Dix pieds sur Terre

09 février 2017

Demain on part

À Auckland, le jeudi 9 février, il fait juste bon, ni trop chaud ni trop froid. Les fenêtres sont ouvertes, même la nuit parfois. Le temps idéal, parfois on prend une petite laine en sortant, qu'on met, ou pas.

Je plie des T-shirts, des shorts. Je les mets dans les valises.

La voiture est partie ce matin, chez un pompier qui veut la transformer en camping-car, comme cela se fait beaucoup ici: on prend un monospace, on enlève les sièges arrières, on met un matelas un peu surélevé, et hop ! Une maison à roulettes pour deux. Même si je préfère ça à l'avoir vendue trois fois rien à un concessionnaire, je n'aime pas savoir qu'elle va maintenant être sans doute un peu maltraitée par des petits jeunes en visa vacances-travail qui n'en n'ont rien à faire des points de rouille qu'ils vont créer en roulant n'importe où sur les plages... (et oui, je suis un peu jalouse aussi).

Il ne nous reste que quelques valises, et j'ai eu envie de pleurer en mettant dedans les chapeaux des enfants, la crème solaire et le produits anti-insectes: cela fait 4 mois que nous les gardons toujours (toujours) à portée de main.

Sur le papier, tout va bien. La voiture vendue, donc, le Super Shuttle réservé pour demain, la paperasserie d'immigration singapourienne est assurée jusqu'à notre arrivée (où il nous faudra transformer nos “Accords de principes” en Visas proprement dit), les premiers rendez-vous d'installation sont pris (école, recherche de logement, banque), on a même un point de chute le jour de notre arrivée et un billet d'avion (réservés il y a 2 jours, mais on est devenus très très relaxes sur ce genre de détails dernièrement).

On a dit au-revoir à nos amis, on a échangés menus cadeaux qui me serreront le coeur à chaque fois que je les regarderai dans les jours à venir. C'est plus facile de sourire et d'essayer de rester léger que de repenser à tout ce qui nous a mené ici.

C'est dans le calme avant la tempête du départ que je ressens le plus fort la tristesse du départ, de partir, de quitter. Nos amis, le pays, une partie de nos rêves. De dire au revoir à la liberté du voyage, à l'insouciance de ne s'occuper que de profiter de la vie, des enfants, de regarder autour de nous, de s'émerveiller. D'accepter le choix, la fin du voyage, le report de notre projet.

Ces derniers temps, cette insouciance avait été teintée de l'amertume d'avoir fait ce choix, de la difficulté de l'accepter, de l'incorporer dans mon histoire, de le faire mien, assumé, de m'en “contenter”, comme je sais le faire si facilement d'habitude.

Maintenant, il est juste l'heure de pleurer le départ, de se souvenir et de se promettre de revenir.

Plus tard, viendra l'excitation de s'installer, de recommencer, encore, des choses nouvelles, des endroits (presque) nouveaux, des amis nouveaux aussi, peut-être. Il va falloir, après plus de 7 mois sur les routes, sans maison fixe, sans emploi du temps, se caler dans un logement en dur (le nôtre, à notre nom), ne plus refermer la trousse de toilette tous les jours, ne plus refaire les valises, ne plus penser “On va où, après ça ?”. Retourner au même endroit, tous les jours.

C'est un peu effrayant, et séduisant à la fois. Combien de fois ai-je maudit ces valises, là, à côté de moi, maudit ces affaires, qu'il fallait emmener avec nous, partout ? Combien de fois ai-je rêvé d'une maison, rien qu'à nous, de ne plus tout remballer, et repartir ?

Mais aussi combien de fois ai-je savouré cette liberté de me lever le matin, de regarder la mer, de n'avoir rien d'autre à faire que de regarder la mer, y tremper les pieds, faire à manger, mettre le bébé à la sieste, rouler vers une autre destination ?

Sur les Routes de France, on a goûté à la liberté, sur celles de Nouvelle-Zélande, elle a pris une autre dimension.

Et après tout ça, je ne déteste même pas ces valises. Après ces mois passés ensemble, je ne suis pas sûre que je vais avoir envie de les vider tout de suite, de les ranger dans un placard. Cette idée stupide qu'en faisant des infidélités à nos objets, on renie un peu nos rêves ...

