec, miam !), l'effet "grands espaces naturels" et le fait que les gens d'ici en soient fiers et aiment en profiter. Il y aussi (mais c'était spécifique à notre région du KwaZulu Natal) une décontraction et une cool-attitude des gens, qui fait s'arracher les cheveux des étrangers ici, et puis aussi évidemment les enfants qui vont pieds nus partout dehors sans que ça ne choque personne (ça c'est le plus marquant). Bon, c'est sans doute à peu près tout, mais ça suffit comme bouée de sauvetage pour les premiers jours.

Et puis, sur la route d'Auckland à Whangarei, il y a ce magasin sur la SH1, toutes bannières arc-en-ciel au vent, comme un îlot sudaf au milieu de l'île kiwie. Dedans, je n'y suis pas rentrée, mais MonsieurPapa, forcément, à force de passer devant à chaque virée à Auckland pendant notre séjour à Matapouri, il a fini par faire une petite razia pour nous ramener du biltong et nous rappeler le bon (pas si vieux) temps de notre Afrique du Sud.

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Et sur la photo, le détail tout spécial comme une mise en abîme linguistique: le mot "lekkerr", mot afrikaner qui signifie "délicieux", emprunté au néerlandais, où il est omniprésent (tout peut être lekker: un sorbet, la météo d'un dimanche après-midi, la jupe d'une jolie fille ...).
Encore un truc que j'ai emporté avec moi: quand je goûte quelque chose de bon, j'ai toujours envie de dire "lekker" ...

Parce que là-bas, la viande, c'est sacré, ils ont élevé le barbecue au statut de religion (le fameux braai), et le biltong, c'est leur péché mignon. Le biltong, c'est ces petits morceaux de viande crue séchée, du boeuf la plupart du temps, mais on trouve aussi du gibier (autruche ou antilope). Ils sont souvent très simplement assaisonnés d'épices (poivre, graines de coriandre ou piment). À chacun ses préférences, le biltong peut être plus ou moins sec (jusqu'à demander une mastication presque fastidieuse !), plus ou moins épicé, il y a des gros, des petits morceaux et même des sticks.

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Je ne suis pas une grosse mangeuse de viande (très loin de là) mais j'avoue que j'avais fini par m'habituer à grignoter ces petits en-cas riches en protéines et pas trop sucrés. Jusqu'à ce que le biltong devienne presque incontournable dans notre grocery list et un de nos trucs préférés en Afrique du Sud... et qu'il soit abandonné une fois le pays quitté, faute d'approvisionnement adéquat. Il me semble bien que ce ne doit pas être si compliqué à faire soi-même, avec de bonnes conditions ou même un petit séchoir alimentaire (un truc que peut-être, je m'offrirai un jour si on finit par s'installer durablement et que j'en ai encore envie ...).

Le biltong me fait toujours l'effet d'une expérience un peu rustique, presque sauvage: juste de la viande, quelques épices, du vent, du soleil, du temps, back to basics, quoi. Grignoter de la viande séchée, c'est pour moi l'anti chicken nuggets, le truc industriel récemment inventé, transformé au delà du reconnaissable, qui s'avale en vitesse, sans se goûter, presque sans se mâcher. Et puis, le biltong a beau être un "snack", on ne peut pas en manger des kilos non plus, alors c'est juste bien.

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Alors dernièrement, j'ai re-mangé du biltong et ça m'a fait comme un petit saut bizarre dans l'espace-temps, comme d'hab', quand je regoûte quelque chose qui est lié à une époque révolue. Immanquablement, un peu comme le rooibos, le biltong me rappelle les game drives, les couchers de soleil dorés, la poussière, les magasins Woolworth, et beaucoup d'autres souvenirs. Depuis, quand on en trouve quelque part et qu'on est à peu près sûrs qu'il ne va pas nous décevoir, alors on s'en prend un petit paquet, juste un petit peu, pour entretenir tout ça ...

