Dix pieds sur Terre

21 avril 2017

Il se passe quoi ici ?

Alors que se passe-t-il chez nous ?

Rien de bien extraordinaire ... Chacun est bien occupé, en fait, à faire ce qu'il a à faire. Les grands à être sérieux et à déballer des cartons. Les petits à disperser le contenu des cartons partout dans la maison et à jouer à l'aire de jeux. Nous voilà chez nous (j'ai débranché la connection "pour combien de temps?" dans mon cerveau). Je fais comme si.

L'autre jour, j'ai réalisé qu'en ce moment, je n'avais pas du tout envie de penser à voyager. L'idée d'organiser un séjour, des billets de train, des programmes, des étapes ... me repousse profondément. J'ai supprimé AirBnB de mes favoris et j'ai du me forcer un peu à prendre ces billets d'avion pour la France cet été. Pas que je n'ai pas envie d'y être (au contraire), juste l'effort de me projeter dans un voyage ... Paradoxalement, j'ai fini par envoyer MonsieurPapa acheter cette foutue table à repasser et procrastiné l'achat d'un panier à linge pendant plusieurs semaines aussi. Ça aussi, j'ai du mal en ce moment (mais ça c'est sans doute parce que j'ai aussi du mal à reprendre une vie normale).

Dans mes rares moments de "libre", je farfouille Pinterest à l'affût de hacks pour la maison, d'astuces et d'idées (sans aller jusqu'à dire que c'est de la "déco" quand même). Je bouquine le livre de Planningwithkids, je complète mes listes de "home projects". Aucune envie de nous concocter des itinéraires, d'appeler des hotels, sortir, quoi. MonsieurPapa voudrait qu'on se fasse un week end en Malaisie. Moi, je suis en full-time Singapore settling-in period. Hé oui, on ne peut pas être tout le temps en mode multi-tâches.

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Alors, je prends mon temps. Je me rappelle de cette idée, lue il y a longtemps dans ce livre (The Joy of Less, a minimalist living guide, une bible que je relis dès que je peux !). Quand on déménage dans une nouvelle maison (qui plus est dans un nouveau pays), c'est comme un nouveau départ, on peut choisir d'organiser sa vie différemment, parce que c'est comme une page blanche, on peut faire du tri, réfléchir à comment on voudrait vivre à cet endroit, tout est neuf, tout est à écrire. En vrai, on peut aussi faire ça dans la maison qu'on habite depuis 10 ans ... mais c'est beaucoup plus dur ! Alors puisque nous avons du presque tout racheter en arrivant ici, je me suis dit que ce serait bien de ne pas se précipiter, de prendre son temps pour décider de ce qu'on veut vraiment, de comment on veut l'"habiter", cette maison. Sans chercher la perfection, la déco-qui-en-jette (et puis, on n'est pas doués pour ça), juste faire de cet endroit, un vrai chez-nous, choisi et plaisant.

J'ai donc fait un peu de peinture (aidée, mais pas longtemps), ressorti les affichettes, un peu partout dans la maison (brossage de dents, lavages de main, emploi du tempstableau des responsabilités -à actualiser, et d'autres à venir encore), cogité pour nous installer des meubles qui correspondent à notre mode de vie, j'ai discuté encore et encore (avec les enfants, principalement) de comment on voulait s'organiser pour que tout le monde soit satisfait.

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Pour moi, les deux gros changements de ce mois d'avril, c'est le bus scolaire, qui me délivre maintenant des deux aller-retour quotidiens en bus pour les emmener à l'école et les lunchboxes.

Jusqu'à présent, c'était cantine, mais ça plombait un peu le budget ... Ça m'angoissait un peu de devoir préparer trois repas en plus tous les soirs (parce que je sais bien que je ne peux pas compter sur l'hypothétique reste de la veille et je ne veux pas qu'ils mangent tous les jours la même chose), alors j'ai bien travaillé: compiler une liste d'idées de repas (critères: froid, bons, équilibrés, variés, facile à manger), dégoter le matos (des boîtes à compartiments), faire un petit planning sur deux semaines, tester les quantités ... se lancer ! Et ajuster, quand au retour untel n'a pas eu assez, ou alors a mangé au dessert la barre de céréale prévue pour le goûter (parce qu'en plus, il y a 2 goûters par jour à prévoir), faire des compromis quand l'un ne veut pas de fruit du dragon, ou des longans etc ...

Et non seulement ça marche pour les enfants, mais j'ai depuis un client supplémentaire (qui sinon, mange une barre de chocolat devant son ordi ... ou rien du tout), alors je prépare maintenant quatre lunchboxes ! (sauf que lui, il n'a pas encore la belle boîte qui va bien ...).

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C'est beau, hein ? Mais ça vire un peu à l'industrie ... comme beaucoup de choses dans une famille nombreuse, finalement !

Pendant ce temps-là, eux, ils jouent. Ils ont retrouvé leurs jouets, emballés depuis presqu'un an. Ils ont tout redécouvert, avec des cris de joie, les Lego's, les Playmobil's, les déguisements, la dinette (et ont tout flanqué par terre en un rien de temps). Augustine a remis illico son déguisement de Harry Potter (par 30 degrés ... la clim de leur chambre était en panne). Tout était en vrac (à cause de la peinture des blocs pas finie).