Demain, on part.

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29 janvier 2017

Changement de cap

Alors voilà, changement de programme.

Y-a-t-il jamais eu un programme ? Des projets, oui (mais ça commence presque pareil, s'pas ?). Des rêves, des envies (très fortes). L'envie d'être ici et d'y rester. L'envie de changer de vie, de vivre une vie plus proche de nos valeurs, de ce qu'on aime, de ce qu'on pense être meilleur pour nous tous.

Ça, ça n'a pas changé. Oh non.

Ce qui a changé, c'est nos chances de pouvoir réaliser ce rêve maintenant. Les grandes vacances d'été et de Noël approchant, on l'avait un peu senti venir. Nos premières approches avaient été prometteuses et puis le pays entier s'est tranquillement mis en pause, comme tous les ans, les discussions se faisaient moins intenses, les offres moins intéressantes. Le coup de fil reçu la veille de Noël a jeté un froid sur l'été d'ici (pourtant, il faisait juste bon): pour ce boulot sur lequel nous misions beaucoup (une promesse de visa de travail, notamment), on avait choisi un autre candidat. Coup dur, retour à la case départ (il était pas censé apporter des trucs chouettes le Père Noël, non mais sans blague ?).

Et dans le même temps, les messages de cet ancien collègue qui proposait un-truc-super-exciting-à-Singapour ont commencé à se faire plus pressants. Forcément, sur le terreau fertile du chou-blanc précédemment cité, la graine du job-de-la-mort-qui-tue prenait bien. J'ai résisté, j'ai avancé les arguments. J'ai tenté de négocier une base à Kuala Lumpur, parce que quand même, c'est plus "comme on aime" là bas (et puis, j'aurai pu retrouver mes gamins adorés, dans cette école). J'ai tenté sans y croire de jeter des sorts à distance à tous ces types, là-bas. J'ai maudit cette vie qu'on a quitté et qui nous rattrape, même à l'autre bout de la Terre.

On s'est bien pris la tête. On changeait d'avis toutes les deux heures (au moins, et en alternant sinon c'est pas drôle). Choisir la sécurité matérielle et (temporairement) géographique ou le mode de vie qui nous parle vraiment ? Risquer de se retrouver dans deux mois, le visa touristique arrivant à expiration, sans aucun endroit où s'installer, sans avoir de logement, sans pouvoir inscrire les enfants à l'école ? Ou risquer de se retrouver (même temporairement) dans une vie qui ne nous satisfait pas ?

Parce que voilà, Singapour, ça a beau être une super ville propre, civilisée, occidentalisée, proche de tous ces magnifiques endroits en Asie du Sud-Est, abondamment garnie en centres commerciaux, culturellement diverse et pourvue en multitudes de solutions éducatives pour les enfants, Singapour (et le job associé), ça reste aussi exactement ce que nous avons voulu quitter il y a 7 mois, et exactement ce qu'on n'aime pas.

La vie en ville (même moins chaotique que Shanghai), la vie sans contact aucun avec la nature, la vraie, la sauvage, l'obsession hygiéniste permanente, la vie ultra-matérialiste. La vie d'expatrié aussi, les gens qui vont et qui viennent (nous y compris), les histoires de sous, de maids, cette impression de vivre dans une bulle, etc ... C'est aussi un MonsieurPapa qui, au lieu de lever le pied, reprend un boulot hyper-prenant, entourés de "presseurs de citron" (je commence à les connaître un peu) où je crains que son taux de génération de cheveux blancs grimpe en flèche et sa disponibilité familiale dégringole en proportions inverses. Et puis savoir qu'on va faire tous ces efforts pour s'installer ... pour n'y rester qu'une paire d'années (c'est couru d'avance), c'est dur à encaisser. Et bouger, encore (où ?). Tout ça, je n'en voulais plus.

