Dix pieds sur Terre

25 novembre 2017

Sorties du week end en famille

Parfois on reste à la maison, parfois on bouge. Le week end, c'est devenu presque une habitude, MonsieurPapa embarque la marmaille quelque part: le zoo, le parc des oiseaux ou des rivières du monde. La carte d'abonnement à l'année, amortie en trois visite, ne moisit pas dans un tiroir ... Il y a aussi les musées, les galleries, les balades en forêt, le jardin botanique (la "petite" sortie quand on n'a pas envie d'aller trop loin: Augustine râle que les jeux d'eau sont trop "bébé" ...). Des fois aussi, je me joins à la troupe ..., 

Le jour de Deepavali, pour panser mes plaies, je les ai emmenés pique-niquer sur East Coast Parc, il y avait plein de monde (jour férié oblige), mais ça ne m'a même pas dérangée. On a sorti la nape de pique nique, on a joué au Cocotaki, et on a même pris des couleurs !

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La dernière trouvaille en date, c'est le ArtScience Museum. C'est dans un mall, évidemment, c'est très singapourien, il y a des écrans partout, mais sympa quand même, surtout quand on est accompagnés d'amies. Dans la salle des vagues, je serai bien restée longtemps, mais j'étais un peu chagrine que ces vagues façonnées à l'ordinateur qui explosent en silence sans répit, c'est exactement le même spectacle que l'on pourrait s'offrir en hiver, le long d'une côte rocheuse et un peu sauvage n'importe où dans le monde. Mais nous sommes singapouriens maintenant et nous méditons devant des vagues électroniques, dans une salle sombre et climatisée. Au ArtScience museum, il y a des lumières et des couleurs partout (mais sur fond noir), les fleurs jaillissent sous nos pas, les toboggans s'illuminent au passage des enfants, les dessins des enfants deviennent mouvants sur les murs de lumière.

Les enfants peuvent y passer d'incroyablement longs moments, et y revenir sans se lasser. Ils voient leurs créations flotter au-dessus de leurs têtes, ou alors tapent dans de gros ballons mous et colorés, font apparaître et disparaître du feu, de l'eau, des animaux imaginaires ...

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Une autre "family favourite", c'est un des parcs du quatuor des parcs animaliers de Singapour: le Rivers Safari (découvert en 2013). Les enfants aiment, évidemment, il y a des aquariums partout et moi je rêve de rivière en rivière ... 

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Il y a aussi à Singapour un certain nombre de sentiers de balades. Au fur et à mesure de mes découvertes (à la course, surtout), je traîne un peu tout le monde dessus, parfois, le dimanche, parce que j'en ai marre de passer du temps à l'intérieur ... Le tour du MacRitchie Reservoir, et aussi cette fois-là, une portion du Southern Ridges: les Henderson Waves (pont en forme de vagues), et le sentier-passerelle au milieu des arbres. On retrouve la forêt dense et un peu sauvage. Le meilleur moment pour y aller, pour nous, c'est en fin d'après-midi, quand il ne fait plus si chaud, mais que les lumières sont encore belles. Nous ne sommes pas tous seuls, mais le plaisir est là quand même. Tout le monde rentre suant et assoiffé, mais c'est un bon moment.

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Et le clin d'oeil à Guérinette la Goutelette (déjà rencontrée ici), au MacRitchie, l'autre jour ... ou alors c'est sa cousine, me disent-ils ?

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24 octobre 2017

Un an plus tard ...

J'avais ce projet dans la tête, avec un plan plutôt "cadeau de Noël" ... mais en prospectant, je me suis trouvée un peu embarquée dedans, et puis ... pourquoi pas ? Il n'y a pas besoin d'occasion, finalement (et aussi: je suis en train de nous préparer un très beau cadeau de Noël, déjà ...).

Sans l'avoir prévu comme ça, il s'est donc passé un an, presque jour pour jour entre notre départ pour la Nouvelle-Zélande et la réception du livre de cette aventure, compilé et imprimé à partir de mes écrits et de nos photos de cette formidable aventure. 

L'impression bloguesque, facebookienne, instagramesque (et j'en passe et des meilleures) a le vent en poupe. De plus en plus d'entreprises en ligne proposent ce service. Du journal (de bord, intime, de voyage etc ...) en version papier, on était passé au journal numérique immatériel, et voilà le retour au concret, aux pages et à l'encre. Est-ce un juste retour aux sources ou simplement une aubaine de marketeurs ayant flairé la bonne affaire ? Peu m'importe. Depuis des années déjà, je m'oblige à régulièrement enregistrer mon blog, page après page, en .pdf, sur un support "hors ligne", pour "au cas où", pour le garder quelque part. L'imprimer sur papier me prendrait des milliers de pages (ce blog a fêté ses 8 ans en avril et compte près de 900 billets).