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Un peu plus tard, on a ouvert un autre carton. Il y avait dedans des mois entiers de magazines pas livrés pour cause de pas d'adresse fixe. Et c'est magique, ils ont tous disparu dans leurs chambres ...

Et puis, je cours aussi (le Jardin Botanique, pas loin, me sauve: courir le long des boulevards me rend malade), je nage (le soir, l'eau est juste tiède, en faisant la planche, les oreilles sous l'eau, je n'entends plus le bruit du trafic, je vois quelques étoiles et les lumières autour, je me crois seule au monde et exactement à ma place), je note tout et j'arrive à finalement n'oublier que peu de choses dans la folie du quotidien. Je me mets des petits défis, je rêve, je prends mon temps, aussi.


02 avril 2017

Petit bonheur du 2 avril

Pour déplacer MiniMan, on est passés du combo "porte-bébé/voiture" (en France et en NZ) à "poussette/bus" (à Singapour) (et avant ça, yavait eu le bike trailer à Shanghai) ... parce qu'ici la voiture, c'est trop cher et que le porte-bébé, c'est trop chaud.

Mais dans le bus, on doit plier la poussette ... la galère (surtout quand on le prend au minimum quatre fois par jour pour déposer et récupérer les grands à l'école).

Et puis d'un coup ...

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Danse de la joie dans le bus !

Bon, lui, il ne s'est rendu compte de rien, l'ingrat ...

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01 avril 2017

... et reprendre une vie normale ...

Et voilà, reprendre une vie normale, c'était le menu des quelques semaines que nous venons de passer à Singapour (et c'est pas complètement fini). Encore un truc que j'avais un peu beaucoup complètement zappé et qui est venu me tirer par le bas du T-shirt, du genre "Hé, mais toi, tu croyais pas que tu allais t'en tirer comme ça ?". Reprendre l'école et le travail, une vie avec une maison, un emploi du temps routinier, des contraintes, les milliers de petites choses qui nous empoisonnent enrichissent la vie quand on vit une vie, comment dire, euh ... normale, quoi !

Pourtant, c'est pas comme si,ces dernières années, je n'avais pas lu et relu des blogs de voyageurs, d'expatriés (et d'ailleurs, je commence à arriver à saturation ...), où l'on parle des difficultés, qui de la re-patriation, qui du retour à la "vie d'avant" après un long voyage (les tourdumondistes, principalement).

Malheureusement, mes grands principes de faire les choses simplement ont parfois du mal à infuser mon entourage direct, alors on s'est fait un petit cocktail perso: reprendre une "vie d'avant", en expatriation dans un pays qu'on a quitté 7 ans plus tôt ... (les noeuds au cerveau, c'est cadeau).


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Dans le tourbillon des premières semaines, j'ai soigneusement passé outre les bons conseils de ces fameux articles, j'ai navigué entre le connu (les noms des rues, des malls, l'accent, que j'ai revêtu comme une cape d'invisibilité), les bonnes nouvelles (les poubelles de recyclage, que l'on voit un peu plus ! les transports en commun: pour une fois, merci les apps qui me permettent de parcourir la ville en sautant de bus en bus comme une pro, les livraisons de groceries ...), et les indécrottables grincements de dents (la clim' qui congèle, le monde partout, la sur-stimulation, les écrans ...). Une vraie touriste, enthousiaste et bourrée d'énergie, quoi.

Mais surtout, j'ai travaillé comme jamais à nous installer. Dans la maison (un autre cadeau: les ampoules après le montage des meubles Ikea), les rangements, les nettoyages, les "détails" (avoir une ligne internet, une machine à laver qui marche, décider de la taille d'un matelas, de la couleur d'un canapé), les premiers approvisionnements, les contrats, les relations. À l'école: gérer les montagnes d'infos qui nous tombent dessus, les emplois du temps de chacun, les jours de sport, de bibliothèque, le bus, la cantine, les boîtes-à-snacks, les devoirs, les sorties scolaires, tous ces "détails" qui font que tout roule, dans la joie et la bonne humeur. 

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Sur le moment, j'ai cru me trouver devant une montagne, tout me paraissait énorme. Pourquoi soudainement cette invasion de tant de petites choses, d'inscriptions, de papiers, de coups de fil, d'emails, de mots de passes, de rendez-vous, de listes ? J'avais l'impression de gérer une multinationale, avec des clients à droite, des fournisseurs à gauche, des réunions administratives et un flux d'informations à ne pas rater, des approvisionnements à assurer, sinon c'était le breakdown. Alors je me disais "Oui, c'est normal, c'est le début, c'est toujours comme ça quand on arrive dans un nouveau pays, finalement. Ça va se tasser."

Mais en fait, il y avait autre chose, et cet autre chose, c'est exactement ce que décrivent les retour-du-mondistes après plusieurs mois de voyage-sac-à-dos: cette impression de flotter dans un monde qui n'est pas/plus le sien, d'être envahis de possessions inutiles (et nous n'avons pas encore récupéré nos cartons), d'avoir été transporté ici dans une bulle qui a éclaté depuis, de voir son quotidien encore tout récemment si "simple et si beau" être pollué d'enquiquinements aussi futiles que matériels. Ce qu'on pourrait appeler le "retour à la vraie vie" (comme si, ces derniers mois, on avait vécu une "fausse vie").