Et pourtant, on vient de re-signer. C'est dur. Encore plus dur d'admettre qu'on devrait être ravis de signer un contrat de travail qui nous garantit un confort matériel (ce qui est un privilège et dont nous avons bien conscience), mais qu'on a du mal à s'en réjouir vraiment. J'étais persuadée, une fois que le pas serait franchi dans ma tête, que ça irait mieux. Il m'a fallu plusieurs semaines pour accepter. Encore maintenant, au gré de nos rencontres, dans la simplicité qui accompagne beaucoup de nos moments ici, j'ai des vagues d'amertume. On est vraiment tombés amoureux de ce pays, on se voyait tellement y vivre (maintenant) parce que tout collait si bien.

Sauf le visa (un détail, une broutille).

On a du l'expliquer aux enfants, avec qui on était volontairement restés très clairs sur le fait que notre installation ici n'était pas garantie. Pour Salomé et Joseph, malheureusement, les noms des endroits où nous habitons sont encore interchangeables. Comprendre que notre vie là-bas n'aura rien à voir avec la vie qu'on a ici leur est difficile. Ils voulaient un jardinet où ils auraient planté chacun leur petit carré. Ils voulaient faire du vélo dans la rue et ils croient qu'il y a autant d'aires de jeux qu'ici. Ils voulaient s'installer et qu'on aie "notre maison à nous".
Salomé va être plongée a nouveau dans l'univers tentateur du shopping effréné et de ses copains d'école qui ont tous un smartphone. 
Joseph, lui, attend qu'on aie une maison pour que le Père Noël puisse lui livrer son vélo promis.
Augustine est déçue principalement parce que nous le sommes. Tous les trois sont par contre ravis de retourner à l'école, d'avoir une maîtresse (ou un maître) et des nouveaux copains.
Et Manech ? J'aurai adoré l'élever "à la kiwie", pieds nus n'importe où, le laisser grimper aux arbres, se rouler dans le sable, et même prendre cet accent (oui oui ... jusque là). 

Même si pour l'instant, il faut nous tourner vers l'Asie, vers notre installation à Singapour, 8 ans après (et les galères, les questions, les incertitudes qui vont avec), on sait qu'on reviendra en Nouvelle-Zélande. Avec toujours le projet d'y rester, pour un grand voyage ou juste de longues vacances. On n'a pas fini avec cet endroit.

Allez, pour illustrer, parlons encore de maisons (l'idée fixe ...) ... et les dernières productions des enfants sur ce thème ...

Augustine, Décembre 2016

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Salomé, Décembre 2016

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01 janvier 2017

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Voeux_2017

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31 décembre 2016

Manapouri et le Doubtful Sound

Après avoir fui Queenstown, on a roulé vers le sud. À peine la ville quittée, on s'est retouvés dans le genre d'endroit qu'on aime: des paysages un peu sauvages, vides d'hommes ou presque, à l'exception de fermes éparses. Le genre truc qu'on voit ici, un mélange d'impressions sauvages et des kilomètres de palissades … et des moutons, bien sûr.

Tout de suite, on a mieux respiré.

Je ne sais plus trop comment on s'est retrouvés à Manapouri, sans doute parce qu'un camping nous avait indiqué au téléphone avoir encore un cabanon de libre. On visait Te Anau, au départ, mais après y avoir été faire quelques courses, j'ai été bien contente de tomber dans le trou paumé d'à côté: les enseignes écrites en chinois dans un patelin touristique (relativement à l'endroit), ça ne présage jamais rien de bon.

Finalement, rester dans le camping très familial d'un village qui n'a même pas une supérette, c'était exactement ce qu'il nous fallait. Le gérant a noté au crayon de papier notre arrivée dans son cahier d'écolier plein de gribouilles et de colonnes tracées à la règle, et a sorti sa grosse calculette pour compter tout ça.

Il y avait de tout dans ce camping: des familles kiwies en vacances d'été (la tente-maisonnette et le barbecue qui prenaient racine, les saucisses dès le matin et les enfants qui passaient la journée à l'aire de jeux), des Sri-Lankais habillés comme s'ils étaient au Sri-Lanka (j'avais un peu froid pour eux), des colonies de vacances et leurs monos qui cuisinaient mexicain pour 30 personnes, des familles allemandes studieuses et organisées (on se refait pas), un gars d'un certain âge aux mollets d'acier qui venait de loin avec son vélo et ses sacoches, et les occupants d'un 4x4-camping-car aux roues grosses comme des meules de foin, qui faisaient le tour du monde.