Mais pour ce voyage en particulier, notre plus grand voyage à 6, qui a touché notre coeur, j'ai voulu en faire quelque de particulier. J'ai donc repris la cinquantaine de billets écrits entre octobre 2016 et février 2017, et mis tout ça dans un livre. Quelques jours plus tard, j'ai reçu la chose: 500 pages (le maximum autorisé !) de notre aventure kiwie, beaucoup de belles photos, des souvenirs, déjà ...

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À regret, j'ai du écarter les notes sur notre escapade en Nouvelle-Calédonie, sinon ça rentrait pas. Et sans l'avoir calculé, j'ai réalisé que cela faisait un an déjà que nous avions commencé cette aventure. Comme les choses changent vite.

Les enfants (qui n'étaient pas très au courant de l'existence de mon blog), ont découvert le livre avec beaucoup d'intérêt, ont voulu le feuilleter, et pour les filles, lire les billets. J'ai l'espoir qu'il contribuera à entretenir les impressions qu'ils gardent de ce voyage sans pour autant remplacer leurs propres souvenirs ...

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23 octobre 2017

À la course !

On dit que les chiens ne font pas des chats. Je ne suis pas une hase, je cours beaucoup mais pas vite, en tous cas beaucoup moins vite que MonsieurPapa, avec ses grandes foulées insolentes. Alors il semble bien que notre Aînée aie pris beaucoup plus de son père que de sa mère: elle aussi court (vite) et elle aime ça !

Depuis notre arrivée à Singapour, je traîne régulièrement sur JustRunLah pour me trouver quelques petites courses sans prétention, mais qui ont le mérite de me mettre des petits défis (et de me faire plaisir ... mais de moins en moins de route et de plus en plus de chemins). Et de loin en loin, il y a des courses pour enfants, alors j'ai proposé à Augustine de s'y inscrire, si elle le souhaitait. La première, c'était la Kindness Run, en avril, il y a quelques mois déjà ...

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... une modeste course dans le Pasir Ris Park, où je m'étais inscrite pour le 10K. Il y avait un petit 1.2K kids Dash (800m pour Salomé, je crois bien). J'avais prévenu Augustine, en imaginant une grande course avec plein d'enfants jouant des coudes et super entraînés: "Ne t'attends pas à gagner".

Résultat:

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... qu'on a même pas su, sur le coup en fait ! On est rentrés tranquilles à la maison et j'ai reçu un email quelques jours plus tard pour aller chercher le machin. Augustine était sur un petit nuage et moi je me sentais bête avec mes mises en garde ...

Elle y a pris goût (et a entraîné sa soeur avec elle, qui participe plutôt en dilettante), et en septembre: la PassionRun, sponso par une grosse banque d'ici. Là, pour le coup, c'était une autre échelle: des centaines d'enfants, une organisation de malade, par âge, catégorie, distance, et tout et tout ... 

Je les ai emmenées de bon matin dans le bus, elles étaient toutes excitées avec leurs dossards et leurs puces ...

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Et top départ (1.2K aussi je crois bien) ...

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(Voyez-vous Salomé ? sur la droite ...)

Sur cette course, Augustine est arrivée 9ième sur 250 (4min32 pour le 1.2K), Salomé 30ième sur 246 (4min07 pour le 800m), elles étaient contentes !

Il y a eu aussi la Fun Run organisée par l'école dans le Jardin Botanique, qui a servi aussi de séries de qualifications pour la Cross Country Team de l'école. Augustine, qui rêvait d'en faire partie, a eu son ticket d'entrée, et elle était très fière. La voilà donc partie pour des entraînements hebdomadaires (le jeudi de 8 à 8h45, arf !), et des sorties d'entraînements avec d'autres écoles au MacRitchie Reservoir et au Bedok Reservoir. Je suis contente de voir qu'elle y met tout son coeur (et ses jambes !), qu'elle apprend plein de choses et surtout qu'elle y cultive son esprit de compétition (parce que c'est pas avec sa mère qu'elle va faire fructifier ce genre de compétences ...). Enfin, surtout, qu'elle y prenne du plaisir, qu'elle apprenne à savourer ses victoires et accepter ses défaites... 