13 décembre 2016

Gazouilli du jour: Christmas bucket list

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(pour un Noël immatériel)

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09 décembre 2016

Joseph, les lettres et l'écriture (à l'école et à la maison)

Joseph, 5 ans et demi, est le seul de mes grands enfants à n'avoir pas abordé l'apprentissage des lettres et de la lecture/écriture en suivant une approche Montessori. Il a quitté son jardin d'enfant Montessori de Kuala Lumpur à l'âge de 3 et a commencé la petite maternelle (Pre-school) puis la moyenne (Pre-Kindergarten) dans une école internationale de Shanghai. Il a eu deux bonnes maîtresses, enjouées, amicales et pleines d'énergie, qui ont redoublé d'effort pour chacun de leurs élèves. Quelle “méthode” d'apprentissage ses maîtresses ont-elles suivi en ce qui concerne l'alphabétisation ? Je n'ai jamais vraiment compris (l'école était accréditée PYP, dont j'avais un peu parlé ici, mais cela ne s'appliquait que pour les classes de Kindergarten et de Primaire). Étant Nord-Américaines toutes les deux, peut-être ont-elle suivi une progression "comme là-bas" ?

Toujours est-il que j'ai vu une nette différence dans la façon dont l'alphabétisation (les sons, les lettres, la lecture etc …) était abordée dans cette école et l'approche Montessori qu'on suivi les filles à Umhlanga (ZA) et Kuala Lumpur (MY).

Et (bien sûr que je suis biaisée), ce n'était pas en la faveur de “l'autre” … J'ai trouvé tout ça brouillon, sans rigueur et sans motivation pour l'enfant. Mélange des sons et noms des lettres, des majuscules, des minuscules, peu (très peu) de travail phonologique préalable et de correspondance sensorielle (“je vois, je trace, je dis le son … ou au moins le nom de la lettre”). Régulièrement, la maîtresse vérifiait l'avancement de ses connaissances (en testant sa capacité à reconnaître les lettres sur un papier), et au fil de l'année, il se souvenaient de certaines, en oubliait d'autres, c'était très inconstant. Il y avait peu d'incitation à l'écrit et pas de constance dans la progression (apprentissage de l'écriture d'un son, validation, construction par-dessus, etc). Résultat, quand il a quitté l'école en juin dernier, il était loin d'être "entré" dans l'écrit, les lettres ne l'intéressaient pas, même s'il répétait qu'il apprendrait à lire "bientôt".

Pourtant, même si d'autres enfants de sa classe (et de son âge !) étaient bien plus “avancés” que lui dans ce domaine, je n'ai jamais été inquiète: il a eu beaucoup d'autres choses plus urgentes (et importantes ?) à absorber ces deux dernières années. Changer de pays à l'âge de 3 ans, se mettre au chinois au passage, recevoir son petit frère un an plus tard et gérer ses montagnes russes émotionnelles … Il a toujours aimé adoré feuilleter des livres et encore plus qu'on lui lise des histoires. Il n'allait pas terminer analphabète. Mais quand même, à 5 ans, il semblait très peu intéressé par la chose, sauf à quelques moments, à la maison, un peu "sans suite", et je trouvais ça un peu dommage ...

Depuis juin dernier, il ne va plus à l'école. Pendant notre séjour français, il a rempli avec enthousiasme un cahier de vacances, mais avait une sorte de réaction épidermique dès qu'il s'agissait de lettres et évitait soigneusement tout ce qui concernait la lecture.

Prévoyant la suite (instruction en famille durant notre séjour en NZ), juste avant de quitter la France, j'ai été me fournir en cahiers de travail et j'ai bien galéré pour lui trouver quelque chose qui lui convenait.
Entre les méthodes de travail “traditionnelles” (par exemple Bosher, pour ne pas la nommer), que j'avais testé en dilettante avec les filles et que je n'ai pas aimé du tout (pourtant, elles ont à nouveau le vent en poupe, il parait), les cahiers “de marque” avec les personnages à suivre, mais peu de profondeur pédagogique derrières, des méthodes à progressions bizarres ou inadaptées à un travail “à la maison”, j'ai cru me décourager.
Pour ses soeurs, je n'avais presque pas utilisé de support papiers, j'ai un alphabet mobile, des lettres rugueuses Montessori, des cartes-lettres, et tout un tas de matériel plus "concret" qui me semble plus adapté à un enfant qui a besoin de toucher et de bouger. Mais, depuis presque 6 mois que nous vivons dans nos valises, il était hors de question que nous transportions tout ça ...