Nous, on a contribué comme on a pu à ce peuplement hétéroclite en embarquant un auto-stoppeur belge (qui arborait fièrement son drapeau sur son gros sac à dos), et qui nous a confié ses soucis de camping: il venait de découvrir qu'il lui manquait les arceaux de sa tente ! Voilà comment, voyageant à six dans des conditions déjà un peu spartiates, on s'est retrouvés à partager notre tente, le temps de ce court séjour à Manapouri !

Et le soir, alors que la température a chuté (mais boum, quoi), on a partagé une boisson chaude dans notre cabanon (loué de haute lutte pour une nuit ! Le reste du temps, il était réservé, mais on en avait marre de se cailler dans la tente), en regardant le soleil se coucher sur le lac. L'instant était calme, les enfants, je ne sais plus où ils étaient: encore à l'aire de jeux, quelque part à bouquiner, le fait est qu'on ne les entendait plus. Le soleil a mis une éternité à disparaître, les rayons ont percé encore un peu derrière les sommets, tout au fond, l'instant était comme suspendu.

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On a parlé de nos vies, de nos voyages, de sa femme, qui l'attendait au Plat Pays, de ses anecdotes d'auto-stoppeur, des rencontres. Et j'ai remercié le ciel de d'avoir pu échanger avec quelqu'un qui préfère parcourir un pays entier en stop plutôt que de prendre les autocars nationaux (modernes, efficaces, ponctuels et pas trop cher) simplement parce qu'il “aime vraiment beaucoup rencontrer des gens”.

Le lendemain, on est partis à l'assaut du fjord d'à côté. Je vous épargnerai l'explication de pourquoi dans cette région (et dans toute la NZ ?) on appelle un fjord un “Sound” (aussi parce que je ne suis plus trop sûre de m'en rappeler moi-même), mais voilà, ici, c'est un Sound. Et au bout du lac Manapouri, vers l'ouest, commençait le Doubtful Sound (parenthèse toponymique: il est "Doubtful" parce que Cook, qui l'a abordé en 1770, n'y a pas pénétré, jugeant qu'il était "doubtful" -incertain- qu'il soit assez large pour pouvoir y naviguer) qui m'avait tant fait de l'oeil que j'avais suggéré une petite balade en bateau sur le bazar.

Pour MonsieurPapa et Augustine, c'était la royale “overnight cruise”, la croisière avec la nuit dans le fjord (il restait quatre places, les deux autres furent pour nos compagnons de voyage). Pour le reste des enfants et moi (et le reste aussi de l'autre famille), la croisière sur une journée.

Pour atteindre le fjord, c'était déjà pas de la tarte: il faut prendre un premier bateau qui traverse le lac Manapouri et sa forme tarabiscotée, puis un bus qui arpente une route de gravillons dans un paysage sauvage et accidenté pour rejoindre le fond du fjord, et enfin sauter dans un deuxième bateau qui nous a emmené dans le fjord lui-même. À un certain moment, j'ai cru à une blague quand le guide a sorti comme ça “Il n'a pas plus depuis 3 jours, on est au milieu d'une sécheresse”. En fait, il pleut deux jours sur trois dans ce genre d'endroit, et les précipitations sont d'en moyenne sept (7 !) mètres par an. Alors, forcément, avec un ciel bleu éclatant sans un seul nuage ou presque, c'était difficile à croire (bon, le lendemain, deuxième jour de la croisière de MonsieurPapa, il a fait tout humide et tout brumeux: ouf ! Un peu plus et ils faisaient venir les Canadairs). Il va de soi qu'on ne s'est pas plaint de la météo ce jour-là ...

Sur le lac Manapouri

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La vue sur le Sound, côté "intérieur", que l'on a en arrivant depuis la route.