Et la dernière course en date, pour Augustine et moi (en équipe, yeah !): la Jungle Run, un 5K qui se court, comme son nom l'indique, dans les sentiers de la forêt, dans le nord de Bukit Timah. Dans la boue, sur les cailloux, avec des obstacles naturels et artificiels (rivière, poutres etc ...), on s'est bien amusées et on est rentrées trempées et boueuses ! On n'a pas gagné évidemment, c'était son premier 5K, et compte tenu des conditions, elle s'est bien débrouillée ! (45 min, 20ièmes sur 86 équipes). J'aurai bien aimé avoir des photos parce que la course, pour le coup, était dans un joli cadre ...

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Maintenant, Augustine veut m'accompagner quand je vais faire mon petit tour au Jardin Botanique, alors elle fait une longueur (2-2.5 K) et moi je repars dans l'autre sens pendant qu'elle m'attend. Ça lui fait plaisir je crois, de partager cette activité (et moi aussi) ... Salomé, elle, fidèle à elle même ne court que quand c'est super fun et qu'elle a le T-shirt qui va bien.

Mais ce n'est pas fini. Les trois grands attendent avec grand enthousiasme la course organisée dans l'enceinte du Zoo, en janvier prochain. Cédric fera le 10K pour les grands, les enfants un 2.5K Kids Dash et moi j'applaudirai tout ce petit monde ! Il faut que j'en profite encore, avant que mes enfants ne courrent vraiment plus vite que moi !

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20 octobre 2017

{this moment}

{this moment} - A Friday ritual. A single photo - no words - capturing a moment from the week. A simple, special, extraordinary moment. A moment I want to pause, savour and remember.

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Calao pie (Anthracoceros albirostris) sur Malcolm road vers 17h ...

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18 octobre 2017

Suite et fin

Ce soir, j'essaie de faire taire ce petit refrain qui voudrait bien tourner en boucle dans ma tête: "I told you so", le truc que je déteste me dire à moi-même, parce que ça avance à quoi de se rappeler qu'on s'est planté ? Ça aura finalement duré 2 mois. Deux mois de montagnes russes, d'efforts, de changements de programmations, d'accommodements (de mon côté, de celui des autres aussi je suppose ?), deux mois semés de frustrations, de doutes et de grands espoirs, mais qui n'en n'a pas au début de chaque nouveau projet ?

J'avais signé pour un temps partiel en juin, appris en août que ce serait un temps plein "provisoire", avec Manech, puis sans Manech finalement parce que c'était une erreur de le mettre là dedans (admettre mon erreur, chercher une solution alternative, organiser les nouvelles routines ... rapidement parce que tout le reste doit suivre sans à-coup). Après une paire de semaines à ce rythme-là, j'ai compris une autre erreur: enquiller une journée pleine (bien pleine !), c'était empiéter non seulement sur mon temps de disponibilité maternelle (mon job principal), mais aussi sur mon énergie, ma patience, mes autres ressources. Ça ne présageait rien de bon sur le long terme (pour tout le monde). J'ai donc ré-ajusté, re-négocié, remis en question, réorganisé ... et attendu patiemment que vienne la relève. Des hauts, des bas, beaucoup d'efforts, mais l'idée qu'avec de la bonne volonté de part et d'autre, on allait faire de grandes et belles choses.

Finalement, le knock-down est venu et comme ça le problème est réglé. Mon expérience dans un milieu de travail français est finie (et je ne suis pas prête de retenter ma chance). Je ne peux pas dire que je n'avais pas été prévenue: les clients français n'aiment pas l'idée d'une instit' anglophone qui partage leur passeport. Au début, j'avais soupiré, je m'étais justifiée, CV en main, calmement, patiemment, j'avais mentionné mon score au IELTS (il est bon) et donné des références. Mais il n'est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Je suis née en France de parents Français, je comprends la langue, alors c'est sans appel. Quelle ironie, quand même, pour moi qui appréhendais de travailler entourée de Français (une nouveauté ça ne m'est jamais arrivé !). Moi qui, année après année m'éloigne de l'idée d'être Française (mais le garde gentiment discret, de peur du cortège de jugements que ça amène), je le suis maintenant "trop" pour être une bonne institutrice anglophone pour leurs enfants ...

Et puis, ils ne m'ont jamais vraiment entendue parler la langue de Shaespeare, mais ils sont certains que mon accent, ma grammaire et mon vocabulaire n'atteignent pas le niveau d'excellence qu'ils exigent. Mon anglais parlé (et écrit) a pourtant convenu (et continue de convenir) à tous les autres (de partout dans le monde) ... mais pas à ces parents français. Tout cela prend toute la place, le reste (ma pratique d'enseignement Montessori par exemple) passe à la trappe. J'ai du mal à l'entendre et l'amertume m'envahit.