Eh bien (scoop !), c'est très désagréable. Parce qu'on arrive avec nos valises qu'on n'ose pas trop déballer (de peur de refermer ce chapitre pour de bon ?), que nos rêves ne résonnent nulle part autour de nous, que tout le monde se fiche un peu de nos souvenirs (et que même entre nous, on n'ose pas trop en parler, la peur d'un certain passéisme ?). Encore un scoop: forcément, une expérience pareille, même quand on voyage déjà un peu, ça laisse des traces. Et ça rend le retour difficile à gérer, au point qu'une paire de fois, j'ai eu juste envie de tout laisser, de repartir, parce qu'au moins, là-bas (ou avant, ou en voyage), c'était simple. On faisait l'école sans se préoccuper de la couleur des chaussettes des enfants, on partageait les casseroles avec des inconnus, on se fichait de la couleur des canapés, on possédait moins, le bonheur était simple. Pourquoi alors le bonheur ici devrait-il obligatoirement s'encombrer de ces fastidieux détails ?

Recommencer quelque chose à Singapour, avec les enfants immuablement tournés vers l'avenir, laisse peu de temps pour idéaliser (ou ruminer c'est selon) ce qu'on a perdu ou même ranger proprement les restes de notre grand voyage.

Ces impressions, je m'entête à les écrire, enfin, ce qu'il m'en reste, pour eux, pour elles, pour plus tard (ou pour personne ? ces mots viennent avec la liberté de ne pas les lire, de ne pas s'y intéresser), mais c'est dur, c'est comme une espèce de vie à tiroirs, je me disperse, je n'en vois pas la fin (pourtant, j'avance ! À petits pas !).

En ce début du mois d'avril, même pas un mois depuis que nous sommes dans notre nouvelle maison, je sens déjà que les choses changent. Les valises sont toutes vidées, les routines sont plus installées, j'ai caméléonisé comme il faut, je me sens même presque (presque !) prête à récupérer nos cartons (leur vaisseau est tout proche ! après il y aura la douane) et à reprendre une vie normale. J'envisage encore quelques retours de flammes, c'est sûr. Je les appelle même un peu de mes voeux: se sentir vivante !
La bonne nouvelle, et c'est ce qu'espèrent tous les retour-istes, c'est que tout ça nous change (un peu, beaucoup). Il est illusoire de croire qu'on peut vivre de la même façon quand on est sur les routes que quand on est dans une maison, les habitudes ont la vie dure et l'environnement aussi. Mais si on a réussi à tout quitter une fois, on peut le refaire, on continuera à questionner nos conditions du bonheur, à garder en têtes les choses qui comptent vraiment pour nous... même dans une maison !

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Pour ceux que ça intéressent, une réflexion intéressante de ce cycliste au long cours (les blogs/sites des tourdumondistes ont tous un article "Retour", mais c'est toujours un peu la même chose, finalement).

24 mars 2017

Sur le chemin de l'école (du monde)

Les voilà à peine repartis pour un petit tour (12 semaines de classe avant les grandes vacances, mouhahaha !), que déjà, ya des évènements dans tous les sens. Sports Day, Spring Fair, et puis le United Nation Day, le tout en à peine 3 semaines.

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Encourager les membres de sa Maison (tradition dans les écoles d'inspiration anglo-saxonnes: les Houses, qui regroupent les élèves indépendamment des niveaux) pour le Sports Day, courir, tirer, lancer, revenir suants et fatigués. Recevoir un petit diplôme pour avoir mis tout son coeur et toute son énergie pour soutenir son équipe. Pour Augustine, me surprendre: "Quand mon équipe a perdu au tug of war (tir à la corde), j'ai pleuré." (comme ça, de but en blanc).

Le Spring Fair, c'est la petite fête de "printemps", des jeux sur le terrain, des activités, dans chaque salle, de la barbapapa et musique un peu forte. L'occasion de passer un peu de temps dans l'école, de nouer quelques contacts, pour les enfants, de se voir en dehors du temps de classe. Il faisait bien chaud ce jour-là ... Pour rigoler, on a enchéri sur le hamper basket (panier garni), celui qui avait pour thème "Cooking with kids", parce que justement, notre cuisine est encore très très vide (et puis qu'il parait que c'est pour la bonne cause). On n'y croyait pas trop, quand même, et puis, le lundi suivant: coup de fil "Vous avez gagné le panier !". Les enfants ont sauté de joie ! Depuis, on a toujours des placards vides, mais une manique, un presse-agrume et un moule à cake en silicone... Les filles se sont faites tatouer au henné, moi j'ai papoté (beaucoup), Joseph a essayé toutes les activités dans toutes les salles (bracelets en élastiques, bricolage divers, legos ...), MonsieurPapa en a vite eu marre de cette kermesse quand même. 

