Dix pieds sur Terre

02 septembre 2017

Chaleur, pression, thermodynamique familiale d'août 2017

Nous voilà en septembre. Ce matin, j'ai parlé à MonsieurPapa de quelque chose qui s'est passé il y a déjà longtemps, mais si, tu sais, c'était à notre retour de France, euh ... il y a déjà ... moins d'un mois. Et voilà, bam, même pas un mois de passé ...

C'est la folie. Réellement. Alors oui, je sais, avec quatre enfants, on s'attend à quoi ? Disons que c'est ma part d'ingénuité qui s'exprime là, quand je me dis "mais c'est pas possible". On a sauté à pieds joints dans la rentrée quand, à peine trois jours après l'atterrissage, j'ai appris que le joli contrat à temps partiel que j'avais signé pour la rentrée allait se changer en temps complet ... Le temps de caser les trois grands à l'école ("Enchantée, maîtresse d'unetelle ou d'untel", compiler les infos, les dates importantes, les emplois du temps, etc ...), on a tiré la carte Joker pour assurer tout ça. Notre Joker s'appelle Vicky et sans elle, notre chateau de cartes s'effondre.

Parce que la logistique familiale s'apparente désormais à un théorème de physique quantique: parvenir à se trouver (plusieurs fois par jour) à deux endroits différents au même moment, combiné à une équation à beaucoup trop de variables (le tarif désormais prohibitif du bus scolaire, le nombre de décibels à la sortie des classes, la température et le taux d'humidité à 15h30 sur Orchard, les quatre lunchboxes à préparer tous les soirs en plus du dîner, le délai de la livraison des courses chez FairPrice ...). Ils commencent à 9h et finissent à 15h30, moi c'est 8h et 16h, et ne peuvent quitter l'école sans un adulte autorisé. Dans un monde idéal, nous serions deux adultes à nous partager le calcul, mais comme souvent ces dernières années, les absences professionnelles de MonsieurPapa me laissent l'équation sur les bras. D'où le Joker.

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Dans le bus, on adore tous monter à l'étage et s'asseoir tout devant, avoir l'impression de voler sur la route !

La pression est donc doucement montée, de notre atterrissage à Changi, jusqu'au début du Summer Camp pendant deux semaines, où j'ai pris doucement mes marques dans cette nouvelle école. Le Summer Camp, sur le papier, c'était facile: la matinée seulement, une sorte de centre aéré où je gardais une poignée de petits (dont le mien, c'était le deal), avec des petites activités Montessori ou pas. C'était pas mal, cela m'a permis de em remettre un peu sur les rails, d'entrevoir quelques petits points de friction d'amélioration, mais quand même, c'était juste avant l'arrivée de Joker, et en l'absence de MonsieurPapa et cela a sonné le début officiel de la période de folie.
Être à mon école le matin à 8h pour pouvoir déposer les trois grands devant leur arrêt de métro de façon à ce qu'ils arrivent à leur école sur les coups de 8h30 (pas trop tôt non plus,quoi), cela veut dire se lever à 6h pour finaliser préparer les lunchboxes (et le petit dej' et les sacs etc ...), avoir tout prêt, tout le temps, le bon uniforme propre pour chaque jour et chaque enfant, sans se tromper de jours (Augustine a Sport le lundi et le vendredi et piscine le lundi, Salomé et Joseph, le mardi et le jeudi, mais seule Salomé a piscine le mardi). Ne pas oublier les formulaires à renvoyer, les réunions d'information, les emails, les trucs à rapporter à l'école, les jours de bibliothèque, les rechargements de cartes de transport ... le job de maman classique finalement, mais au début "ça fait toujours ça" il paraît ...

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Manech, certains jours, arrive à commencer à se concentrer pendant quelques instants ...

Sans mentir, j'ai eu peur toute la semaine. Peur qu'ils se trompent de sortie dans l'arrêt de métro, qu'ils ne regardent pas en traversant la route, peur d'oublier un truc, une autorisation pour un field trip (oui, oui, deux semaines d'école et Augustine a déjà une sortie dans un musée), peur que l'un d'entre eux tombe malade (et qui le garde pendant que je travaille ? Je suis seule dans ma classe..), peur de zapper un truc dans le ravitaillement, peur de ne pas être une bonne mère pour eux, d'être fatiguée, qu'ils soient fatigués, de ne pas assurer l'après-midi, de ne pas être assez là. J'avais aussi un mini-déménagement à assurer: déplacer des étagères de livres pour libérer la chambre de Joker et réorganiser un petit coin bureau dans le salon. Au passage, j'ai viré la télé une bonne fois pour toute, parce qu'en fait, on la regarde jamais ... 

Mais ils sont tops, mes gamins, en fait. Ils savent être insupportables, chamailleurs, mesquins, flemmards, de mauvaise foi, et plutôt deux fois qu'une. Mais ils ont aussi (comme tous les enfants sans doute), un espèce de sixième sens qui leur fait sentir quand ils doivent assurer. Cela fait plusieurs années que j'observe ça: dans les longs voyages, ou les périodes tendues parce que je suis seule avec eux, parce que je suis fort occupée, ou malade, ou occupée avec un nouveau-né (ou tout ça à la fois). Là, je n'ai plus des enfants, mais une équipe. Ils ont assuré dans les transports (même le jour où j'avais oublié leurs cartes de transport à la maison et qu'ils ont du s'acheter seuls des tickets à l'unité avec l'argent de poche d'Augustine ... forcément, je n'avais plus de liquide sur moi), ils ont trouvé comment s'assurer du bon chemin en suivant des enfants aux mêmes uniformes qu'eux (héhéhé), ils ont assuré les matins (levers à 7h, départ à 7h30 sans laisser la table de la salle à manger collante de confiture du petit dej), ils ont assuré l'après-midi et le soir aussi (on a mis à jour et remis en service le tableau des responsabilités et la plupart du temps, ça roule tout seul).

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Ces deux semaines de Summer Camp ont fort fatigué MiniMan, qui testait pour la première fois une situation school-like, du coup, j'ai été bien inspirée de lui monter son nouveau lit "de petit garçon" dont il peut sortir à volonté cette semaine-là. Le soir, il écrasait, alors forcément, je n'ai pas eu besoin de me taper vingt-cinq fois les escaliers pour l'y remettre et la transition est finalement bien passée (même si monter un meuble Ikéa, l'après-midi après une matinée avec des bambins plein d'énergie, arf).

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Endormi dans les bras, comme presque tous les jours en rentrant à la maison après le Summer Camp

Finalement, elles ont pris fin, ces deux semaines, Joker est arrivée (attendue comme le Messie !), MonsieurPapa a fait une apparition avant de repartir en Chine. J'ai incroyablement réussi à prendre du plaisir à ma Green Race (qui me faisait diablement peur mais que j'ai couru sans avoir honte de mon temps parce que j'ai souffert et que je l'ai mérité). Avant de partir en France, j'avais jeté (encore plus) un de mes principes à la poubelle et je nous avais acheté cinq tickets pour le Cirque du Soleil (Kooza), avec les trois grands. Une après-midi formidable, pleine de Oh! et de Ah!, comme quoi finalement, pas besoin de grandes occasions pour une sortie spectacle en famille ...