Mais tout ceci n'est pas bon pour mon karma, je ne peux pas m'asseoir par terre et pleurer (trop longtemps) parce que certains sont mal à l'aise avec mon passeport et les langues que je parle. Je n'ai juste pas les moyens de m'appesantir là dessus ni d'écrire une thèse sur le pourquoi du comment. Alors je vais prendre un raccourci et admettre que l'idée que j'essayais de glisser sous le tapis depuis quelques temps déjà (parce qu'elle me dérangeait), elle s'impose à moi: je n'ai rien à faire dans cette communauté. Mieux encore, je ferai bien d'en rester bien éloignée. J'ai mon nom, mon passeport, les langues que je parle, mon parcours de vie, ce en quoi je crois et ma liberté. De toute évidence, tout ceci semble fort déstabilisant pour ces gens. Moi-même, je n'osais pas, jusqu'à présent, avouer que je me suis très souvent sentie complètement à côté de leur plaque au milieu de ce genre de compagnie. Je me suis longtemps taxée de snobisme, sans imaginer qu'un jour je souffrirai d'un sentiment de rejet parce que le job qui me branchait bien avait le malheur de se trouver bien ancré dans cette communauté.

J'y ai cru, j'ai essayé, ça a raté. Tant pis pour moi, ou peut être tant mieux: j'aurait au moins eu le mérite d'avoir essayé. Je me tiendrai désormais à distance de tout ce(ux)-ci (encore plus si cela est possible), et je me promets de mieux assumer cet évitement volontaire.

Et surtout dans l'immédiat, je compte bien savourer un peu de temps pour moi, remettre mes idées en place, reprendre contact avec mes enfants qui m'ont manqué, l'air de rien, avant de voir ce qui va me venir ...

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13 octobre 2017

UN Day, le retour

On avait déjà parlé de United Nation Day célébré à l'école (ici) et alors je n'ai toujours pas compris pourquoi l'année dernière c'était en avril, alors que cette année c'est en octobre (parce qu'apparemment, le UN Day, c'est le 24 octobre). Dans leur école (internationale oblige), c'est un jour important où l'on célèbre les différentes origines et cultures de chacuns et chacunes. On peut s'habiller en vêtements traditionnels, il y a des jeux, de la musique et le Food Festival, avec des stands de plusieurs pays. Cette année, on est rôdés sur le déguisement "en Français" et sur les victuailles à apporter, mais je n'ai pas pu assister à la Parade des Nations ...

Quelques photos et vidéo, récupérées ici et là ...

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Chez Joseph: le mélange des genre, avec une légère prédominance Indo-Japonaise ...

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La classe d'Augustine ... sans Augustine !

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Et UN Day chez les Year 4 (Salomé)

Voilà donc dans quoi baignent nos petits Français. Ce qui est intéressant de noter c'est que ce sont les enfants qui choisissent quel pays/quelle culture ils veulent représenter le jour du UN Day (en fonction de leurs parents, de leur pays de naissance, de leur culture de vie dominante etc ...).
Dans la classe de Joseph par exemple, la petite fille rousse qui tient un drapeau Singapourien a un passeport australien. Mais ayant vécu toute sa (courte) vie dans l'île du Lion, elle se sent "d'ici" et s'est donc rangée parmis les Singapouriens (en vrai, elle devait être la seule ou presque, les écoles internationales étant plus ou moins fermées aux Singapouriens, même binationaux). Notre petite voisine Américano-Mexicaine née à Oman, qui a débarqué à Singapour en août dernier nous l'a promis: l'année prochaine, elle rangera son costume mexicain pour un costume omanais parce que nous dit-elle, "Mon pays, c'est Oman".
J'aime cette souplesse et l'absence de jugement dans cette option: pour ces enfants, leur identité et leur culture sont tellement plus complexes que la couleur de leur(s) passeport(s). Le nier et tenter de ranger tout ça de force dans des petites cases bien délimitées serait réducteur voire destructeur. Est-ce que nos enfants sont dans une situation plus simple ? Je ne sais pas. Aucun d'entre eux ne se voit porter un costume de son pays de naissance, mais la France est pour eux un pays lointain, très idéalisé, construit de séjours de vacances, d'été, de jeux et de rencontres familiales. Quels liens sont-ils en train de construire avec cet endroit ? Combien de temps choisiront-ils d'être les ambassadeurs d'un pays qu'ils ne connaissent pas ?