Et puis le International Day, le jour des fiertés nationales, vestimentaires, gastronomiques, tout ça. LE jour où il ne faut rien prévoir à cuisiner le midi, parce que des hordes de cuisinières d'un peu partout se sont surpassées et la bonne bouffe est offerte à chaque coin de stand. Les Européens, au rez-de-chaussées (sans la clim'), ont tenté de rivaliser avec les Asiatiques (à l'étage, dans la salle de sport fraîche), mais c'était perdu d'avance: tous les chef d'oeuvres culinaires du fait-maison s'étaient donné rendez-vous dans une seule pièce: Malaisie, Indonésie, Singapour, Chine, Vietnam, Corée, Japon, Thailande, Timor Leste, Phillipines ... Mon assiette en plastique à la main, je ne savais plus où donner de la tête, j'ai même regretté d'avoir pris un petit déjeuner le matin. Les petits Français de l'école se sont agglutinés sur leur stand national et ont bien tapé dans les crêpes (forcément...).
Mais j'étais aussi restée pour la parade, parce que je sais que ça se fait dans toutes les écoles, mais je ne sais comment, j'ai toujours réussi à rater ça. Et ça n'a pas raté: cinq minutes avant le début du défilé (au son des hymnes nationaux), on s'est pris une grosse douche bien typique du coin, on s'est réfugiés sous le porche de la cantine et le temps que ça se finisse, c'était plus l'heure, quoi ... 

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Dommage, car pour habiller ce petit monde-là, on avait, pour une fois, mis les formes, et fait une petite recherche Google pour savoir à quoi ressemblait un "French costume" (pour un non-Français). Alors c'est un espèce de mélange de caban marin (rayé bleu marine), avec un béret, un foulard rouge (basque ?), un pantalon un peu serré et une baguette à la main, évidemment ! Tant qu'à aller dans le cliché, on s'est bricolé avec le reste des cartons des meubles Ikea, des Tour Eiffel tricolores, et même sans parade, ça a été une belle activité de peinture !

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(le pauvre Joseph a absolument tenu à porter ce T-shirt rayé ... acheté sur internet ... avant de se rendre compte qu'il était doublé de fourrure !!!)

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Voilà où en sont nos trois grands, dans leur nouvelle école. Presqu'un mois après leur reprise, on peut dire que l'installation s'est passée quasiment sans anicroche. Oh, il y a bien eu quelques coups de mous, des après-midi où j'ai entendu des "J'en ai marre d'être la petite nouvelle pour tout", quelques crises de pleurs aussi ... Changer de pays, d'école, de copains, de langue d'apprentissage, c'est jamais facile. 
Mais quand même, quand j'ai vu leur aisance, leur débrouillardise, leur enthousiasme dans ce nouvel endroit, j'ai beau savoir qu'ils ont fait ça "tout leur vie", je me suis dit que, oui franchement, leur adaptabilité me sidère. Et je suis extrêmement fière d'eux.

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02 mars 2017

Au 20ième jour à Singapour

Et nous avons atterri, presque sans encombre. Le retard annoncé a été respecté, c'est l'efficacité conjointe de Singapour et de la Nouvelle-Zélande, et de la compagnie nationale du premier: même dans leurs ratés, ils sont professionnels.

Dans l'aéroport, j'avais fait une orgie d'achats de choses et d'autres (orgie toute relative à mon faiblard penchant pour le shopping): j'avais du temps à tuer. On avait nos papiers d'immigration sous le bras, tout est passé comme une lettre à la poste. Pour rallier la ville, chargés de notre fatigue et nos valises, on a pris un taxi, qui a glissé souplement sur les autoroutes, dans l'air noir et un peu chaud, les lumières des enseignes, les lumières de toutes les couleurs qui illuminent toujours la nuit de ce pays.

Je ne me rappelle plus de ce qu'on a mangé en arrivant, rien sans doute: il était 2 heures le matin pour notre horloge interne, après un vol mi-jour mi-nuit …

Ensuite, c'est une longue histoire de réveils bien trop matinaux, qui a duré bien trop longtemps: la réadaptation dans le sens Est vers Ouest, d'ordinaire indolore, avait été particulièrement pénible. J'ai une théorie là-dessus: de la même façon que l'exposition à la lumière du jour de la région d'arrivée aide à “se recaler” plus rapidement, je pense que notre façon de “vivre avec le soleil” en NZ (se lever tôt, passer beaucoup de temps dehors) avait fortement imprégné nos rythmes et avait rendu le changement plus ardu que d'ordinaire. Cette arrivée m'avait fait penser à nouveau à celle-ci et puis à celle-là.

Le choc est rude, on est transposés, littéralement. Il faut tout reprendre à zéro: la ville, les usages, les taxis, les Cold Storage, les téléphones, les cartes de transport, les centres commerciaux, les télévisions, partout.

Dans l'ordre des priorités: établir un compte bancaire (le nerf de la guerre), rendre visite à la future école des enfants, s'assurer que c'est bien ça qu'on veut pour eux. Commencer à visiter appartements et maisons, un peu frénétiquement, au départ, hésiter, calculer, changer nos plans, nos ambitions.

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Depuis deux jours, les enfants ont repris l'école. Pour eux, c'est “LA rentrée”, pas seulement “LEUR rentrée”. Les uniformes, les sacs, les formulaires, les emplois du temps sont préparés, les instants rêvés, les copains imaginés. On leur a trouvé une “petite” école, 700 élèves tout de même. Une école très internationale, mais sans trop de pression, on espère. Une où ils auront des bons souvenirs de rigolades et de deux-trois trucs intéressants pour plus tard (l'air de rien). Une école que j'espère être la meilleure transition possible après quelques mois de vagadondages et d'apprentissages en liberté.