La semaine suivante, je n'étais pas censée (trop) venir à l'école, mais il se trouve que de gros changements nous y attendent: à la rentrée en septembre, nous y recevrons plus d'enfants, plus jeunes et pour une durée quotidienne plus longue que l'année passée. D'où un certain nombre d'aménagements qui ont nécessité que MiniMan passe quelques journées à la maison, avec Joker, pour son plus grand plaisir ... 

Et voilà donc Septembre: la rentrée des Français (alors que nos grands sont déjà dans la routine de l'école), les plans pour la suite (des vacances avec les copains, quelque part en Asie ?), les projets de courses à pied ... Lundi, le travail commence pour moi "en vrai", les grands enfants ajoutent un CCA (Co-Curricular Activity, une activité facultative organisée par l'école) à leurs emplois du temps (Origami pour Joseph, Scrapbooking pour Salomé, Ball Games pour Augustine), et moi une galère de ramassage d'enfant en plus l'après-midi (évidemment, les CCA finissent une heure après la fin de l'école et ne sont pas tous le même jour, ah ah ah).

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Depuis que Joker est avec nous, c'est plus facile. Je ne stresse plus à cause du linge qui s'accumule (même si le pliage, c'est pas son truc, visiblement), et le ravitaillement est facilité. J'ai encore des vélléités de cuisiner le soir, parce que j'aime ça et aussi parce que je veux encore choisir ce que je mange, mais je suis ravie de sous-traiter le ménage. Il reste à voir comment la logistique des transports vers et depuis les écoles va s'établir, il y aura des ratés, c'est certain, mais ça va le faire, hein ?

Ça fini toujours par le faire...


31 juillet 2017

Les belles vacances en France, été 2017

Début août, et elles sont déjà finies ... L'avant-veille de notre départ, c'était le "chassé-croisé" des vacanciers en France (et le formidable cataclysme ferroviaire en gare de l'Ouest !) et depuis notre retour, alors que partout ailleurs, les photos de plage et de vacances trônent encore, il flotte dans notre air comme un parfum de rentrée et de nouvelles résolutions ...

Les enfants avaient fini l'école en juin ... une "année scolaire" courte, de mars à juin, avec un peu ce sentiment de n'en n'avoir "pas eu assez" ! Un an après notre dernier passage en France, nous sommes repartis pour quelques semaines en mère-patrie, pour la fraîcheur (oui oui), pour les familles, pour les amis, pour sortir de la ville et recharger un peu les batteries avant de s'y remettre.

Les jours qui ont précédé le départ, la température est montée, fort fort. En France, avec la canicule de juin (mais moi, ça ne me faisait même pas peur) et à Singapour, parce que c'est la saison la plus chaude et aussi parce qu'un virus familial s'est invité, et nous a terrassé, les uns après les autres. MisterJo, d'abord, qui a passé 3 jours couché sur le canapé, brûlant de partout, les bronches noyées dans son mucus, avant de passer le témoin à son frère, m'obligeant à une visite express au KK pour vérifier l'absence de surinfection (la veille du départ). À l'hopital, j'avais moi-même du mal à tenir debout, les articulations vacillantes et la tête dans le brouillard. Salomé a commencé à tousser le matin du départ, et je l'ai bourrée de panadol pour pouvoir passer les contrôles des caméras thermiques dans les aéroports. Dans l'avion, elle brillait dans le noir, la pauvrette, j'en avais mal pour elle. 

Évidemment, cela aurait été trop facile d'arriver à bon port (encore plus à l'Ouest, comme dirait l'autre) sans rebondissement de quelque nature. Dans la gare TGV de Charles de Gaulle, j'ai relativisé nos soucis de santé quand j'ai pris sur mes genoux une petite mignonne d'un pays d'Afrique Noire dont j'ai oublié le nom, au coeur défaillant et au regard terrorisé d'un endroit inconnu, de gens inconnus, de froid, de grisaille parisienne. Elle n'était pas venue malgré sa maladie, mais à cause d'elle, elle aussi était en transit, et repartirai elle aussi d'ici quelques semaines, avec un coeur tout neuf, un avenir plus radieux et je l'espérai, moins d'effroi dans son regard sur le monde. Le temps passé à lui lire quelques histoires nous a fait rater notre train, son chaperon en était désolé, mais finalement, ce n'était pas si grave ...

Et une fois en Bretagne, la température est retombée, la pluis bretonne avec. J'avais eu des envies de proposer aux enfants quelques sorties "voile", mais c'est tombé ... à l'eau. Tout au plus avons nous été ravis de profiter une paire de fois des plages du coin, mais le jardin a vu ses stocks de framboises et de fraises fondre sous les assauts des petites mains. Avec bonheur, les enfants ont profité de leurs grand-parents, de leurs cousins, de sorties à vélo dans le coin, de quelques crêpes et d'une longue visite à l'aquarium.

On n'a vraiment rien fait de particulier ces quelques jours, mis à part être vraiment en vacances et ne rien organiser (ce qui, quand on est nombreux est une occupation à part entière !).

 


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Juillet pointait déjà le bout de son nez quand on a refait les valises, direction les Alpes ! Le ciel bleu est revenu, on a fait des bises au passage, aux grands cousins (tous les quatre aussi pour une fois !) et les gâteaux de la grand-mère (la mienne) étaient là, immuables, comme à chaque passage …

 

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Une fois en hauteur, il a fait beau, et très lumineux. On n'a pas beaucoup marché, encore moins que l'année dernière ... parce qu'on est vraiment rentrés dans la "mauvaise" période pour Manech: trop grand pour être porté des heures durant, trop petit pour marcher "pour de bon". Une fois par terre, il se penche, ramasse des cailloux, nous les tend, en prend d'autres, fait demi-tour, laisse tomber un caillou, en reprend un, repart, quart de tour, regarde une fleur, quelques pas encore, fait mine de nous suivre et puis s'arrête net ... Impossible, quoi. Une fois ou deux, il a vaillamment suivi (et nous a étonné), mais il a deux ans, il ne fait que ce qui lui fait strictement plaisir. 

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Alors la petite sortie des enfants, c'était l'aire de jeux derrière l'église, les balançoires qui volent haut, la fontaine-à-robinet, les boîtes à livres partagés. Quelques courses à la supérette en bas, marcher sur le chemin de la cascade. Moi, j'ai remis mes baskets et tenté de courir un peu ... mais ça monte la montagne (oui oui) ! Tout au plus, une petite boucle au dessus du lac de Saint Guérin, un modeste circuit de "trail", la nouvelle mode sportive du moment: courir sur les sentiers. Ya pas à dire, tout de suite, ça fait pomper le coeur plus fort ! Et puis la balade jusqu'au refuge du Col du Bonhomme, par la crête des Gîtes avec nos amis, ma journée sans enfants... Donc, j'ai quand même un peu marché.