Et un petit ajout, parce que ce bon mot me trotte dans la tête depuis quelques jours et qu'il faut que je le note ! 

On leur a appris la Marseillaise (enfin, le premier couplet), pas par patriotisme, mais parce que qui dit "pays", dit "drapeau", dit "hymne". Oui, les paroles sont violentes ... mais qu'y puis-je ? En plus, ils la chantent avec une faute de rythme au début ... Mais surtout il y a plein de mots inconnus alors il faut tout décoder, tout expliquer (et c'est pas piqué des hannetons la Marseillaise en terme d'images ...). Et puis, incidemment, j'entends Salomé qui fredonne: 

♫  Contre nous de la tyranni-euh  

♫  L'étendoir sanglant est levé !  

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(tout de suite, ça rajoute un peu de légèreté, n'est-ce pas ?)

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06 octobre 2017

À la mode Montessori

L'idée de ce billet me brûle les doigts depuis quelque temps déjà, mais c'est (en tous cas pour moi) un très gros sujet, complexe et tentaculaire, et plein de zones un peu grises ... Comme souvent ici, ça parle de pédagogie ...

J'ai entendu parler pour la première fois de la philosophie d'éducation de Maria Montessori peu après la naissance d'Augustine, en 2007, dans des forums internet français pour parents "maternant" où l'on faisait feu de tout bois: allaitement, portage du bébé, couches lavables (et on touille bien) ... et ce qui suit: les méthodes d'éducations dites "alternatives", l'IEF, etc ... Évidemment, on y parlait Montessori, mais personne là-bas n'était vraiment formé alors les idées volaient un peu dans tous les sens, c'était vraiment catégorisé "Hippie". Quand on m'a dit: "Il y a du matériel, qui est fait pour travailler et pas pour jouer, on ne détourne pas le matériel pour jouer", j'ai tout de suite pensé "sectaire, rigide, pas pour moi ..." (ou comment juger la philosophie d'une vie entière à travers le bout d'une lunette, hé hé hé).

Et puis j'ai quitté l'Europe et j'ai commencé à potasser le sujet un peu différemment. En y mettant Augustine en 2009, j'ai vite compris que toutes ces Montessori preschool à Singapour n'en n'avaient que le nom. En 2010, j'ai mis à contribution la cagnotte "formation professionnelle" aimablement fournie par l'Employeur pour me plonger dans une formation à distance avec un institut londonien qui offrait un diplôme international. J'ai fait des observations dans des écoles Sud Africaines et Malaisiennes, en 2013, j'ai eu la chance de trouver cette école au profil si atypique à KL, où j'ai finalement passé un an. J'ai eu mon diplôme juste avant de m'envoler pour la Chine, j'ai failli y travailler dans une école Montessori, mais Manech est arrivé. Ensuite, on a fait trois petits tours ici et là, on a testé un peu d'IEF. Et me voilà de nouveau à Singapour, dans une école Montessori (choisie pour sa fidélité aux grands principes).

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Alors même si on est toujours un peu en vadrouille, on essaie de garder quand même un petit lien avec la France. On n'a plus TV5 Monde, mais on bouquine un peu les news quand on a le temps, on parle évidemment avec les amis et la famille, et puis on y passe une fois par an. Et dernièrement, je n'ai pas pu rater cet incroyable engouement pour Montessori dans l'hexagone. J'ai l'impression d'en voir partout: dans les librairies, les magazines, les magasins de jouets mais pas que, et puis des ami(e)s qui viennent me dire "Tiens, école Montessori, tiens, formation Montessori ou ateliers, ou ceci-celà" ... On en parle même dans Boursorama dis donc ... (merci à mes veilleurs de news qui me font suivre !). 

Et tout le monde me parle de ce livre que je n'ai pas (encore?) lu, de la fameuse Céline Alvarez et de son expérience "fantastique", le "déclencheur de tout ceci" et qui est en train de changer la perception de cette méthode d'éducation aux yeux des Français. 

Dans mon école actuelle, ma collègue est Française, fraîchement arrivée de France et c'est intéressant de parler de ça avec elle. Parce que je connais bien la philosophie et la pédagogie Montessori, mais assez peu la situation en France, finalement. Je me rappelle avoir toujours été un peu agacée des remarques de Français de France sur le fait que les écoles Montessori y sont si chères (comme si en tant qu'instit Montessori, je devais m'en justifier, ou que c'était inhérent à la pédagogie, ce qui est faux). Notre choix d'école pour les grands joue un peu dans ce sens aussi: année après année, nous nous éloignons du système éducatif français et la problématique "système français classique versus Montessori français" ne nous concerne pas. Elle, par contre, connaît bien le système et a lu ce livre, alors on parle souvent de ce qui se passe en France en ce moment.