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Les pentes, incroyablement escarpées du fjord, plongent droit dans l'eau et ruissellent de cascades, d'une eau très pure et bonne à boire. Dans ces forêts, on peut chasser le cerf, et dans les anfractuosités des parois sous-marines logent des langoustes que l'ont peut simplement “cueillir” à la main tant elles sont abondantes (et stupides: il parait que quand un plongeur se pointe en face du trou, elles sortent pour jeter un coup d'oeil au visiteur !). Il n'a fallu que quelque minutes au cuistot du bateau de MonsieurPapa et d'Augustine pour remonter 5 ou 6 belles bêtes pour le repas du soir. Ils ont aussi jeté quelques lignes et attrapé de quoi compléter le menu …

Il y avait à boire (l'eau de la cascade) ...

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... et à manger (les langoustes et les oursins pêchés quelques minutes plus tôt)

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Dans mon bateau d'excursion sur le fjord (beaucoup moins “classe” que le leur, avec beaucoup de touristes), on nous a aussi parlé de l'écologie de ce genre d'endroit, et c'est fascinant: du fait des précipitations, il y a une couche d'eau douce qui surnage à la surface du fjord (de quelques centimètre à quelques mètres, quand même) et qui crée un écosystème tout à fait particulier dans cette “vallée sous-marine” si profonde (plusieurs centaines de mètres).

Dans notre bateau, on a donc exploré le fjord, tourné autour des petites îles, longé les falaises couvertes d'arbres, salué un pohutukawa en fleurs, jusqu'à ce qu'on aperçoive, au loin, un petit boud d'horizon rectiligne: la mer de Tasman ! Quand on embarque dans le bateau, au fond du fjord, on ne voit pas la mer, tant le fjord est long et tortueux. À l'approche du large, la houle s'est accentuée, mais on a quand même approché un îlot pour saluer une petite colonie de phoques ou de lion de mers (me rappelle plus trop), comme à leur habitude, paresseusement vautrés sur les rochers.

Pendant ce temps, sur l'autre bateau au mouillage, ils avaient descendus les kayaks et exploré un peu les environs avant de déguster leurs bestioles et de s'offrir un coucher du soleil et une soirée, seuls, perdus au fond d'un fjord de l'île Sud de Nouvelle-Zélande. La grande classe, pour finir l'année...

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Pour leur retour, ils ont eu droit à un autre paysage: la brume qui était tombée sur le fjord a changé l'atmosphère, un peu fantasmagorique, mais quelque part, rendait vraiment bien la profondeur de l'endroit.

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Et au retour, sur le lac Manapouri, avec les barres de montagne au fond ...

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Ils sont rentrés extatiques, toutes leurs histoires extraordinaires de pêche, d'eau, de bateau, de kayaks, à raconter, tellement qu'on ne pouvait plus les arrêter. Moi, j'étais bien contente pour eux, et puis même sans appareil photo, j'avais plein de souvenirs. 

MonsieurPapa a tant aimé la sortie qu'il s'est promis d'y retourner, et aussi de marcher la trace du Dusky Track, une rando dans un coin vraiment (vraiment) isolé ...

29 décembre 2016

Queenstown: où l'aventure devient (un peu) une galère

Alors voilà, on s'est retrouvés à Queenstown. "C'est super !", nous avait-on dit d'un côté (du côté de ceux qui n'habitent pas ici). "À Queenstown entre Noël et le Jour de l'An ? Vous êtes malades ?" nous avaient dit nos amis d'ici ... 

Le plan était un peu pourri d'avance, je dois dire. Un road-trip dans l'Ile Sud en (très) haute saison, sans aucune réservation (autre qu'un camping ultra urbain pour le début et la fin), ni même de plan de voyage défini, en compagnie de voyageurs dont la compatibilité avec nos aspiration était plus que que questionnable, c'était mal parti. Je me suis forcée à prendre les choses avec beaucoup de positivisme et de résilience, et les premiers jours (à Russell), ça avait plutôt bien fonctionné. 