À Arêches, on a récupéré MonsieurPapa, en vacances lui aussi cette fois-ci. Il avait profité de notre absence de Singapour pour multiplier les sorties courses et m'a impressionnée par son niveau de forme physique ... On a aussi refait le tour de Guérinette la goutelette et quelques autres sorties ici et là (dont un petit accrobranche sympathique, un jour de grisaille). Trois petits tours en montagne et puis c'était déjà parti, notre escale alpine m'a semblée de courte durée. D'ici quelques années, quand Manech pourra chausser des chaussures de marche, ce sera une autre histoire (et d'ici là, les autres ne voudront plus marcher !). 

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Un soir d'un formidable orage ...

 

À Arêches, on a aussi fêté l'anniversaire triple de Joseph, Manech et Salomé et ils étaient contents ...


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 Et puis on a à nouveau emprunté une voiture pour une descente vers le Lyonnais, pour revoir nos amis de Shanghai, revoir une partie de la famille, fêter le baptême de Manech. On a beaucoup roulé entre Tassin et Lachassagne, l'endroit là-haut est magnifique, belles maisons, belles pierres orangées et un ciel bleu. J'aurai aimé passer du temps au gîte, parce que quand même, cette table au pied de la grande ferme, sur de l'herbe pas taillée, pour y prendre un petit déjeuner qui se serait éternisé jusqu'a l'heure de la chaleur qui pointe, c'était une de mes idées du paradis.

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Mais il y avait du monde, du monde qui fait plaisir parce qu'il était venu de loin, un peu pour nous, mais finalement aussi beaucoup pour cet esprit familial, parfois bancal, parfois un peu malmené mais qui se rappelle au souvenir de tous dans les moments de fêtes et d'été. Il a fait chaud alors les bouteilles se sont vidées, mais pas les conversations, ils ont dansé et chanté des mots qui ne voulaient rien dire. Tout le monde s'y est mis, c'était une surprise -on n'aurai jamais cru-, mais c'était demandé avec le sourire et pas mal de persévérance, alors on a tous craqué. Le tout tient dans quelques minutes de chanson, des fou-rires, des pitreries familiales qu'on regardera sans doute avec émotion dans quelques années...

Des émotions, on a eu notre dose ce week-end là. Des jusqu'alors inconnus qui nous invitent à leur table (et qu'on a même nettoyé avec plaisir !), cette réalisation que ce petit bonhomme qui était jusque là juste le fils de mes amis sera pour moi unique au monde (et le serrement de coeur qui vient avec), le coeur qui se glace quand je me rends compte de l'absence de Joseph, dans l'église. Cette envie de tout arrêter, de hurler, la lutte intérieur, la contenance, l'espoir, le soulagement. Lui, après quelques grosses larmes et une seule phrase de moi -"On ne t'oublie jamais. Jamais."- a souri d'un sourire confiant et est reparti le coeur léger. Ine-cré-di-bol.

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Avant, pendant, et après, j'ai souffert de voir toute cette nourriture préparée, en trop, certes, mais prête à être perdue une fois les invités disparus. Il faisait chaud en plus, on a bu beaucoup, et peu mangé évidemment. On en a laissé derrière nous et emporté dans des boîtes, pour un pic-nic gastronomique en route (nan mais qui grignote des verrines aux trois saumons avec des olives, de la tapenade, du gazpacho, de la charcuterie en plein cagnard sur un aire d'autoroute pleine de juilletistes ?). Dans le minibus de location, il y avait trois génération, on a fait la route et refait le monde jusqu'au SudOuest. 

Après, c'était quelques jours sans occupation précise. Résultat, on n'a pas arrêté, mais c'est parce que ces enfants-là, ils n'arrêtent jamais. On a remis MonsieurPapa dans le train vers Shanghai (oui, il y avait un ou deux avion entre Lescar et Hongqiao) et ses vacances lui ont paru beaucoup trop courtes. Moi, j'ai profité de la garde d'enfant grand-parentale et enthousiaste pour aller courir comme jamais, parce que le long du Gave, c'est chouette, il fait frais. Les enfants, un an après notre premier passage, ont tout reconnu: la maison, les chambres, le jardin, la cabane de jeux au fond et je crois que j'ai été émue parce que j'ose espérer que nous vivons là les premières vacances d'une longue série qui inaugurera une tradition familiale. Nous sommes encore mobilis in mobile, mais les grands-parents, eux, se sont fixés, et offrent là certainement à leurs petits enfants un modeste ancrage dans l'espace (qu'en feront-ils ? ils le décideront eux-même plus tard).

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À Lescar, Manech a appris à s'extirper de son lit à barreaux (et plus généralement, a perfectionné ses dons d'escalade: c'est un physique cet enfant !). Pourtant, c'est le seul qui n'a pas pu flirter avec la cime des arbres lors de l'excursion d'accrobranche (même s'il a eu droit à un petit atelier pour les tout petits). On a marché le long de l'eau, le Gave, les lacs, à pied et en vélo. Les grands se sont initiés au poney pour une demi-journée, un moment sympa aussi. Et on a soufflé quelques bougies aussi évidemment. Augustine s'est plongée dans la bibliothèque, les plus jeunes ont joué aux kaplas, et puis tout le monde s'est mis à la table de quelques jeux de plateaux (les Colons de Catane, facile pour s'initier !). 

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Au passage, ils ont découvert la peinture en bombe, petit atelier de "graph" à la bibliothèque du coin (non non, aucun rapport) ...

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Quand août a pointé le bout de son nez, on a vite-vite fêté les 8 ans de la demoiselle et on a sauté dans le train vers Paris...

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28 juillet 2017

Et il a eu 2 ans

Et hop, un deuxième tour du calendrier. Il y a un an, nous étions aux Sables d'Olonnes, sur la plage, il y a deux ans, à Shanghai. Entre temps, il en a fait du kilomètre, je crois bien que c'est le plus voyageur de nos quatre petits: 6 pays en 2 années (sans compter les cas particuliers: la Nouvelle-Calédonie et son sui generis) ... À deux ans et un jour, il a sa carte de voyageur fréquent, ça promet.

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Chez lui, c'est nous.

J'ai arrêté de me faire du souci pour les "changements d'air" (devrait-je ?), il s'adapte, il suit, avec bonheur. Tout au plus nous rappelle-t-il qu'il est encore sensible à ce qu'il mange et boit (les reliques des coliques du nourrisson ?) en nous réveillant la nuit parfois, mais il sa dernière pré-molaire est sortie pendant nos vacances, alors on a fêté la fin des douleurs dentaires, youpi ! Un truc qui ne me manquera pas !