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(rien à voir ... enfin si, mais c'est juste parce que j'ai accompli un de mes rêves depuis ma formation Montessori: voir un de mes grands enfants comprendre le "pourquoi" des cubes du binôme et du trinôme ...)

Il reste que la curiosité est plus forte: même sans avoir lu le fameux bouquin "déclencheur", il me plaît d'observer (de loin) cet engouement soudain, en me demandant si tout ceci est vraiment une bonne chose et à quoi cela va-t-il mener. Je n'ai jamais visité d'école Montessori en France, mais ici et là, j'ai cru comprendre que, -écoles privées hors contrat oblige-, elles établissaient une sélection par les moyens financiers des familles. D'où la qualification "d'écoles de l'entre soi" dans cet intéressant podcast (ce qui n'est pourtant pas spécifique à la pédagogie Montessori). Le coût initial du matériel a toujours été un sujet difficile, et pourtant maintenant, dans les grandes enseignes de jouets, il y a un "rayon Montessori", avec presque de quoi ouvrir une école complète à prix beaucoup plus raisonnable qu'il y a plusieurs années (Oxybul, mais aussi Nature&Découvertes etc ...). Il y a aussi, j'imagine, plein d'âneries qui surfent sur cette mode, car le nom "Montessori" n'est pas protégé, alors on peut bien faire ce qu'on veut et l'écrire n'importe où, parce que c'est bien vendeur.

Il y a surtout plein de lectures, de guides pour les parents (rien que celui-ci, dans le dernier Pomme d'Api de Joseph), qui vulgarisent la pédagogie et proposent parfois de mettre en place un certain nombre de principes et d'idées de Maria Montessori, parfois extrêmement simplifiés. Je m'interroge surtout là-dessus. Cette circulation des idées, ces quelques barrières qui tombent, des questionnements, l'implication de tous dans les apprentissages (des instits de l'EN mais pas seulement: des parents aussi !), c'est super chouette. Il y a du bon dans les principes de Maria Montessori et je pense que tout le monde a à y gagner à se familiariser avec.

Par contre, le côté "méthode miracle", soudainement propulsée par une seule personne et très opportunément soutenue par un marché des objets "Montessori" labellés de manière complètement incontrolée, je pense que ça pourrait vite mal tourner. Malheureusement, ce n'est pas en mettant entre les mains d'un enfant n'importe quoi qui s'intitule "Montessori" (même du matériel de travail admirablement conçu) que ça va solutionner les éventuels problèmes de cet enfant à l'école du coin. Je crains la retombée du soufflé très vite monté (dans le meilleur des cas) ou le retour de flammes (dans le pire), parce que si tout le monde parle de ça, c'est bien qu'il y a une insatisfaction vis-à-vis de l'école conventionnelle. Mais que la chute pourrait être douloureuse si les résultats ne sont pas aussi rapides ou spectaculaires qu'attendus ! (sans compter qu'à la fin, ça doit être saoûlant de n'entendre parler que de Montessori partout tout le temps, même sur Boursorama bon sang !).

Dans cette histoire, je n'ai pas la prétention de proposer quoi que ce soit. Je ne suis pas instit', je n'habite pas en France, mes enfants sont hors système Éduc' Nat'. Je suis déjà bien en peine de savoir quoi en penser.  Mes problématiques ici sont différentes, je me demande ce qu'il adviendra des idées de Maria Montessori une fois la mode passée (parce qu'elle passera forcément), ce qu'il en restera. Beaucoup de choses ont déjà transpiré de toutes façons: on a beau croire que tout ceci est nouveau, les écoles Montessori existent depuis une centaine d'années et beaucoup de ces idées sont déjà bien implantées dans les mentalités et les façons de faire des écoles (et en fait, on s'en fiche de comment ça s'appelle !). Peut être que, comme pour le reste, tout va se diluer tranquillement, qu'on finira par "faire comme ça", sans étiquette, juste parce que "ça marche bien" et ce sera très bien.

Et c'est paradoxal, parce que même si mon approche des apprentissages des tout-petits est définitivements imprégnée de beaucoup des ces grands principes montessoriens (pour les avoir vu à l'oeuvre ici et là), j'ai des envies d'autre chose, de continuer à apprendre dans ce domaine, pour ne pas me limiter, parce que les "méthodes miracles", moi, ça me fait fuir à toutes jambes et parce qu'il faudrait être naïf pour croire que Montessori est la solution à tout ...