Mais à l'arrivée à Queenstown, on a déchanté. Queenstown, c'est THE endroit où il faut aller quand on a envie de se faire une petite piqure d'adrénaline "sport/nature" sans trop d'effort (descente de rivière dans des hors-bords bien rapides et bien bruyants, saut à l'élastique, VTT ...) et qu'on aime le shopping d'articles de sport branchés. Pour ce genre de trucs, il y a beaucoup de candidats (et beaucoup, évidemment, viennent des grandes villes asiatiques). Mais comme nous on aime bien marcher lentement dans des endroits sans trop de monde, avec nos vêtements passés de mode, il va sans dire que yavait comme une erreur de casting et qu'on s'est mordus les doigts de s'être laissés entrainer dans cette aventure galère.

On a donc commencé par atterrir dans un camping bondé, aux emplacements millimétrés, écrasés de dizaine de camping-cars, envahis d'une foule d'autres vacanciers, des backpakers européens, des familles d'asiatiques, de tout, quoi. Il y avait des dizaines de douches, mais elles étaient payantes (2 dollars la douche ! à ce prix-là, même avec le chauffe-eau, elle est froide), la cuisine, c'était une ambiance de cantine scolaire perpétuelle et forcément, dans un endroit pareil, tout le monde faisait plus ou moins la tronche (aussi à cause du prix de la connexion internet, en sus de celui de l'emplacement).

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Bon, heureusement, l'endroit est quand même joli: la ville de Queenstown est au milieu des montagnes, la vue est belle ...

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Dans la ville, c'était aussi la foule, les boutiques dégorgeaient leurs clients dès le petit matin, toutes les vitrines étaient recouvertes d'affiches tape-à-l'oeil qui vantaient telle ou telle activité sportive, location de VTT, saut à l'élastique, LE truc le plus excitant, le plus impressionnant, le plus fou, le plus ... Une vraie ville bien touristique, grouillante, fatiguante, stressante (beaucoup de Chinois au volant de voitures de location, c'était tendu pour marcher avec les enfants),

Comme on était moyen équipés pour camper parce que ce n'était pas vraiment notre projet initial et qu'avec un bébé, improviser ce genre de truc, c'est bof, on n'a pas vraiment pu cuisiner (on a donc enrichi les restaus du coin, les enfants se sont couchés tard ... et levés tôt, comme toujours en camping) et on s'est caillés la nuit (ben oui, dans le sud de l'Ile du Sud, même en été, il fait froid !). On s'est vraiment demandé ce qu'on faisait là-bas, en plus des divergences de visions de vacances qui commençaient à émerger avec nos compagnons de voyage (et la tension associée qui commençait à croître).

On a quand même fait une ou deux belles balades (la grimpette au Queenstown Hill, avec une vue époustouflante sur le lac ! et le début de la Routeburn track) et puis MonsieurPapa et les grands enfants se offerts une descente de rivière en rafting, qui valait le détour, apparemment. Tout comme à Turangi, les enfants ont adoré, il a fait un temps magnifique, ils ont même profité de leur combi triple épaisseur pour sauter et re-sauter dans l'eau glacée. Bon, ils étaient pas les seuls, hein, ni sur les bateaux, ni sur la rivière, mais voilà, tant qu'a y être ...

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Moi, j'ai profité de ces quelques heures pour faire dormir MisterMan, qui s'était remis à nous pourrir les nuits. Parce que lui imposer des repas tardifs au restau, des couchers à n'importe quelle heure, des nuits de camping glacées et bruyantes, des siestes anarchiques, tout ça pour convenir au programme des autres, ça a fini par lui mettre la tête sens dessus-dessous et il nous le faisait payer quand il nous avait sous la main.

Après trois jours, on n'en pouvait plus. Et heureusement, nos compagnons de voyage avaient épuisé leurs envies de shopping et d'activités touristico-sportives. Alors on est partis.

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28 décembre 2016

Trampin'NZ: Routeburn Flats Hut

Si j'avais été toute seule, si j'avais pu m'organiser en avances, si j'avais eu 2 ou 3 jours devant moi, j'aurait fait cette balade dans sa totalité. Le Routeburn, c'est un Great Walk (ce qui ne veut pas dire qu'il est plus "Great" que les autres, mais qu'il nécessite de réserver à l'avance un Pass qui autorise de rester dans un des refuges ou de camper autour).
La situation actuelle étant ce qu'elle était, on est partis en famille, juste tout les 6, et on a juste fait le début, depuis le Routeburn Shelter vers le Routeburn Flats Hut (le premier ou dernier refuge de la randonnée, selon qu'on la prenne dans un sens ou dans l'autre), ce qui était juste bien pour les enfants et compte tenu du temps de trajet depuis Queenstown.