MiniMan s'achemine doucement mais sûrement vers un nouvel état, de bébé à petit garçon, coupe de cheveux après coupe de cheveux (oui, ça fait toujours cet effet-là: il paraît nettement plus grand après le passage des ciseaux). Pour le pot, par contre, il suit la trajectoire familiale: à deux, ans, aucun intérêt pour la chose ...

À notre arrivée en France, il ne disait toujours presque rien, sauf un "ya" et un "no" et quelques baragouinages accessoires. Papi avait prédit une explosion de ses compétences langagières (ce qui est souvent arrivé aux enfants lors de ces séjours monolingues). Il ne s'est soudainement pas mis à former des phrases complexes, mais très nettement, il y a du progrès: il répète maintenant volontiers les mots entendus, avec plus ou moins de succès. Par contre, impossible de lui faire dire "oui": par un inexplicable mystère, son "ya" s'est transformé en un très intelligible "yes" pendant nos vacances franco-francophones, et malgré tous nos efforts, il n'en démord pas. On a donc là un enfant qui dit "Yes" (ce qui fait se retourner les gens de la file d'attente à la Poste). Bon, moi qui avait craint un temps que son frein de langue un peu court ne le gène dans sa diction (comme cela avait été le cas pour l'allaitement, au début), je suis soulagée de voir que les consonnes ne posent finalement pas trop de problème (et qu'il est juste un peu flemmard).

Alors ce qui est un peu malheureux, c'est qu'à peine lancé en français, il va devoir se mettre sérieusement à l'anglais ! C'est parce qu'après tous mes efforts de recherche, ce petit Monsieur est donc inscrit dans une petite école du coin, où on lui parlera dans les deux langues. Allez, ça a marché pour les autres, ya pas d'raison. Quelque part, je suis quand même contente que, contrairement à ses grands frère et soeurs, il sera entouré en français un peu plus longtemps et que c'est pas plus mal (parce que, quand même, il ne dit pas "oui" ...).

Pour le reste, c'est un petit gars tout à fait comme il faut, qui adore grimper (et s'y prend plutôt bien ... surtout pour s'echapper du lit pour bébé ...) et surtout n'importe quoi de motorisé (plus c'est gros, plus il aime). En balade en campagne ou en montagne, gare à ne pas croiser un tracteur, une moissonneuse-batteuse ou un engin de chantier: c'est la pause obligatoire et assurée pendant de longues minutes. Il reste absorbé, hypnotisé par la machine, le monde s'arrête de tourner, les parents-rentrez-à-la-maison-j'en-ai-pour-une-minute-comprenez-vous-je-regarde-le-tracteur. Un truc de dingue. Tout y passe évidemment, voitures, moto, trains ... À Paris, récemment, à chaque passage d'un camion-poubelle, d'un camion de pompier, ou du SAMU, c'était l'extase ...

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Merci Béatrice !

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Manech, c'est surtout un grand câlin, souriant et confiant, il aime donner et recevoir des bisous, et je lui en pique en douce, parce que c'est tellement doux et que ça s'en va si vite ...

De temps en temps, il se fait un petit passage "nan mais je veux QUE Maman en fait", mais quand il a besoin de quelque chose, il attrape doucement la première main qui passe pour l'y emmener. C'est de son âge, mais il ne se lasse pas de jouer dehors, de grignoter des fraises et framboises du jardin, de se balader partout. Alors, en France, il gardait toujours ses chaussures aux pieds ou à portée de main, histoire ne jamais rater une occasion de sortir.

Présent d'anniversaire: un premier jeux de société, tout simple tout bête, il faut nourrir le nounours ...

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À deux ans, il rentre dans le club (très très ouvert) des terrible-two's, celui des petites terreurs qui s'effondrent si la chaussure est mal serrée, balancent les assiettes par terre, hurlent leurs frustrations. Il commence aussi (enfin !) à remettre ses frère et soeurs à leur place quand ils sont trop envahissant, à réclamer son dû et protester contre les abus. Que nous concocte-t-il pour la suite ?

Joyeux deux ans, Manech 东风 !

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23 juillet 2017

SaveursD'iciEtd'Ailleurs#9 - Dahl (Inde)

Mais ... on n'a jamais habité en Inde !

C'est exact, on n'a jamais habité en Inde.

Notre aventure avec ce pays et sa cuisine a commencé vers l'année 2007, son épisode le plus remarquable étant celui du contexte de la naissance d'Augustine: MonsieurPapa était à Mumbai quand le travail a commencé, il a eu juste le temps de rentrer vite-vite et d'ouvrir les bras pour récupérer sa petite fille toute fraîche. Quelques mois plus tard, nous étions de mariage à Delhi avec notre Petite, on a mis les saris et goûté à tout.

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Après ça, je n'ai plus jamais remis les pieds en Inde, mais MonsieurPapa a collectionné les visas indiens dans ses passeports, il a parcouru le sous-continent dans tous les sens, il a copiné avec des Indiens de partout, et rapporté, à chaque fois, des épices et des inspirations. Petit à petit, elles ont pris de la place dans notre cuisine et dans nos goûts. 

À Singapour, en 2009, on a réellement découvert cette version singapourienne de la cuisine indienne, puis en Afrique du Sud, berceau de la plus importante communauté indienne immigrée du monde (plus de 150 ans d'enracinement) et sa gastronomie plus diluée.
En Malaisie j'ai goûté à la subtile influence indienne dans la cuisine malaise, qui porte en elle le mariage de l'Inde et de l'Asie du Sud Est, en plus de la "vraie", celle des tamouls du Sud de l'Inde et de toutes les autres influences.
En Chine, c'était plus dur. On avait repéré ce petit restau sans prétention, bien au fond d'une ruelle, où les familles indiennes se pressaient les jours de fête (Deepavali), tout le monde apprêté, mais on a aussi continué à cuisiner, goûter, tester, à la maison. 

Chez nous, le maître de la cuisine indienne, c'est MonsieurPapa. D'où lui vient ce goût des épices, de la chaleur de ces plats, de la profondeur des saveurs et aussi la sûreté de sa main quand il s'agit de les doser ? Si l'on souhaite y croire, ça vient sûrement de ses vies d'avant celle-ci ...

À chaque voyage, il se fait emmener dans des gargottes ou des palaces de la grande cuisine indienne, goûte à toutes les variations, compare, prend des notes, ramène des sachets d'épices, compulse les sites de recettes. Avec ses copains indiens, il s'essaye à des classiques, petit à petit, le dahl en fait partie. Alors moi je n'y connais rien au dahl, je sais juste que c'est bon et facile à faire.
Mon amie indienne de Mumbai (Bombay) me dit que dahl, ça veut (plus ou moins) dire lentille. Du coup, le plat tout simple qu'on fait en les assaisonnant de quelques épices s'appelle aussi un dahl (ou dahl curry). Il va sans dire qu'il y a autant de recettes de dahl en Inde que de mères de famille qui en cuisinent tous les jours. C'est un plat d'accompagnement qui se mange avec du riz, des naans ou une sauce au yaourt à la menthe et à la coriandre (raita, je crois que ça s'appelle, mais je ne suis pas sûre). 