Sans parler du fait qu'en France, à ce niveau, il me semble qu'on apprend à écrire en cursif (lettres attachées) et/ou en majuscule d'imprimerie (pourquoi ce mélange bizarre), alors que dans les systèmes/pays anglophones, on commence en “lettres rondes” (script) exclusivement. Et je trouve qu'elles sont bien plus faciles à tracer (par rapport aux cursives) et “prêtes à l'emploi” pour des exercices d'écritures futurs (contrairement aux majuscules d'imprimerie). La problématique "cursive-FR / script-EN" est un peu une constante chez nous, sa grande soeur avait découvert la chose là-bas. Au vu de son manque de motivation à l'écriture, du fait qu'il allait très certainement continuer en lettres rondes et puis qu'il y était déjà (un peu) sensibilisé, j'ai donc cherché un support de travail qui utilisait en priorité cette écriture.

Alors forcément, avec un cahier des charges aussi restrictif, c'était pas gagné.

Je lui ai finalement pris un cahier de travail multi-matières de préparation au CP (donc, en gros Grande Section) et un livre avec des cartes de lettres qui correspondait presqu'exactement à ce que je cherchais: une approche phonique des lettres présentées en écriture ronde. Les lettres sont vaguement “personnifiées”, présentées avec une petite phrase qui aide à la mémorisation du son. Il manque le tracé, mais les lettres sont  épaisses alors c'est facile de suivre avec le doigt … 

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En apparté: ce bouquin, en fait, est vraiment très bien, et en l'absence de mes supports d'apprentissage usuels c'est le plus proche que j'ai pu trouver de "l'esprit Montessori". Les lettres sont clairement identifiées par leur son, le tracé est net et exact. Pour chaque lettre, on propose à l'enfant des mots évocateurs pour se rappeler du son (le "i" est tout riquiqui, le "l" est long et lisse, il coule comme de l'eau, le "t" tape etc ...), avec des dessins imagés sans être trop tarabiscotés ou noyés dans un scénario compliqué (ce qui est le cas dans la méthode des Alphas, je trouve). On propose aussi à l'enfant une gestuelle associée à chaque lettre, ce qui se rapproche de l'approche Borel-Maisonny, et qui est intéressant car certains enfants seront plus sensible à un mouvement global. Clairement, ce bouquin -trouvé par hasard dans une librairie- était exactement ce qu'il nous fallait !

Parce que quand nous avons pris à bras-le-corps l'étude des lettres et leurs sons, la mémorisation, c'était là où ça pêchait: Joseph n'arrivait pas à se souvenir des lettres. Je crois qu'il ne voyait pas vraiment l'intérêt de la chose, même s'il faisait des efforts visibles pour s'en souvenir. Il mélangeait (et mélange encore parfois) la notion de son, de lettre, de syllabe, de mot etc … (et dans les deux langues, en plus !). Cela semblait vraiment être trop abstrait pour lui...

On a donc persévéré, un peu laborieusement des fois, en collant les cartes sur les murs des maisons où nous restons, en impliquant le reste de la famille, à travailler la mémorisation des lettres (image/son/tracé), tout en continuant ces exercices de phonologie (le son initial “I spy with my little eye” en version française, trouver des rimes, le jeu "J'entends/je n'entends pas" etc …). Et on continue toujours car il hésite encore parfois, même s'il maîtrise maintenant la grande majorité des lettres de l'alphabets. Mais surtout, il semble avoir vaincu une espèce de "blocage" qu'il avait sur les lettres, il n'a plus peur de tracer (même de travers), il nous fait fréquemment remarquer les similitudes des sonorités dans les mots qu'il prononce, tente d'épeler des mots inconnus (dans "rafting", j'entends "r", et puis "a" etc ...): c'est le signe qu'il est prêt. Et, encore plus: il va pouvoir commencer ce qui est réellement une partie de plaisir: écrire et lire !

Pour Salomé, l'étincelle avait pris ce jour-là, je m'en rappelle comme si c'était hier.

Pour lui, c'était la semaine dernière, lors d'un exercice de son cahier “classique”, dans lequel il devait choisir les bonnes étiquettes des 3 syllabes pour écrire le mot “tomate”. Une sorte de version syllabique de la dictée muette, avec un mot un peu complexe quand même pour commencer. On a sorti les cartes de lettres, je lui ai expliqué comment les lettres se collaient les unes aux autres pour faire des syllabes, et il a eu l'air de saisir le principe. Il a assemblé les cartes-lettres ensemble, choisi les étiquettes-syllabes correspondantes et a débordé de fierté quand j'ai dis comme ça: “Tu viens d'écrire le mot tomate”.