Au delà de l'excitation et de l'impatience, j'ai ressenti une touche d'appréhension et de nervosité. Joseph a mis quelques minutes pour me lâcher la main le premier jour. Le deuxième, il a couru vers sa classe sans se retourner. Salomé a reconnu des camarades de classe dès le porche d'entrée le deuxième jour, et Augustine a tout de suite copiné avec une fillette qui lui a prêté un déguisement d'Harry Potter (pour le Book Day où on invite les enfants à se déguiser en leur héros de livre préféré). Même si, dans les grandes lignes, le système reste le même (école anglophone, même cursus PYP) leur capacité d'adaptation m'impressionne.

Il est vrai que si notre organisation de vie en Nouvelle-Zélande (le cadre, la disponibilité parentale) se prêtait complètement à des apprentissages informels d'une grande richesse, il n'en n'est pas de même à Singapour. Dans notre appartement au 7ième étage où on ne peut pas ouvrir les fenêtres (trop chaud, trop bruyant dehors), les enfants tournent en rond. Il y a la piscine en bas, où on va tous les jours, une petite aire de jeux, et des boutiques tout autour. On les a traîné aussi de bureaux d'immigration en guichets de banque, en visites de maisons, et ils n'en pouvaient plus (déjà), des couloirs du MRT, des centres commerciaux, des escalators, des visites d'appartements vides.


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Dans l'appartement temporaire

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La piscine de l'appartement-hotel

Pour sortir le week end, on a essayé de viser les parcs: Fort Canning Park, qui est proche mais sans aire de jeux pour les enfants, le wet park de Gardens by the Bay Children Garden, loin et pas facile d'accès, mais qui rafraîchit, Tiong Bahru park, le jardin Botanique, pour plus tard.

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L'aire de jeux de Tiong Bahru, un des "vieux" playgrounds de Singapour

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Le water play de Gardens By the Bay (et gratuit !)

MonsieurPapa aussi a repris le chemin des bureaux, salles de travail, chaises et ordinateurs de travail. Nouvel Employeur, mêmes routines. Il n'avait plus que deux chemises appropriées, on a jonglé les premiers jours, mais on a finalement dû combattre notre aversion pour le shopping et aller étoffer un peu ça (maintenant, il en a quatre …). À Singapour, le centre commercial de l'Asie du Sud Est, si c'est pas malheureux …

Et chez moi ? Stand by pour le moment. Je commence à percevoir que l'organisation scolaire des trois grands va relever de la haute voltige. Je lorgne du côté des preschools pour Manech, parce que vraiment, ça va lui plaire, c'est sûr. Je regarde, un peu, les écoles (pour moi, cette fois-ci) … Tout, en ce moment, est un peu mi-figue mi-raisin, suspendu aussi à ce leitmotiv: “quand on aura une maison à nous”.  


09 février 2017

Demain on part

À Auckland, le jeudi 9 février, il fait juste bon, ni trop chaud ni trop froid. Les fenêtres sont ouvertes, même la nuit parfois. Le temps idéal, parfois on prend une petite laine en sortant, qu'on met, ou pas.

Je plie des T-shirts, des shorts. Je les mets dans les valises.

La voiture est partie ce matin, chez un pompier qui veut la transformer en camping-car, comme cela se fait beaucoup ici: on prend un monospace, on enlève les sièges arrières, on met un matelas un peu surélevé, et hop ! Une maison à roulettes pour deux. Même si je préfère ça à l'avoir vendue trois fois rien à un concessionnaire, je n'aime pas savoir qu'elle va maintenant être sans doute un peu maltraitée par des petits jeunes en visa vacances-travail qui n'en n'ont rien à faire des points de rouille qu'ils vont créer en roulant n'importe où sur les plages... (et oui, je suis un peu jalouse aussi).

Il ne nous reste que quelques valises, et j'ai eu envie de pleurer en mettant dedans les chapeaux des enfants, la crème solaire et le produits anti-insectes: cela fait 4 mois que nous les gardons toujours (toujours) à portée de main.

Sur le papier, tout va bien. La voiture vendue, donc, le Super Shuttle réservé pour demain, la paperasserie d'immigration singapourienne est assurée jusqu'à notre arrivée (où il nous faudra transformer nos “Accords de principes” en Visas proprement dit), les premiers rendez-vous d'installation sont pris (école, recherche de logement, banque), on a même un point de chute le jour de notre arrivée et un billet d'avion (réservés il y a 2 jours, mais on est devenus très très relaxes sur ce genre de détails dernièrement).

On a dit au-revoir à nos amis, on a échangés menus cadeaux qui me serreront le coeur à chaque fois que je les regarderai dans les jours à venir. C'est plus facile de sourire et d'essayer de rester léger que de repenser à tout ce qui nous a mené ici.

C'est dans le calme avant la tempête du départ que je ressens le plus fort la tristesse du départ, de partir, de quitter. Nos amis, le pays, une partie de nos rêves. De dire au revoir à la liberté du voyage, à l'insouciance de ne s'occuper que de profiter de la vie, des enfants, de regarder autour de nous, de s'émerveiller. D'accepter le choix, la fin du voyage, le report de notre projet.

Ces derniers temps, cette insouciance avait été teintée de l'amertume d'avoir fait ce choix, de la difficulté de l'accepter, de l'incorporer dans mon histoire, de le faire mien, assumé, de m'en “contenter”, comme je sais le faire si facilement d'habitude.

Maintenant, il est juste l'heure de pleurer le départ, de se souvenir et de se promettre de revenir.