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La petite histoire du dahl chez nous, c'est que, jusqu'au voyage en Nouvelle-Zélande, on n'en mangeait pas tant que ça. Et puis un jour, le petit Manech de 18 mois, sur les genoux lors d'un barbecue avec des amis, a tendu un petit doigt déterminé vers le bol de dahl fraîchement préparé sur la table. On a dit comme ça "Ah mais non, ça, bébé, c'est un peu fort, tu vas pas aimer". Rien du tout, il n'a pas voulu en démordre, il voulait du dahl (que dalle !).
Première cuillère, et puis il en a redemandé, encore et encore, et a fini le bol. Depuis, quand il est grognon, ralou, fatigué, mais que quand même il faut bien manger, il reste le dahl, ça passe toujours. On a donc sur les bras un petit Français né en Chine qui préfère le dahl au jambon-purée (et puis tous les autres trucs indiens, il aime aussi). Allez savoir.

Pour la recette, on a jeté notre dévolu sur celle de Ricardo (un Canadien en plus !), testée et approuvée par nos invités indiens, que je livre ici avec quasiment pas de modifications. L'ingrédient de base est donc la lentille corail, avec des oignons, de l'ail et des épices. Il me semble avoir lu qu'on peut y mettre de la tomate sous forme de coulis ou de tomates en boîte. 

★ ★ ★ Recette du dahl ★ ★ 

Ingrédients: 

  • 5 mL (1 c. à café) de paprika

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Préparation:

Dans une casserole, faire dorer l’oignon dans le beurre. Saler et poivrer. Ajouter l’ail, le gingembre, les épices et cuire 1 minute en remuant. Ajouter l’eau, les lentilles et porter à ébullition.

Laisser mijoter doucement, à découvert en remuant fréquemment, environ 20 minutes ou jusqu’à ce que les lentilles soient très tendres. Retirer les morceaux de gingembre. Rectifier l’assaisonnement.

On peut servir avec du riz basmati et garnir de raïta (ou de yaourt). C'est surtout très bon avec des feuilles de coriandre ou un trait de jus de citron vert. De manière générale, c'est bon avec une pointe d'acidité ou de fraîcheur, qui contrebalance très bien la texture un peu pâteuse du dahl. La texture finale, justement peut varier énormément en fonction des goûts: d'un liquide presque soupe, à une purée un peu compacte, pas d'erreur possible, c'est comme on veut. 

Bon appétit !

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18 juillet 2017

6 ans, Joseph Madiba

Il a depuis le début de cet été l'invariable sourire troué des petits nouveaux de l'école primaire ...

Alors voilà le "petit Joseph" a 6 ans, il n'est plus si petit. Quand je marche derrière lui, en montée sur les sentiers d'alpages, je vois ses petits mollets un peu secs qui se dessinent, il pèse maintenant un poil plus lourd que sa plus jeune grande soeur, mais elle le bat encore de quelques centimètres (ouf ! l'honneur est sauf). 

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Il reste quand même le "petit Joseph", celui qui ne perd pas une miette de ce que disent ses soeurs, qui veut toujours participer aux jeux et aux activités. Il aimerait bien que je l'inscrive aux petites courses à pied pour enfants mais ce n'est pas toujours possible (pourtant, comme Augustine, il court vite). À l'école, il est celui qui veut toujours aider la maîtresse, cette impérieuse exigence mène parfois à des frictions avec ses copains, quel paradoxe. Lui qui a besoin de temps pour sortir les bons mots est souvent pris de vitesse par ses soeurs au verbe plus leste, alors il s'offusque, monte le ton, crie son injustice qu'on ne le laisse pas finir. 

Avec Augustine, les étincelles volent encore souvent: ils aiment tous les deux être les premiers, les plus rapides, les préférés. Le premier garçon et la première fille, quoi de plus normal finalement ? Parfois quand même je surprends un éclat de connivence, un moment de complicité dans une activité ... juste avant que ça explose, comme si cet esprit de compétition les liait un peu quelque part ... Salomé ne comprend pas ça ...

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Joseph, il est entier, il est toujours un peu "brut de décoffrage": J'aime ou J'aime pas, il ne sait pas cacher ce qu'il pense (et des fois, je me dis que c'est sans doute mieux comme ça ... il aura bien le temps d'apprendre quelques ficelles d'hypocrisie plus tard). Ses quelques tentatives de dissimulation (d'une menue bêtise, souvent) sont comiquement vouées à l'échec: ça se lit sur son visage ! Note pour plus tard: lui apprendre à jouer au poker ...
Il réagit souvent énergiquement à l'injustice, telle que perçue, ce qui donne des montées en volume impressionnantes et des redescentes tout aussi rapides. Il ne sait pas encore sentir quand il est fatigué, ou quand ça devient trop, même s'il y a du progrès, petit à petit. Des fois, j'aimerai qu'il soit comme ses soeurs, capable de s'occuper (longtemps) sans trop bouger. Mais la vérité est là: il a besoin de mouvement, de sortir, de bouger, de se dépenser ... et de s'écrouler de sommeil dans la voiture au retour. 

Il a aussi besoin qu'on l'aide à voir clair en lui, à tirer des enseignements des expériences passées, il vit encore complètement dans le présent, alors se poser et analyser, prendre son temps, prendre soin des choses, c'est pas facile. Il est exigeant avec ses parents parce que souvent, on n'a pas envie de lui donner trop de responsabilités, alors que justement, c'est lui qui en a le plus besoin. Quand on n'est pas dans le peloton de tête des aînées, il est facile de souffrir d'être "le petit" à qui on ne confie pas grand chose parce que "les grandes peuvent bien le faire". Il nous crie souvent (silencieusement) de l'admettre dans le club des grands, de lui faire confiance, de prendre des risques avec lui avec la préparation et la considération qui conviennent. Mais on y travaille ...

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Il aime toujours autant le goût sucré, les jus et les gateaux, les fruits, qu'il peut engloutir par kilos (cet été, les abricots !). À cet égard, il est encore tellement petit: il a du mal à attendre pour manger, alors il faut la jouer stratégique, le mettre à contribution pour aider au repas, et c'est son grand plaisir.

À six ans, il adore faire du vélo (son cadeau de Noël qu'il a eu la patience d'attendre quatre mois) et grimper sur les structrues de jeux, lancer des cailloux dans les lacs, arroser les plantes (c'est une graine de jardinier cet enfant-là, c'est sûr !), faire dégringoler des gravillons sur les pentes. Il aime feuilleter ses Tralalire, faire des rimes, mais les coloriages, ça l'ennuie: alors il déborde ... D'ailleurs, les dessins, c'est pas son truc non plus.
À l'école cette année, il est tombé sur un instit' australien, jeune, débordant d'énergie, qui m'a dit en mars (début de son "année scolaire") "On va le prendre là où il est et tout ira bien". Et c'était super. Il a fait des accrostiches alors qu'il sait à peine écrire, a appris ce qu'était la friction et plein plein d'autres choses, il a grandi et appris, il est rentré ravi (presque) tous les jours, et moi ça me suffit. 