La randonnée était parfaite pour des enfants: un sentier égal et ombragé qui serpente autour d'une rivière (la RouteBurn) et qui monte tout en douceur vers un "coin à pique-nique" idéal. Et cette rivière ! Ses eaux sont d'une pureté et d'une transparence incroyable, un bleu léger, une eau qui inviterait à s'y plonger ... si ce n'était sa température ! 

Sur la route, on a croisé une troupe de gamins en colonie de vacances, ce qui a fasciné les enfants (et donné lieu à de longues discussions et encore plus de projets !) et une autre troupe de "canyonists". 

À l'arrivéee au refuge, la prairie autour du refuge était des plus accueillante, le soleil brillait, la rivière juste à côté a tenté les enfants qui y ont trempé les pieds entre deux sandwiches. On a donc pique-niqué, tranquille (avec les chapeaux et beaucoup de crème solaire, parce que ça tapait quand même !). On avait le temps, puisque finalement, on avait décidé de ne pas monter au refuge suivant (ce qui nous rajoutait quelques heures de marche). 

La descente, au retour, était très très cool aussi. 

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Encore une balade que je regrette un peu de n'avoir pas fait dans sa totalité, mais qui était un énorme plaisir, surtout par une météo pareille !


Première section de la Routeburn Track (Mount Aspiring National Park) - Description sur le site du DOC -1.5 à 2.5 heures, 6.5 km aller. 

Départ: Routeburn Shelter (parking)

Arrivée: Routeburn Flats Hut (refuge)

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27 décembre 2016

Trampin'NZ: Queenstown Hill Time Walk

Pour une fois une balade qui ne nécessite pas de prendre la voiture ! En se repérant (correctement) dans Queenstown (Ile Sud), on a réussi à se retrouver, pas très loin du centre ville, sur une petite rue résidentielle, et tout de suite, on a pris conscience que Queenstown était réellement entouré de montagnes (si on ne s'en était pas déjà rendu compte en atterrissant la veille !). Parce que ça montait tout de suite !

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Il faisait un temps magnifique ce jour-là et le sentier était enchanteur, quoique bien raide. Il s'agissait de monter dans une forêt de pins à la lumière tamisée, sur un tapis un peu mou d'aiguilles odorantes. À chaque lacet, la vue sur le lac Wakatipu, bleu profond se dévoilait un peu plus.

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Un peu plus loin, on a croisé une forêt dans une forêt: une communauté de dizaines de cairns de toutes tailles ! On avait l'impression de se promener au milieu d'une colonie de petits personnages minéraux aux formes tarabiscotées, c'était super chouette.

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Comme on n'était pas vraiment pressés, on a laissé Manech faire sa part du chemin, comme ça montait un peu fort des fois, il a fini à quatre pattes !

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À partir d'un certain moment, on s'est retrouvés à découvert, et la vue a été extraordinaire: le lac Wakatipu s'étalait dans sa longueur et sa splendeur, les montagnes (les Remarkables, Cecil Peak, Walter Peak, entre autres) se dévoilaient, des deux côtés.

La fin de la montée, c'était en plein soleil, alors on a bien mérité la photo de la victoire, au sommet de Queenstown Hill, à 907 mètres d'altitude. Il avait fallu motiver un peu les enfants pour la montée, mais ils avaient bien marché, et nous, on était contents !

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Yavait même un banc (Live, Love Laugh, beau programme !).

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À la redescente, ils ont couru, évidemment ...