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Depuis ça, il commence à manipuler des syllabes pour écrire des mots simples. Je lui fait des petites cartes, et il les assemble. Tout comme dans la progression Montessori, je différencie le travail de "word building" (construction de mots), qu'il fait avec des lettres déjà écrites, parce que c'est un travail principalement intellectuel, et l'entraînement au tracé des lettres, qui est un travail principalement moteur. L'idée étant de permettre à ces deux composantes de l'écriture de se développer en parrallèle sans que les difficultés de l'une viennent perturber le progrès de l'autre. Une fois qu'il sera plus à l'aise, il les associera naturellement.

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Le plus important, je trouve, c'est qu'on voit très clairement qu'il acquiert cette confiance en lui qui lui permet de "tenter" des choses, de s'en croire "capable". Il ne faut pas grand chose pour faire voler en éclat cette croyance qu'on ne peut pas faire ci ou ça, car on est trop petit, ou qu'on ne sait pas.
Il suffit juste d'une petite fois, d'y aller à petits pas, en ne mettant jamais l'enfant en situation d'échec assuré (un des principes de Montessori) ...

Alors, oui, c'est pas grand chose au regard du grand ordre de l'univers. C'est juste un petit progrès, comme il s'en passe des millions chaque jour. Mais pour lui (et pour nous), ça compte, et on est très fiers de lui !

24 novembre 2016

Turangi, première sortie rafting

Turangi, c'est l'endroit rêvé pour pêcher la truite. On peut visiter le National Trout Center, petit musée entièrement dédié à l'histoire de l'importation de la truite arc-en-ciel pour les besoins de la pêche sportive et tout savoir sur l'élevage de la bestiole (qu'on peut pêcher tout son saoul avec un permis mais que nulle part on ne peut consommer ou acheter pour consommer). L'endroit est bien fichu et les gens sont sympas. 

Quand on se promène près de la rivière, on voit un certain nombre de pêcheurs, dans l'eau jusqu'aux cuisses ou jusqu'à la taille, leur fil tout fin à la main et on a envie de s'arrêter longtemps pour les regarder. Pour moi, n'importe quelle image de pêche à la mouche dans ce genre d'environnement me fera immanquablement penser à ce film "Et au milieu coule une rivière", visionné et étudié en classe de français au collège (4ième ?). Je ne sais pas pourquoi, ya des choses qui marquent (en plus, je l'ai revu récemment sans le trouver profondément marquant, même si clairement, certaines images sont belles). Bref. À Turangi, c'est la truite et la pêche à la mouche.


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Comme parfois, quelques touristes s'y perdent, il y a quand même un ou deux endroits où on peut faire d'autres activités touristiques. Le panel de celles-ci est réduit, évidemment, mais ça tombe bien, parce que quand on voit qu'on peut emmener les grands enfants dans un canot gonflable descendre un bout de la jolie rivière et qu'en plus, on ne croise personne que des pêcheurs à la mouche (voir plus haut), et bien on n'hésite pas longtemps. 

Que dire à part que ce fut un grand moment de plaisir ? Un gars sympa qui me raconte plein de trucs sur son pays, un soleil qui réchauffe, des paysages riants, la rivière pour nous tous seuls, quelques rapides pour faire rire les enfants d'excitation, un petit saut dans l'eau (glacée !!!!), c'était une belle sortie, assurément.

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En rentrant à la maison, MonsieurPapa et les enfants ont testé rapidement une petite trempette dans la source chaude du coin (pour conjurer la température de l'eau de la rivière ?), et puis on a pu saluer le massif du Tongariro presque complètement dégagé ...


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23 novembre 2016

Trampin'NZ: Ohakune Old Coach Road (Tongariro National Park)

La Ohakune Old Coach road est une balade qui se fait principalement à vélo, en louant des VTT à Ohakune et en se faisant rechercher à l'autre bout. Avec nos bambins dans la roue, impossible de rouler: pas de carriole disponible et les vélos “pour enfant” étaient trop grands pour nos deux moyens enfants.

Mais ce jour-là, il faisait un temps magnifique, ça aurait été dommage de renoncer. Alors on est juste partis à pied faire le petit bout jusqu'au Viaduc de Hapuawhenua.

La Ohakune Old Coach road, comme son nom l'indique, est une section d'une quizaine de kilomètres empruntée par les voitures à chevaux entre 1906 et 1908, avant que la ligne de chemin de fer Nord-Sud ne soit finie, qui relie Ohakune a Horopito en passant par le Tongariro National Park. Laissée à l'abandon pendant une centaine d'année, elle a été réhabilitée au début du siècle et est maintenant fonctionnelle pour des randonnées à pied ou à vélo.