À l'école (et à la maison, en français), il apprend doucement la lecture, le déclic est fait, mais je vois bien qu'il doit prendre son temps. Il aime ses petits cahiers de travail, recopier des mots et depuis peu, il s'entraîne à l'écriture cursive, c'est chouette de le voir progresser tranquillement. Six ans, c'est l'âge merveilleux où ils veulent tout savoir, tout comprendre, où il faut tout expliquer, tout le temps. Épuisant, mais j'adore. L'année prochaine, il sera en Year 2 (équivalent CP), évidemment, il a plus que hâte d'y être ...

Cette année, il a eu droit à un anniversaire doublement fêté, le premier étant en fait un "anniversaire triple", partagé avec Salomé et Manech, histoire de profiter de la présence de Papi et Mami à Arêches (est-ce que ça lui fait donc un tiers d'anniversaire ?).

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Et puis le 18 juillet, le Mandela Day, dans le SudOuest, il a eu son petit gateau pour lui tout seul et un cadeau fort encombrant (le genre que je ne mets pas dans la valise pour le retour, mais qui a eu beaucoup de succès).

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(et la mise à contribution du grand-père pour le montage ... mais qu'il est fier !)

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Joyeux 6 ans, Joseph Madiba !

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16 juillet 2017

Le Dieu de l'enfance

Et l'enfant grandit. Il grandit comme grandissent les enfants : comme un arbre, plongeant les racines de ses bras dans la terre maternelle, puisant sa nourriture dans les sous-bois d'une parole, multipliant les attaches, élevant les branches de ses pensées dans la lumière du dehors.

L'enfance est ce qui nourrit la vie. Qu'est-ce qui nourrit l'enfance ? Les parents et l'entourage, pour une part. Les lieux, la magie des lieux pour une autre part. Et Dieu pour le reste qui est presque tout.

Moins le Dieu de la Bible, un Dieu jardinier, bâtisseur, que le Dieu imprévoyant des pluies d'été et des premiers chagrins, le Dieu braconnier du temps qui passe. Un Dieu comme une mère un peu folle, un Dieu comme une mère qui donnerait dans le même geste une caresse et une gifle.

Ce Dieu-là est le premier rencontré dans la vie, avant l'autre, bien avant l'autre. C'est le même en plus vrai, en plus proche. On peut négocier avec le Dieu de la Bible.

On peut faire des affaires avec lui, engager des pourparlers, rompre et reprendre. On peut même lutter avec lui en pariant sur sa faiblesse. Mais avec le Dieu nourricier de l'enfance, on ne peut rien. Il est la part non-maitrisée de l'enfance, la part non décidée de l'éducation et c'est la part de l'infini.

Il n'y a pas à croire en lui. Croire c'est donner son coeur. Ce Dieu des heures simples a pris le coeur de l'enfant au berceau.

Christian Bobin, Le Dieu de l'enfance

Bapteme_Manech

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30 juin 2017

Le passage en Bretagne

Et me voilà donc en Bretagne

En quelques jours, beaucoup de choses me sont revenues. Et encore plus sont parties.

Comme la mémoires de certains itinéraires pourtant bien connus (parcourus quasi annuellement: la route vers la crêperie du fond-du-bois, celle de l'aquarium). Le nom de certains endroits ou de certaines personnes, l'impression d'être “d'ici”.

Pendant des années, à chaque fois que je retournais là-bas, je revivais un paquet de trucs pas vraiment agréables: notre arrivée en 94, les premiers hivers oh-si froids et humides, les levers trop tôt pour attraper le bus derrière la maison, tous les virus que je me suis cognée, les uns après les autres, avec pour seule arme mon immunité défaillante et beaucoup de mouchoirs en papiers. Tous les hivers, tout l'hiver, des années durant, j'ai été malade, voilà ce que c'est que de rencontrer tout d'un bloc les bestioles que vos camarades de classe ont côtoyé depuis la maternelle.

J'ai reniflé de la quatrième au bac, ce qui a grandement affecté ma popularité dans les cours de récré jusqu'à l'après-bac et mon expérience bretonne en général.

Alors forcément, j'ai eu beaucoup de temps pour dessiner des triskells et des hermines sur ma trousse en écoutant Matmatah, EV et consorts …

Malgré ce relatif désert relationnel, j'aimais bien habiter en Bretagne, je me disais que ça avait plus de classe que d'autres régions “sans identité” (oui, oui, à l'adolescence, on croit facilement toutes ces âneries), en plus, à la radio, on entendait Dan Ar Braz et Tri Yann faisaient des concerts à Paris, c'était “cool” d'habiter là-bas.

Dans la famille élargie, on était passés d'un coup des “Martiniquais” aux “Bretons” (magie d'un vol transatlantique). Ça me faisait tiquer, sur le coup, sans trop comprendre pourquoi, j'y croyais un jour sur deux.

J'avais été une paire fois dans un festnoz, pris quelques cours de danse bretonne (était-ce à la fac ? je n'en n'ai qu'un vague souvenir), mais l'idée d'apprendre la langue ne m'avait jamais effleurée et l'unique dégustation de chouchenn de toute ma vie m'avait laissé un goût amer de déception (c'est pas bon en fait, hein ?).

Illustrations-visuels

En partant vers l'Est et vers les années étudiantes, tout ça s'est rapidement dissout dans l'air, sauf peut être un gwen ha du cousu sur mon sac de randonnée et quelques chansons (oui, j'écoute toujours L'héritage des Celtes). Il y a eu l'antichambre: Nantes (et les gros commentaires relou sur la question de son “rattachement à la Bretagne” m'ont vite saoulés: ça m'avait mis la puce à l'oreille, ce genre de polémiques, c'était pas pour moi), et puis tout de suite après: l'Europe. La Bretagne paraissait loin, j'étais déjà partie ...

Années après années, j'ai perdu de vue presque toutes mes rares amies de Bretagne. Quelques liens ont subsisté, ont survécu au temps, aux déménagements, aux pertes des adresses. Elles sont toujours là (l'année dernière sur mes RoutesDeFrance par exemple), je reçois des faire-part, quelques photos et des nouvelles et ça me fait toujours chaud au coeur.

Tous les ans ou presque, j'y repasse, pour quelques jours ou quelques semaines. La première fois avec Augustine-bébé dans les bras ça m'avait fait un petit choc. Revenir en Finistère, c'était à chaque fois redevenir collégienne (et l'escorte de tourments associés), alors forcément, à partir de ce moment-là, il y avait comme un accroc dans l'espace-temps.