Plus tard, viendra l'excitation de s'installer, de recommencer, encore, des choses nouvelles, des endroits (presque) nouveaux, des amis nouveaux aussi, peut-être. Il va falloir, après plus de 7 mois sur les routes, sans maison fixe, sans emploi du temps, se caler dans un logement en dur (le nôtre, à notre nom), ne plus refermer la trousse de toilette tous les jours, ne plus refaire les valises, ne plus penser “On va où, après ça ?”. Retourner au même endroit, tous les jours.

C'est un peu effrayant, et séduisant à la fois. Combien de fois ai-je maudit ces valises, là, à côté de moi, maudit ces affaires, qu'il fallait emmener avec nous, partout ? Combien de fois ai-je rêvé d'une maison, rien qu'à nous, de ne plus tout remballer, et repartir ?

Mais aussi combien de fois ai-je savouré cette liberté de me lever le matin, de regarder la mer, de n'avoir rien d'autre à faire que de regarder la mer, y tremper les pieds, faire à manger, mettre le bébé à la sieste, rouler vers une autre destination ?

Sur les Routes de France, on a goûté à la liberté, sur celles de Nouvelle-Zélande, elle a pris une autre dimension.

Et après tout ça, je ne déteste même pas ces valises. Après ces mois passés ensemble, je ne suis pas sûre que je vais avoir envie de les vider tout de suite, de les ranger dans un placard. Cette idée stupide qu'en faisant des infidélités à nos objets, on renie un peu nos rêves ...

Demain, on part.

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29 janvier 2017

Changement de cap

Alors voilà, changement de programme.

Y-a-t-il jamais eu un programme ? Des projets, oui (mais ça commence presque pareil, s'pas ?). Des rêves, des envies (très fortes). L'envie d'être ici et d'y rester. L'envie de changer de vie, de vivre une vie plus proche de nos valeurs, de ce qu'on aime, de ce qu'on pense être meilleur pour nous tous.

Ça, ça n'a pas changé. Oh non.

Ce qui a changé, c'est nos chances de pouvoir réaliser ce rêve maintenant. Les grandes vacances d'été et de Noël approchant, on l'avait un peu senti venir. Nos premières approches avaient été prometteuses et puis le pays entier s'est tranquillement mis en pause, comme tous les ans, les discussions se faisaient moins intenses, les offres moins intéressantes. Le coup de fil reçu la veille de Noël a jeté un froid sur l'été d'ici (pourtant, il faisait juste bon): pour ce boulot sur lequel nous misions beaucoup (une promesse de visa de travail, notamment), on avait choisi un autre candidat. Coup dur, retour à la case départ (il était pas censé apporter des trucs chouettes le Père Noël, non mais sans blague ?).

Et dans le même temps, les messages de cet ancien collègue qui proposait un-truc-super-exciting-à-Singapour ont commencé à se faire plus pressants. Forcément, sur le terreau fertile du chou-blanc précédemment cité, la graine du job-de-la-mort-qui-tue prenait bien. J'ai résisté, j'ai avancé les arguments. J'ai tenté de négocier une base à Kuala Lumpur, parce que quand même, c'est plus "comme on aime" là bas (et puis, j'aurai pu retrouver mes gamins adorés, dans cette école). J'ai tenté sans y croire de jeter des sorts à distance à tous ces types, là-bas. J'ai maudit cette vie qu'on a quitté et qui nous rattrape, même à l'autre bout de la Terre.

On s'est bien pris la tête. On changeait d'avis toutes les deux heures (au moins, et en alternant sinon c'est pas drôle). Choisir la sécurité matérielle et (temporairement) géographique ou le mode de vie qui nous parle vraiment ? Risquer de se retrouver dans deux mois, le visa touristique arrivant à expiration, sans aucun endroit où s'installer, sans avoir de logement, sans pouvoir inscrire les enfants à l'école ? Ou risquer de se retrouver (même temporairement) dans une vie qui ne nous satisfait pas ?

Parce que voilà, Singapour, ça a beau être une super ville propre, civilisée, occidentalisée, proche de tous ces magnifiques endroits en Asie du Sud-Est, abondamment garnie en centres commerciaux, culturellement diverse et pourvue en multitudes de solutions éducatives pour les enfants, Singapour (et le job associé), ça reste aussi exactement ce que nous avons voulu quitter il y a 7 mois, et exactement ce qu'on n'aime pas.

La vie en ville (même moins chaotique que Shanghai), la vie sans contact aucun avec la nature, la vraie, la sauvage, l'obsession hygiéniste permanente, la vie ultra-matérialiste. La vie d'expatrié aussi, les gens qui vont et qui viennent (nous y compris), les histoires de sous, de maids, cette impression de vivre dans une bulle, etc ... C'est aussi un MonsieurPapa qui, au lieu de lever le pied, reprend un boulot hyper-prenant, entourés de "presseurs de citron" (je commence à les connaître un peu) où je crains que son taux de génération de cheveux blancs grimpe en flèche et sa disponibilité familiale dégringole en proportions inverses. Et puis savoir qu'on va faire tous ces efforts pour s'installer ... pour n'y rester qu'une paire d'années (c'est couru d'avance), c'est dur à encaisser. Et bouger, encore (où ?). Tout ça, je n'en voulais plus.