Le chemin est facile (mais pas tout à fait plat !), il passe par de jolis points de vue sur la campagne environnante, des forêts de fougères arborescentes avec des panneaux explicatifs du contexte historique (le développement des transports dans cette région il y a un siècle).

L'arrivée au Old Viaduct est impressionnante. Une fois dessus, on s'est pris pour des petits wagons, on a compté les poutres, on a regardé l'autre pont (Hapuawhenua Viaduct) construit pour soulager le premier qui montrait des signes de faiblesse.

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Ohakune Old Coach Road: Tongariro National Park (Centre de l'Ile Nord) - 16km aller simple faisable a pied ou en VTT (dans les deux sens)

Départ: Marshalls Road, Ohakune

Arrivée: Matapuna Road, depuis la SH4, Horopito 

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22 novembre 2016

Un mois à Raetihi (et autour)

Alors on est restés presqu'un mois à Raetihi. Ne cherchez pas l'endroit dans un guide touristique: il n'y a rien à faire à Raetihi. C'est sans doute pour cela qu'on y est allés, d'ailleurs.

Il faut passer à l'ouest du lac Taupo, se trouver bien seul sur des routes qui serpentent, passer le majestueux Mont Ruapehu et les panneaux indicateurs de balades prometteuses avant d'y arriver. La route est bordée d'extravagants massifs de genêts en fleurs, on navigue dans un océan de fleurs jaunes, c'est fantastique (et je n'ai pas une seule photo décente ... snif).

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La route principale traverse le village, large et rectiligne. De part et d'autre, des magasins abandonnés aux devantures poussiéreuses. Il y a quand même un Four Square bien peu fourni en légumes frais et un dairy qui fait aussi location de DVD et devant lequel traînent souvent des jeunes gens un peu désoeuvrés. On se doute bien qu'on n'est pas vraiment dans un patelin très favorisé: il y a des panneaux en bois peints qui disent “Family violence is not OK”. Notre maison, un peu en retrait, était vaste avec un jardin un peu en pente à l'arrière. Les voisins écoutaient souvent de la musique forte dans leur voiture garée devant leur maison, en bois, elle aussi. On nous a prévenu à l'avance: ne pas trop laisser la poubelle traîner sur le trottoir après la ramasse du lundi matin: elle risquerait de disparaître … Autour de nous, beaucoup de maisons vides, aux jardins encombrés de pneus, avec parfois quelques moutons autour.

Notre maison, disais-je, était bien grande comme il faut, avec une cheminée qui ne tirait pas bien, mais trois chambres et plus de lits que de personnes à dormir (et même un lit à barreaux pour bébé !). En fouillant dans ce qui servait de buanderie, j'ai déniché, au milieu de planches de bois d'usage indéterminé, d'une énorme hache (pour fendre les buches de la cheminée ! J'ai essayé, j'arrivais à peine à la soulever !), de planches de snowboard tout à fait fonctionnelles, j'ai déniché donc, une chaise haute pour bébé et une poussette avec des grosses roues. Il n'en fallait pas plus pour que nous décidions que cet endroit convienne parfaitement comme maison de 1-mois (malgré un standard de propreté un peu limite à l'arrivée et l'isolation plus que moyenne).

Quelque part devient votre chez vous quand vous vous rappelez de sortir les poubelles la veille du jour convenu, que vous ne cherchez plus les couverts en ouvrant tous les tiroirs, que les voisins ne vous regardent plus avec méfiance …

Dans cette maison, on a travaillé et cuisiné à la grande table de la cuisine, je me suis battue avec la cheminée (les quelques jours de grandes fraîcheurs), on a continué la bataille contre les poux engagée quelques semaines plus tôt (et j'ai coupé au passage, les cheveux d'Augustine dans le jardin). On a testé (et approuvé !) une configuration de chambrées inédite: les filles d'un côté, les garçons de l'autre (parce que Manech commence à dormir des nuits décentes et qu'on a dit stop au biberon de la nuit). 

On n'a pas travaillé qu'à la table de la cuisine: j'ai trouvé quelques sites internet gratuits pour faire travailler à Joseph la reconnaissance des lettres et des chiffres et quelques jeux "de travail" (pour mémoire: logicieleducatif.fr et toupty.com)

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 Dans la bataille contre les poux: on a joué aux "plastic heads" (pour les étouffer, gniarf gniarf gniarf !)