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(exemple type de matériel "détourné": la troisième boîte des couleurs. Youpi !)

Pétrie de mes doutes qui jouent aux chaises musicales avec mes certitudes, tout se résume à une question: aurai-je assez d'une vie pour en faire le tour ?

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26 septembre 2017

Gazouilli du jour

C'est la petite phrase rapportée par Augustine de son école aujourd'hui. Par curiosité, je l'ai "googlée" ... et il semble bien que ce soit une création originale de son instituteur ...

Je la livre donc ici, parce qu'au milieu des galères, des absurdités et des grands questionnements du monde, je pense qu'il est bon de retourner au vrai sens des choses et de s'accompagner d'inspirations très inspirantes ...

"The world doesn't need more doughnuts.

                                        It needs more heroes."

 

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Et non, l'instit' en question n'est même pas Américain. Il est né en Inde d'une mère Canadienne et d'un père Italien. Sans rire.

 En plus, je crois bien qu'il est très sérieux avec ses histoires de doughnuts et de heroes. Et j'ai presque tendance à être d'accord avec lui.

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En chemin vers (un peu) plus d'autonomie

Cette rentrée scolaire aura été celle de tous les changements et toutes les nouveauté. Les trois grands au Primaire, MiniMan, dans son école à lui, et moi, dans mon école à moi (en mi-temps, puis plein-temps et finalement mi-temps à nouveau d'ici quelques semaines, mais c'est une longue histoire). Et avec ça, le casse-tête des transports de tout le monde. On a donc laissé tomber le bus scolaire (et l'augmentation d'un tiers des frais au cours de l'été) et on tente de faire avec le bus de ville et le métro. J'en avais déjà parlé ici, du baptême du feu du MRT des trois enfants, pour modestement 3 stations, bien guidés, bien préparés.

Et puis quelques semaines après, les choses se sont bien développés. Pour être à son entraînement de Cross Country du jeudi matin avant l'école, Augustine doit prendre le bus seule, une heure plus tôt que les autres. Du coup, Salomé et Joseph se mettent eux aussi à prendre le bus tous les deux. Pour aller à l'école, c'est simple, il y a un bus direct depuis la maison et la possibilité de limiter les traversées de rues. Pour le moment, seule Augustine a le droit de quitter l'école sans accompagnement d'adulte, alors pour l'après-midi, on est toujours un peu limités. Joseph aussi a des vélléités de prendre le bus ou le métro tout seul ... mais bon, à 6 ans, on va pas s'aventurer trop là dedans pour l'instant.

Désormais le matin, les enfants vont donc à l'école tous seuls ou alors par deux, ce qui facilite les choses du fait de mes horaires pas compatibles et puis aussi de la nouvelle école de Manech, qui demande aussi une dépose et un "ramassage" d'enfant à d'autres horaires. Pour le coup c'est Joker qui s'y colle (parce que je ne vois pas encore Manech prendre le bus tout seul ... hum !). 

Voilà donc un (relativement) grand changement pour tout le monde: pour eux acquérir plus d'autonomie et de responsabiltés, pour moi, m'habituer à ce fait, évaluer les risques et les possibilités (les avantages, je les vois clairement !). Je dois avouer que je n'avais pas envisagé cela avant ... longtemps ! Enfin, c'est comme pour tout, j'imagine, on sais bien que ça va arriver un jour ... mais ça reste vague, jusqu'à ce que le besoin s'en fasse sentir.

Pour ça, Singapour est un endroit merveilleux, je dois dire. Si le traffic n'est pas des plus dense et dangereux (tout est une histoire de comparaison, surtout quand on pense à certaines de nos expériences chinoises !), le système des bus et des métros (MRT) est bien organisé, rapide et efficace (une carte de transport commune, rechargeable partout et facilement), des informations claires, et surtout très sûr.

Je suis donc fort contente d'habiter ici au moment où les enfants prennent un peu plus d'indépendance. Rien que dans les autres endroits où nous avons habité, cela n'aurait pas été envisageable avant beaucoup plus tard (l'école Secondaire ?). Singapour, avec son taux de criminalité tellement bas et ses facilités de transport, c'est l'idéal.

On la compare souvent à Tokyo où semble-t-il, les enfants vont tout seuls, à pied ou en train, à l'école dès le plus jeune âge (5 ans ai-je entendu !!!). Je ne sais pas si la vidéo ci-dessous est représentative, mais les petits "défis" pour envoyer les enfants faire des menues courses, j'adore !!!