Et pourtant, on vient de re-signer. C'est dur. Encore plus dur d'admettre qu'on devrait être ravis de signer un contrat de travail qui nous garantit un confort matériel (ce qui est un privilège et dont nous avons bien conscience), mais qu'on a du mal à s'en réjouir vraiment. J'étais persuadée, une fois que le pas serait franchi dans ma tête, que ça irait mieux. Il m'a fallu plusieurs semaines pour accepter. Encore maintenant, au gré de nos rencontres, dans la simplicité qui accompagne beaucoup de nos moments ici, j'ai des vagues d'amertume. On est vraiment tombés amoureux de ce pays, on se voyait tellement y vivre (maintenant) parce que tout collait si bien.

Sauf le visa (un détail, une broutille).

On a du l'expliquer aux enfants, avec qui on était volontairement restés très clairs sur le fait que notre installation ici n'était pas garantie. Pour Salomé et Joseph, malheureusement, les noms des endroits où nous habitons sont encore interchangeables. Comprendre que notre vie là-bas n'aura rien à voir avec la vie qu'on a ici leur est difficile. Ils voulaient un jardinet où ils auraient planté chacun leur petit carré. Ils voulaient faire du vélo dans la rue et ils croient qu'il y a autant d'aires de jeux qu'ici. Ils voulaient s'installer et qu'on aie "notre maison à nous".
Salomé va être plongée a nouveau dans l'univers tentateur du shopping effréné et de ses copains d'école qui ont tous un smartphone. 
Joseph, lui, attend qu'on aie une maison pour que le Père Noël puisse lui livrer son vélo promis.
Augustine est déçue principalement parce que nous le sommes. Tous les trois sont par contre ravis de retourner à l'école, d'avoir une maîtresse (ou un maître) et des nouveaux copains.
Et Manech ? J'aurai adoré l'élever "à la kiwie", pieds nus n'importe où, le laisser grimper aux arbres, se rouler dans le sable, et même prendre cet accent (oui oui ... jusque là). 

Même si pour l'instant, il faut nous tourner vers l'Asie, vers notre installation à Singapour, 8 ans après (et les galères, les questions, les incertitudes qui vont avec), on sait qu'on reviendra en Nouvelle-Zélande. Avec toujours le projet d'y rester, pour un grand voyage ou juste de longues vacances. On n'a pas fini avec cet endroit.

Allez, pour illustrer, parlons encore de maisons (l'idée fixe ...) ... et les dernières productions des enfants sur ce thème ...

Augustine, Décembre 2016

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Salomé, Décembre 2016

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25 janvier 2017

Trampin'NZ: Te Mata Peak (the Giant Among Us)

Autour de Hastings, il y a la mer (Hawke's Bay), beaucoup de vergers et de champs de fruits et quelques "rolling hills". Et puis, ici et là, on entend parler de ce "peak" (400 mètres d'altitude ... quand même !)... qu'il faut absolument grimper !

Soit. En route, justement, on a du temps à tuer en ce moment !

Il ne faisait pas très beau ce jour-là, on a évité la pluie jusqu'au dernier moment. Comme je voulais marcher sur la crête, on a choisi le Rongokako Trail (sentier bleu clair sur la carte ci-dessous). La balade montre tranquillement en serpentant dans une forêt de pin, avant d'atteindre un paysage de hautes herbes jaunies. 

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Sous un ciel gris, c'était beau, ces couleurs un peu minérales, ce vent pas vraiment froid qui soufflait quand même un peu au point de nous faire sentir un peu seul, dans un coin sauvage. De fait, ça n'avait rien de sauvage: il y a une route goudronnée qui monte jusqu'en haut du "pic" et quelques visiteurs, locaux et d'ailleurs aussi, qui prennent quelques photos, tranquillement. Mais en montant, on ne voit pas grand monde, en fait.

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La dernière montée: il y a des pentes assez raides quand même !

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Une fois en haut, c'est vrai que le paysage était beau. On voyait la mer en regardant vers le Nord, les collines autour. Ce qui frappait, c'était la couleur de la terre, qui hésitait entre le beige et le vert-jaune, tachetée de bosquets vert sombre. Une belle palette ! On a grignoté un peu, parlé avec des Anglais en voyage, on avait le temps !

À la redescente, on a croisé quelques vélos, parce que le chemin piéton croise celui des courageux VTTistes (ceux qui montent). J'ai le souvenir d'une balade silencieuse (oh ! Les enfants ont sans doute parlé et parlé ! mais je ne m'en souviens pas ...).

La fin de la boucle coupe les lacets de la route, à la montée, c'est un peu lassant mais ça descend bien. Quelques grosses gouttes chaudes se sont écrasées sur la terre nue juste avant que nous atteignons la voiture.

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 Te Mata ParkRongokako Trail, 5.5 km, environ 2 heures 15 de marche.

Départ et retour: Main Gates Car Park, Te Mata Peak road 

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22 janvier 2017

East Cape roadtrip: Hastings

Il nous restait quelques semaines à passer dans l'Ile avant de partir pour de nouvelles aventures, mais pas de date réellement fixée. L'incertitude d'avant le départ, on connait: savoir qu'on va partir, mais quand ? Une vague date de début de contrat pour MonsieurPapa, mais tout est plus ou moins lié à l'échéance de la procédure d'immigration (again and again). Moi, je voulais aller dans le Sud, encore, au Abel Tasman Park, dans ce coin-là qui me faisait rêver. Il nous fallait rouler tout du long et puis passer le ferry entre les deux îles ou alors prendre l'avion et puis louer une autre voiture.