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Les enfants ont voulu réaliser une recette vue dans un de leurs magazines: un concombre-crocodile ... Travail d'équipe et de débrouille: il leur manquait quelques ingrédients. Je les ai laissé libres, ils ont improvisé, ils étaient très fiers de leur réalisation. Un beau moment.

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On a reçu une petite visite aussi, de nouveaux amis, rencontrés par hasard dans la file d'attente du test d'anglais quelques semaines plus tôt, et avec qui nous partageons de rigolotes coïncidences: anciens voisins de Shanghai, ayant lâché leur contrat chinois pour voyager un peu en France et puis s'installer en Nouvelle-Zélande, avec leur petit gars, presque jumeau du nôtre (le petit dernier). Pas de chance, il a fait un temps à ne pas mettre un bébé dehors pendant leur visite, mais la chaleur humaine et la franche rigolade ont bien compensé ...

Avec nos visiteurs, on a quand même bravé la pluie et refait la Ohakune Old Coach Road jusqu'au viaduc (avec la poussette, cette fois-ci) et c'était drôlement sympa. Joseph adore pousser son petit frère !

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Les jours de pluie ou de froid, on a farfouillé dans les placards, dénichés des perles de cassettes vidéo (et il a fallu expliquer le concept du rembobinage aux enfants ... grand moment !), de livres pour tous âges, de jeux et même de puzzles d'encastrement en bois pour Manech (sans rire, ces gens -un couple gay sans enfants- sont mieux équipés que nous pour accueillir des bébés !).

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Durant notre séjour, j'ai aussi soigné Manech qui a fait une petite roséole (et le pic de fièvre qui va avec, mmmmh). J'ai aussi passé du temps en maman-solo, parce que les impératifs de recherche d'emploi de MonsieurPapa l'ont mené loin de Raetihi et j'ai un peu ruminé en anticipant un futur moins riant que dans mes rêves. En un mois, quand on est ni vraiment de passage, ni vraiment d'ici, beaucoup de choses peuvent se passer, beaucoup de questions, beaucoup de peurs et d'espoirs. 

Pour les sorties, évidemment, on n'est pas vraiment restés à Raetihi. Non, on est allés d'abord au patelin paumé le plus proche: Ohakune. Là-bas, il y a une supérette un peu plus grande, un i-Site et même une bibliothèque ! Les jours de pluie, ça sauve … Sinon, yavait les éternelles aires de jeu, avec ou sans compagnons improvisés...

13-12-16 - Raetihi

 

Ah, les aires de jeux ... on pourrait en écrire des pages ! Parce qu'ici, il y en a partout. Mais partout, quoi. Pas un bled qui n'aie pas son toboggan, sa balançoire (une version pour bébé, une version pour plus grand), son machin à grimper, sa tirolienne, sa structure en bois, en chaînes, en cordes, en pneus ... Les plus basiques sont déjà plus que décentes, je trouve. Des fois, c'est des énormes structures avec des formes tarabiscotées, sur lesquelles les enfants grimpent, glissent, se balancent dans tous les sens. Je vois déjà que nos enfants deviennent exigeants quant aux playgrounds que nous croisons sur notre chemin, et oublient qu'il n'y a qu'ici qu'on trouve de tels espaces de jeux à tous les coins de rue et en libre accès !

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On a profité de la région, qui est un must pour les sports d'hiver (d'où le caractère un peu désertique du coin en cette saison), on a marché (la Ohakune Old Coach Road, et d'autres à venir). On a été faire un tour à Turangi et Taupo, pour les joies des eaux vives, à Rotorua pour un peu de visites géothermiques et Waitomo, parcourir des grottes et s'émerveiller des vers luisants dans le noir ... 

Pendant ce séjour près du Parc National du Tongariro, j'ai aussi maudis jusqu'à la septième génération le sort (ou alors ces gens importants, ces décideurs, là-bas, si loin ?) qui m'ont empêchée de partir marcher ma rando rêvée, quatre jours dans la montagne (le Tongariro Nothern Circuit), et toutes les conséquences des décisions de ces décideurs ... À la place, j'ai fait la version courte: l'Alpine Crossing (récit à venir), un peu parce que j'en avais quand même envie, malgré le monde et la météo peu avantageuse, un peu aussi pour conjurer le sort.