Pour le moment, ils ne font que des trajets éprouvés car ils n'ont pas de téléphone (et donc pas de possibilité d'anticiper un trajet avec des lignes de bus inconnues, ni même de me prévenir si quelque chose ne va pas. Bon, ils connaissent mon numéro et donc ils doivent être capable de demander de l'aide à quelqu'un). Les premières fois, Augustine avait préparé une petite liste des lignes de bus qu'elle peut prendre pour aller à son école, avec le nom de l'arrêt etc ... Il y a sur les smartphones des applications qui permettent de calculer un itinéraire avec un changement de bus ou de métro, d'annoncer l'heure de passage du prochain bus etc ... Pour le téléphone, on verra plus tard.

Je vois aussi le bénéfice pour eux: apprendre à s'organiser (ne pas perdre sa carte de transport ...), s'orienter (repérer l'ambassade Thai, au début de Orchard rd qui reste LE point de référence pour savoir quand descendre, lire les panneaux ...), se débrouiller en cas d'imprévu (recharger sa carte, demander de l'aide, ou son chemin), respecter les règles (bien se tenir dans le bus etc ...).

Bref, une modeste leçon de vie, une de plus ...

Posté par Annelleme à 15:38 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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13 septembre 2017

Chanter pour eux

J'ai arrêté de chanter des chansons aux enfants le soir avant de se coucher depuis ... longtemps. Quand j'avais commencé, je m'en rappelle: lors des interminables séances de coucher d'Augustine-bébé (des berceuses, principalement, prises des livres-CD offerts à sa naissance !). J'avais repris quand les deux filles étaient suffisamment grandes pour partager une chambre, c'était notre routine. À nouveau, le rituel était tombé en désuétude ... sans doute juste avant la grossesse de Manech, la fatigue, la lassitude, l'envie d'expédier un peu les couchers qui trainaient trop à mon goût ...

Les quatre enfants m'ont tous et toujours entendu chanter, je crois. On n'a jamais eu de CD de musique pour enfants, enfin si, on en a eu, mais comme on n'a jamais eu de lecteur CD, ils ont tous été vite-fait convertis en mp3 et écoutés (et ré-écoutés etc) depuis l'ordi. Je les écoutais avec eux, et puis, pour les chansons, j'ai aussi puisé dans mon répertoire "d'avant les enfants" ... 

L'autre soir, j'ai couché deux petits garçons un peu énervés, et pour calmer un peu tout ça, j'ai tenté de me rappeler de ce que je chantais "avant". Une fois les thèmes retrouvés, les paroles me revenaient rapidement, mais j'étais certaines d'en avoir tellement plus dans ma besace que celles que j'ai chanté cet autre soir. Alors voilà, je les note ici, parce que d'ici peu, Manech ne me réclamera plus de "sanson" (il, miracle, il parle maintenant ! un autre truc à raconter), et que ces mélodies tomberont dans l'oubli, emportant avec eux (peut être ?) les souvenirs de ces doux moments.

Chez Yves Duteil, un classique de ma jeunesse, il y a Lucile et les libellules parce qu'elle est tellement douce, et aussi mon petit moment de conbattante: Pour les enfants du monde entier, celle que je me force à chanter doucement, mais que je finis à bout de souffle à chaque fois (et pas qu'à cause du tempo ...).

 

Chez Anne Sylvestre, il y a Les étoiles filantes, qui me transporte à chaque fois dans un pré verdoyant au coucher du soleil, quand les odeurs estivales sont presque ennivrantes ... 

En anglais, j'aime leur chanter celle trouvée dans l'album de Putumayo, Accoustic Dreamland, Here with me de Frances England (mais comment vous faire écouter ?)

acoustic_dreamland

J'avais voulu apprendre les paroles de celle d'Henri Salvador, Le loup, la biche et le chevalier, elle a été un grand classique des soirs pendant notre séjour à Kuala Lumpur, elle me vient sans même y penser et les enfants l'adorent.

 Et puis évidemment, les petites berceuses courtes: j'aime particulièrement la berceuse cosaque, celle des oiseaux et aussi Ani Couni, qui n'est malheureusement pas la préférée des garçons en ce moment ...

  

 Je croyais ma liste terminée ... et j'ai demandé aux filles si elles se souvenaient de quelques chansons. Et j'avais oublié un de nos grands classiques : San Fransisco de Maxime Leforestier ! Évidemment !

Souvent, je n'ai pas le temps de terminer ma chanson: Joseph dort déjà. Pour Manech, c'est une autre histoire.

Posté par Annelleme à 22:44 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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