En revenant, j'avais parfois un vague sentiment de revanche: puisque je ne pouvais pas être chez moi en Bretagne (je commençais à m'en rendre compte), au moins je pouvais y revenir et en repartir libre, et me trouver chez moi n'importe où ailleurs, parce que cet ailleurs au moins, je l'avais choisi. À ce moment-là, j'aurai aimé ne plus avoir à y revenir, oublier tout ça, passer à autre chose (la fuite, mon meilleur allié depuis toujours).

Un été, lors d'une grande opération "vidage de garage familial", j'ai balancé les photos de classe de ces années d'école sans joies (aucun état d'âme, si ce n'est le sentiment qu'il était plus que temps) et petit à petit j'ai pu reprendre les chemins creux que j'empruntais pour aller collège sans plus souffrir de ce désagréable hold-up mental.

Et puis là, je me suis formulée très clairement l'idée que la Bretagne c'était pas chez moi. Sans rejet passionnel, sans déception et sans rancœur. J'y ai habité sept années, ce qui est moins que la Martinique, mais plus que les Pays-Bas et aussi les autres pays. Ce n'étaient pas les plus chouettes années de ma vie, mais je ne me sens plus obligée de mentionner l'endroit comme étant un point de départ. C'est finalement devenu juste un point de passage, comme les autres.

Depuis lors, je me perds sur les petites routes que je parcourais autrefois sans même y penser, je confonds les noms des magasins, je perds petit à petit mes anciens réflexes. J'ai toujours des souvenirs, mais ils me viennent sans plus de charge émotionnelle ancienne. J'assume une attitude de touriste totale, ou presque. J'aime bien la Bretagne, comme j'aimerai une autre très belle région de France. Il y a les paysages magnifiques, les plages, plein de sorties, du bon air, j'adore les crêpes et me balader sur les sentiers côtiers (et on ne crève pas trop de chaud en été). C'est chouette pour les vacances. En passant, je montre aux enfants le lycée où j'ai passé trois ans, ils ouvrent des grands yeux, mais moi, ça ne me touche pas plus que ça.

Je crois bien avoir réglé son compte à cette ambiguïté qui m'a poursuivie durant des années: n'avoir aucun devoir d'appartenance pour cet endroit ni souffrir de ce ressentiment pour les ratés de mon adolescence qui me gâchent mon séjour. J'ai fais place nette.

Je ne pense plus que j'aimerai pouvoir dire “je viens de telle ou telle région”. Je mens ou je botte gentiment en touche quand on me pose la question ("Et vous venez d'où en France ? Mes parents habitent en Bretagne." End of story.). Vouloir se fabriquer une identité c'est se mentir. On peut broder tout ce qu'on veut, quand ça veut pas, ça veut pas.

Il reste toujours la maison parentale, mais les transformations successives, petites et grandes, achèvent d'y effacer les traces de mon passage (ou alors ça vient de moi ?). La fresque de la descente du garage en reste la marque la plus visible, c'est sympa et anecdotique (même si des fois je reprendrais bien un pinceau pour corriger certaines horreurs !). Ça ne fait rien, mes enfants sont encore petits et croient encore que je suis super douée en dessin.

Alors je continuerai d'y emmener mes enfants en vacances, on ira manger des crêpes et se balader à la plage (où l'on emmène toujours un pull, le temps est si changeant). Je jouirai d'un plaisir léger et sans contrainte à raconter comment j'avais croisé un jour un phoque en nageant au large de la plage de Trégana mais ils auront leurs propres souvenirs de vacances en Bretagne chez Papi et Mami, de la cabane jaune et des hortensias et ce sera bien.

13 juin 2017

Réflexions sur les preschool à Singapour

Quand on arrive à Singapour, on est immédiatement abreuvés par les experts de la relocation, de tous ces bénéfices, toutes ces choses merveilleuses qui font que la vie à Singap' est réputée teeeeeellement agréable: la propreté, la sécurité, l'efficacité des services publiques, des transports, la variété de l'offre en produits de consommation, les infrastructures de santé et d'éducation. 

Et d'éducation, parlons-en tiens. L'école à Singapour, c'est la pierre angulaire de la société, c'est la clef de la réussite. Qui n'a jamais entendu parler des résultats du pays aux tests académiques mondiaux (PISA et consorts) et même de la méthode d'apprentissage des mathématiques éponyme ? On me l'avait dit à mon arrivée en 2009: "À Singapour, nous n'avons pas de ressources naturelles, notre ressource la plus riche, ce sont les Singapouriens (leur cerveau, en fait)". Pour résumer, le système éducatif ici est extrêmement compétitif et centré sur les apprentissages académiques (et quelques matières reines: les maths et le mandarin).

Donc, l'école, c'est sérieux. Il y a les écoles publiques (où il est fort difficile, voire impossible pour nous z'autres étrangers de rentrer, et ça tombe bien, dirons-nous) et les privées, qui ont un libre choix du cursus qu'elle souhaitent suivre (local, international, Montessori, etc ... avec toutes la variations possibles et imaginables). L'école obligatoire commence à 6 ans, avant ça, les parents sont libres de mettre leur enfant dans une structure qui s'apparente soit à une preschool (école "maternelle", en général une demi-journée) ou un daycare center (garderie/crèche aux horaires plus longs), et qui est pratiquement tout le temps privée (il semble que le MOE, Ministry of Education soit en train d'ouvrir des preschool publiques).

Voilà pour brosser un peu le tableau. 

Alors nous, on débarque avec nos idées déjà un peu renégates en ce qui concerne les apprentissages de nos enfants. Et quelques mois de homeschooling un peu sauvage en roue libre qui traînent derrière ... Une sacré expérience, un boulot énorme (quand on veut faire les choses bien). Du coup, les grands, on les a calés dans l'école la plus hippie (hippie, mais hipper-cher quand même ... mais c'est une autre histoire)qu'on a pu trouver. Hop, une bonne chose de faite.

Et MiniMan ? Il a terriblement d'aller à l'école. Et moi, j'ai terriblement envie de pouvoir mener quelques petits projets sans bambino dans les pattes tout le temps. Ces fameux experts de la relocation avaient une solution toute trouvée: "Tu visites des écoles près de chez toi, et hop, tu trouves celle qui te convient et à toi les mani-pédi et les Tai-tai party !". Euh ... Ça ne s'est pas vraiment passé comme ça, en vrai.

Il va sans dire que nos fameuses idées, elles ne collent pas tout à fait avec la philosophie du coin dans ce domaine. Je m'en doutais bien, évidemment, alors j'y suis allée mollo, j'ai fait des recherches avant de me déplacer. J'ai contacté et visité pas mal d'écoles, à chaque fois, j'ai été déçue.

Dans l'optique de préparer des excellents élèves pour le système singapourien (le fameux "school readiness"), on s'y prend tôt: dès 2 ou 3 ans, il y a des cours, des emplois du temps chronométrés, des programmes de stimulation intellectuelle (en plus de l'école). Tout est contrôlé, les petits doivent rester assis à regarder des flashcards, répéter des mots, chanter sur commande, jouer à ce qu'on leur dit de jouer, au moment prévu pour jouer.