Finalement, heureusement qu'elle était solide cette maison-pas-chère-dans-un-patelin-paumé: elle a abrité un peu de nos vies, des beaux moments, des progrès, mais aussi du moins bon, du vent-qui-tourne, des questions ... et quelques réponses ?

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21 novembre 2016

Hamilton: Gardens et nuit à la ferme

Alors quand on a quitté Matapouri pour rejoindre le plateau central, on est passé par Hamilton, parce qu'il y a là-bas une amie que je croise régulièrement sur plusieurs continents (Europe, Asie, Océanie), alors forcément ... Je connaissait deux de ses trois enfants, ils ont bien grandi depuis la dernière fois, alors avec toute notre marmaille, on a été leur rendre visite, on a papoté et papoté, avant d'aller arpenter les jardins de Hamilton.

Ces jardins, ils nous emmènent loin et tellement bien que des fois, j'ai oublié où je me trouvais ! En Italie ? En Chine ? En Inde ? Les enfants ont couru dans tous les sens avec leurs nouveaux copains, les Papas se sont bien amusés aussi avec les ballons (au risque d'en perdre un sur une pergola ...). L'après-midi est vite passé, alors on s'est dirigés vers le Gourmets Gardens pour une pic-nic party sur une pelouse très verte, à grignoter de petites choses délicieuse avec plein d'inconnus autour.

Il va sans dire que le temps du week end est vite passé, surtout qu'il faisait fort beau ...

A Hamilton, nous sommes aussi restés une paire de nuits dans une ferme du coin, et les enfants sont allés voir les vaches de bon matin, pendant que je re(re-re-re-re-re)faisais les valises.

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Ensuite, on a filé, cap au Sud, vers le Plateau Central de l'Ile Nord... À suivre...

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18 novembre 2016

Kiwi release à Matapouri

Sur la route de Whangarei à Matapouri, j'avais repéré ce panneau qui annonçait un “kiwi release”, tel jour à tel endroit. Forcément, j'ai cherché à en savoir plus...

En allant au Kiwi North à Whangarei, j'avais appris qu'un des moyens de lutter contre la disparition des kiwis (oiseaux), c'était de récupérer les oeufs dans la nature (très vulnérables puisqu'au sol), de les incuber et de garder les jeunes jusqu'à ce qu'ils soient assez grands et gros pour ne plus représenter une proie (trop) facile et ainsi maximiser leurs chances de survie et de reproduction. On les garde dans un environnement le plus proche possible de leur milieu naturel et puis on les relâche.

L'opération de relâchage en elle-même ne nécessite rien d'autre que d'ouvrir une boîte au crépuscule (on choisit la zone, mais une fois libres, ils se déplacent souvent sur de grandes distances avant de décider de s'installer quelque part), mais la stratégie des organismes de protection est aussi de sensibiliser le public à la cause. En effet, les chiens (domestiques) sont responsables de beaucoup de morts de kiwis, et si l'adhésion des néo-zélandais est acquise, il faut leur coopération pour contrôler leurs chiens, surtout en zone rurales (chiens de fermes, etc …).

Donc, on organise un petit évènement dans le jardin d'une guesthouse du coin (sans petits fours, faut pas pousser, mais avec des p'tites choses à grignoter pour les enfants), on invite quelques personnalités locales, on fait un peu de pub sur les réseaux sociaux, et c'est parti

Ce soir-là, il faisait un temps génial (doux et lumineux), il y avait pas mal de monde (j'ai trouvé, mais je suis novice, alors ...), surtout des familles avec des enfants de tous âges qui couraient pieds nus entre les arbres du beau jardin tout vert pendant les discours des bénévoles. C'était le moment de rappeller la responsabilité de l'homme dans son milieu, de toucher un peu la fibre patriotique (aussi pendant le discours en maori), et puis d'instruire un peu le public sur cet oiseau si spécial et toutes les mesures de protection (avec une table pleine de rapports d'activités, d'autocollants, de prospectus, etc ...). L'ambiance était sympa, il flottait comme un petit air de fête, on se serait cru à une garden party dis donc (les toilettes des élégantes en moins).