Les choses se précisant, on s'est dit finalement que le temps nous manquerait: tant qu'à y aller, autant ne pas se presser ("ne pas se presser" a toujours été l'un de nos leitmotivs récurrents, mais là, il était carrément accroché en haut de la liste). Notre rythme, au fil des jours de ce voyage, s'était imperceptiblement ralenti, je nous voyais rouler un peu, s'arrêter, manger quand on a faim, rester plus longtemps dans un endroit qu'on aime, ne pas compter les jours. 

Alors on a mis Abel Tasman de côté et on s'est décidés pour une petite boucle vers Bay of Plenty, en commençant par mettre le cap au Sud, vers Hastings. Notre programme était un peu "flottant", on voulait s'arrêter à Hamilton, une invasion de microbes chez nous amis qui a retenu, alors on a réservé pour le soir-même une petite maison entourée de verger. La route était merveilleuse, les grands espaces, les belles lumières ... On était vraiment vraiment zen: toute la pression de savoir si on allait rester en NZ ou pas nous avait quittée, on n'avait plus qu'à en profiter.

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Dans la ferme où nous sommes restés (finalement un peu plus que prévu), nos hôtes étaient un peu émus: nous étions leurs premiers "invités", ils avaient séparé leur grande maison en deux et nous "testions" un peu l'endroit pour eux. Il y avait une piscine (froide !), des poules (et Joseph s'est pris de passion pour la recherche de l'oeuf matinal), une petite cour calme, des arbres fruitiers juste derrière. Les freesbies ont atteri maintes et maintes fois sur le toit (mais apparemment, nous n'étions pas les premiers à qui cela arrivait), et moi, j'ai adoré cuisiner une ratatouille et inviter nos hôtes "chez eux".

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Un jour qu'il faisait moyen, on est allés à Napier visiter l'aquarium et se balader le long de la plage. 

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Et encore un playground de malade....

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Voilà encore un endroit qui est à peine marqué sur les cartes touristiques (enfin si, Napier, pour son architecture Art Déco persistante), mais où on serait bien restés, tiens.

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18 janvier 2017

Ouvéa, au paradis

Comment raconter ces quelques jours, sur une île, encore plus petite (de la NZ à la NC, à Ouvéa, on tombe dans le domaine du confetti, là) ?

Raconter le voyage, dans ce petit coucou dans lequel on ressent chaque secousse, mais où on ne peut pas avoir peur: il suffit de jeter un coup d'oeil par le hublot ... un truc de dingue ...

L'îlot Maître

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Ouvéa

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 Raconter l'hotel, un vrai truc "chic" comme dit Salomé (elle adooooore les trucs chics). Avec la clim, des grands lits, la mer, juste en face. Ah oui, la mer. Juste fraîche comme il faut, la température complètement parfaitement idéale. La douceur du sable, les quelques vagues, qui frappent, en cadence. Une espèce de solitude, à cause de la forme de l'endroit: au bout du bout. Tous les soirs, les couleurs du couchant, le silence. Une espèce d'indolence m'a emportée: à quoi bon bouger ? À quoi bon organiser des trucs, des sorties, des activités ? On peut s'asseoir et regarder les enfants jouer, dès le matin, sur la plage. Dans l'eau, sur le sable, rester aussi des heures dans la piscine, s'inventer des jeux avec leur copine du moment. L'endroit se suffit à lui même.

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 On n'a pas posé les valises, on n'a rien "fait", cette semaine. J'ai laissé partir toutes ces idées, mis beaucoup de choses derrière moi. J'ai regardé la mer, repris les choses, puis laissées à nouveau se déposer. J'ai aussi parfois fait semblant que tout ça n'existait plus, ce n'était qu'un rêve. J'ai fait l'autruche, parce que sur ce confetti, c'était vraiment la meilleure chose à faire. J'ai sédimenté.

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Tout cette absence d'agitation intellectuelle a-t-elle contribuée à sublimer le goût du poisson frais, servi quotidiennement ? Sans être des grands amateurs, on s'est régalés. Cru, cuit, grillé, à la vanille ou au gingembre, tous les jours, quel délice. Le goût de mes vacances a rarement celui de mon assiette, cette fois-ci doit être l'exception qui confirme la règle ...

Quand même, MonsieurPapa n'a pas suivi mon trip tous les jours: il a fallu sortir. Parcourir les quelques kilomètres qui nous séparaient de la plage d'à côté, pour une sortie snorkelling, quelques trous d'eau, creusés dans la rose abrasive. Passer l'après-midi au milieu des arbres, sauter, plonger, remonter ... jusqu'à plus soif.

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Plonger encore avec les masques, tenter pour moi d'apercevoir une tortue (rien qu'une seule ! Je serai repartie bredouille ...). Cet autre jour, prendre un bateau pour rejoindre un autre confetti, y plonger, y nager, manger du poisson grillé sur la plage. En route vers le coin aux requins, croiser une raie manta, énorme bestiole, grisante rencontre ...

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En partant, les enfants avaient la peau caramel, et une encore plus grande habileté à grimper aux arbres ...

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