Dans les programmes "artistiques", il s'agit de reproduire un dessin, au trait de crayon près, quand ce n'est pas la maîtresse qui le fait elle-même (facile à repérer: il n'y a pas de coulure de colle sur le papier). Les temps de sortie aussi sont mesurés, là se combine l'angoisse sécuritaire des Singapouriens: les enfants ne doivent pas grimper trop haut, courir trop vite, sauter trop loin, ils pourraient tomber.
Quand on visite beaucoup de ces écoles, point de spontanéité, de jeu libre, d'expérimentations de l'enfance, de constructions branlantes, les enfants sont des petits robots bien traités qui avancent jusque là où on leur dit d'avancer sans vraiment pouvoir interragir entre eux, ne remontent jamais le toboggan à l'envers, ânonnent les mots en mandarin avec un petit air absent et surtout écrivent beaucoup de worksheet et regardent beaucoup d'images (de loin).

J'ai eu beaucoup de mal à (m')expliquer ce que je voulais pour Manech. Pendant longtemps, je définissais ça en tant que "ce que je ne voulais pas" (ce qui n'est pas très positif, comme démarche, quand même). La simple vue d'un emploi du temps journalier avec plein de petites cases me fichait la nausée, mais je peinait à expliquer pourquoi je ne voulais pas ça pour lui.
On me disait "Oui, mais ils apprennent avec plaisir, ils sont demandeurs, les  maîtresses sont douces, ils adorent leur école !", et c'est vrai. Pas besoin de me convaincre que les enfants aiment apprendre, c'est dans mon credo aussi. Et je suis persuadée que si Manech allait dans une de ces écoles, il apprendrait plein de choses (compter en mandarin, les noms des animaux de la ferme ...), il ramènerait à la maison de superbes oeuvres d'art, colorierait à l'intérieur de gros chiffres creux, il aurait l'air bien content. 

Mais alors, qu'est ce qui me retient de l'y inscrire ? Pourquoi, au fond de moi, j'ai cette intuition que ce n'est pas bon pour lui ? Ce n'est pas la peur de le voir apprendre des millions de choses, au contraire ... Encore moins cette idée qu'il doive "profiter de la vie avant les choses sérieuses", ça, je n'y crois pas une seconde: les enfants ont soif d'apprendre, de travailler, de progresser (c'est d'ailleurs souvent nous les adultes, qui les en empêchons) ...

Et puis l'autre jour, en tombant sur cet article (désolé c'est en anglais) tout est devenu plus clair. En gros, ça dit que cette idée de pousser un enfant à un travail intellectuel plus précoce avec l'espoir que ça lui facilitera les choses plus tard est une erreur. Or, elles ont beau s'appeler "holistic", toutes ces écoles mettent énormément l'accent sur le travail intellectuel (et, dans une certaine mesure, languagier), au détriment des autres domaines de développement: émotionnel, physique et social. Et je ne parle même pas des besoins innés de l'enfants, tels que présentés dans la philosophie de Montessori (parce que tout le monde n'est pas forcément versé dans ses idées), qui sont le besoin de mouvement (grands et petits mouvements !), d'autonomie (contrôle de son environnement, liberté de faire ses propres choix), de stimulation sensorielle (alors là, c'est carrément le désert) ...

C'est une erreur, j'en suis persuadée aussi, parce qu'à ne pas vouloir respecter les "DAP" (Developmentally Appropriate Practices, en gros les Pratiques Éducatives Appropriées -au Dévelopment-), on essaie de gagner du temps en oubliant qu'une maison aux fondations posées à la va-vite ne tient jamais vraiment bien.

Parce que la petite enfance est une période importante en elle-même, qui ne devrait pas être employée à préparer les enfants pour la prochaine étape d'apprentissage. Le temps passé dans ces petites écoles à écrire des lignes de lettres sur commande, répéter des mots sur des flashcards, rester assis à écouter (anticiper les étapes ultérieures), ce n'est pas du temps de gagné. C'est du temps volé au développement des sens, de l'autonomie, de la construction de l'imaginaire, de l'expérimentation du monde qui nous entoure, de la possibilité de relations authentiques avec leurs pairs. Et ça finit toujours par manquer un jour ou l'autre, parce que c'est tellement important pour la construction d'une personne. Ce n'est pas simplement un choix dirigé vers une performance académique supérieure, c'est carrément contre-productif, parce que dans certaines situations on tente de combler les lacunes d'un système qui mise tout sur le travail académique, en proposant ... le même travail académique encore plus précocément !

Et pourtant ce système est présenté comme un des meilleurs, si ce n'est le meilleur du monde. Comment oser en douter ? Comment s'y retrouver ?

Aors j'ai beaucoup lu, et beaucoup écouté autour de moi, et aussi beaucoup réfléchi. J'ai fini par comprendre ce que je cherchais, et qui, malgré l'offre pléthorique de preschools à Singapour, est si difficile à trouver.
Je me suis demandée si je n'étais pas un peu difficile quand même. Est-ce parce que c'est mon petit dernier, que je veux lui offrir ce que je crois sincèrement être le mieux pour lui, sans compromis, parce que ces années sont si précieuses ?
Ou parce que depuis une dizaine d'année, j'ai eu le temps et le loisir d'observer les choses, ici et là, tester et faire le tri (on a testé 4 écoles maternelles dans 4 pays différents quand même, je pourrait lancer un banc d'essai !). Il y a eu des "petites pépites" (en Afrique du Sud, une école Montessori locale), des "bien sans plus" (justement, cette école Montessori à Singapour, en 2009), et des "plus-que-bof" (la maternelle à Shanghai).
Maintenant, je sais ce que je veux (en plus de ce que je ne veux pas !). Ça doit être ça, le début de la sagesse ...

J'ai aussi admis que l'école de mes rêves, je ne la trouverai pas à Singapour. Peut-être qu'un jour, quelque part, c'est moi qui la ferai sortir de terre pour d'autres petits enfants que les miens, qui sait ?

Et en attendant, il joue.

(et il s'auto-congratule, lui aussi ... ça doit être de famille !)

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28 mai 2017

Fêtes des mères, faites des mots

Chez nous (et presque partout ailleurs dans le monde) c'était il y a deux semaines. En France, il paraît que c'est ce dimanche. Voici une petite lettre qui m'a fait bien rire (et j'ai au passage découvert ce type, fort doué pour jouer des mots).

Et d'autres petits mots d'amour, moins habiles mais pas moins touchants. Les cartes de l'autre jour, revenues de l'école. En phonétique et en français pour Salomé (et aïe, l'orthographe, qui se dégrade nettement), en phonétique et en anglais pour Joseph (oui, pour décrypter, il faut avoir l'habitude).

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19 mai 2017

{this moment}

{this moment} - A Friday ritual. A single photo - no words - capturing a moment from the week. A simple, special, extraordinary moment. A moment I want to pause, savour and remember.

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