Et puis le moment tant attendu (finalement ! Les enfants n'en pouvaient plus d'attendre): les bénévoles des asso's de protection ont pris les oiseaux dans les bras (en les tenant fermement par les pattes, car ils sont costauds et ont des griffes redoutables) et ont laissé les enfants s'approcher, les grands prendre des photos etc … Je me suis demandée si c'était agréable pour l'oiseau, mais du moment où on les a sorti, il y a eu un grand calme, un grand silence, personne n'a tenté de les toucher ou de les caresser. C'est marrant, mais il y avait comme une espèce de déférence dans l'air, même les enfants ont cessé de sauter partout et ont suivi à petits pas les “porteurs de kiwis” sans dire un mot. Du coup, les deux oiseaux sont restés immobiles, la tête posée sur le bras de leur porteur, l'air à peine dérangés (peut être parce qu'ils n'y voyaient rien ?).

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C'est pour des gens comme nous la seule occasion de voir des kiwis (vivants) d'aussi près et tout le monde semblait reconnaître et respecter ce moment un peu particulier. Une fois leur petit tour fini, on les a remis dans leurs boîtes en bois pour les emmener dans leur nouveau petit coin de forêt en leur souhaitant une belle et longue vie (et les enfants ont couru finir les batonnets de carotte et le hummus qui restait sur la table des victuailles: on avait largement passé l'heure du dîner !).

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Moi, pour être honnête, jusqu'a ya quelques temps, le kiwi, c'était pas une bestiole qui me faisait faire des bonds d'excitation. Mais ici, on en entend parler partout. L'histoire de cette créature qui a vécu un bout de temps sans vraiment de prédateur et qui se fait maintenant décimer à cause de l'intrusion humaine sur son île, c'est touchant. Et la légende maorie qui raconte pourquoi il est si laid (nan parce que franchement … c'est pas très beau un kiwi !), ne peut pas voler, ne voit presque rien et est condamné à chercher sa nourriture et à couver sur le sol m'a rendu l'animal beaucoup plus sympathique.

Alors j'ai été ravie de participer avec ces gens à ce très modeste moment (petit pour nous, mais sans doute assez important pour les deux oiseaux), d'imaginer que ce sont des actions comme celles-ci (entre autres) qui permettent de réparer les erreurs passés, et puis à travers ça, de voir un peu “ce que veulent les gens d'ici”, l'éternelle question que je me pose toujours quand je voyage.

Trampin'NZ: Wairere Boulders

Je ne sais plus trop comment on a trouvé cette balade (dans un bouquin ? un prospectus ?). Ce n'est pas un sentier du DOC, en fait, il est sur un terrain privé, construit et entretenu par une famille qui vit sur place depuis longtemps.

Sur le chemin du retour depuis Opononi vers Matapouri, en longeant Hokianga Harbour, on a donc bifurqué sur ce chemin de gravillons, au milieu de nulle part, jusqu'à arriver devant cette maison, et une petite cabane en bois sans personne. Un type nous rejoint rapidement en quad et nous explique: ici, c'est chez lui, ses parents ont créé cette petite balade dans ce site exceptionnel à cause de ces "boulders", ces énormes blocs de roche basaltique, restes d'une éruption volcanique datant d'environ 2.8 millions d'années (environ, hein ... à cette échelle-là, on approxime toujours un peu).
Ce qui rend ces gros cailloux un peu spéciaux, nous explique-t-il, c'est les stries qu'ils présentent, résultats probables d'une érosion sélective causée par des écoulements d'eau acidifiée par les kauris alentours (enfin, c'est ce que j'ai compris, voir ici pour les passionnés de géologie).
La petite cahute de l'accueil est un vrai musée en miniature, qui raconte l'histoire de cette famille, comment elle s'est installée ici il y a quelques génération, partant de rien du tout (il n'y avait pas de route !), comment ils ont créé ce sentier, et tout ce travail, pratiquement tout seuls sans aide.

Le résultat est sympathique, il y a des petits panneaux explicatifs à gauche et à droite, le sentier serpente et longe la rivière, en passant tout proche de ces incroyables cailloux striés, qu'on imagine avoir dégringolé du haut d'un volcan du coin il y a bien longtemps. En plus, il fait beau, les enfants courent un peu dans tous les sens et cherchent les animaux cachés dans les arbres, les cailloux, les racines (un éléphant, une pieuvre, un kiwi ...).

Une chouette petite balade sans prétention.

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Wairere Boulders, 1 heure

Départ et arrivée: 5 km de Horeke (Tareke - Horeke Rd)

Posté par Annelleme à 16:12 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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