Queenstown Hill Time Walk+/- 2.5 km jusqu'au sommet (907 m, soit quelque chose comme 500 mètre de dénivelée positive), compter 2-3 heures aller-retour

Départ: au parking sur Belfast Terrace, Queenstown

Le Queenstown Hill Time Walk  est décrit, avec d'autres balades, dans la brochure du DOC: Wakatipu Walks

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25 décembre 2016

Trampin'NZ: Cape Brett Track

La balade du Cape Brett (16km/ 8h aller simple) se fait sur deux jours, en dormant au refuge qui se trouve au bout du cap, tout à côté du phare et en reprenant le même chemin au retour, le lendemain. Comme il fallait réserver à l'avance et que notre séjour à Russell ne nous laissait pas suffisamment de temps, je me suis dit que ça devait être faisable en une bonne grosse journée.

Et le hasard a fait que c'est tombé le jour de Noël !

J'avais prévu de faire la randonnée toute seule, finalement j'ai été accompagnée (pas pour la beauté de la balade, sans doute juste pour la performance de la longue rando. qu'importe).

Le point de départ est à Oke Bay Scenic Reserve, atteinte le matin vers 6h ou 6h30, à l'heure où le soleil pointaint à peine ses premiers rayons.

Une fois dans une forêt claire de fougères, le sentier s'élève, et rapidement, on a commencé à voir les premières îles de la Bay of Islands, qui se dévoilaient dans la lumière déjà chaude. Tout au long de la balade, on a passé des zones découvertes qui offraient de très belles vues sur les baies alentours, et des petites zones de bush, qui devenaient de plus en plus tourmentées à mesure qu'on s'avançait vers l'Est et puis vers le Nord.

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Le soleil se lève aussi sur nous ...

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Les pentes devenaient aussi de plus en plus raides et alternaient courtes montées et descentes. Tout en bas, sur la côte rocheuse, les pentes tombaient à pic, les vagues léchaient gentiment les roches, les oiseaux solitaires tournoyaient. J'ai scruté la mer, dans l'espoir de voir quelque bête marine, sans succès.

Sur la fin, le sentier s'est fait carrément vertigineux, les alentours, solitaires et sauvages. La dernière montée était interminable, au point que les encouragements manuscrits sur les poteaux du DOC étaient les bienvenus ! Et la crête finale était formidable: une pente boisée très raide à gauche, une falaise à droite, le sentier au milieu, quelques mètres de large à peine. Heureusement, le vent ne soufflait pas ce jour-là.


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Un pohutukawa en fleurs ... l'arbre de Noël ...

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L'arrivée au phare, puis au refuge, se fait par une petite descente, de laquelle on voit la roche percée, attraction de quelques vedettes à moteur qui viennent troubler la solitude du coin.

On s'est posées sur une plateforme pour hélicoptères (qui ont servit pour la construction du nouveau refuge), et on a pique-niqué en regardant la mer. Le bout du cap est juste en bas. C'était très calme, très paisible. Quelques marcheurs qui quittaient le refuge nous ont salué en passant, et je me suis dis que ces gens avaient passé la nuit de Noël dans un refuge, isolé au bout d'un cap, seuls. Ça m'a fait rêver …


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Le point de triangulation de la Société NZ d'Étude Hydrographique ... je ne sais pas pourquoi, j'ai aimé cette plaque scellée dans le rocher ...

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Pour le retour, il ne fallait pas trop lambiner, rapport aux 5 heures de marche qu'il nous avait fallu pour parcourir l'aller et la bonne heure de pause de midi... La lumière était déjà différente, plus crue, plus forte. Sur la fin, les genoux ont commencé à se faire sentir, mais la vue sur la Bay of Islands valait bien tout ça.

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Finalement, on a mis 12 heures de bout en bout. J'ai raté l'ouverture des cadeaux, mais la joie des enfants à mon retour (quand ils vous sautent au cou en criant "Regarde, regarde ! Mon cadeau !") a suffi à mon bonheur! J'aurai aimé faire cette balade complètement seule, n'écouter que mes jambes, marcher selon mon souffle (exclusivement), apprécier la solitude d'un sentier qui mène à un bout de terre...


Cape Brett Track (Cape Brett Walkway): 16km aller - Passer la nuit au Cape Brett Hut pour ne pas faire l'aller-retour dans la journée.

Départ et Arrivée: Oke Bay à Rawhiti

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24 décembre 2016

Trampin'NZ: Whangamumu Track

Encore une de mes lubies, où j'ai un peu traîné tout le monde, mais que je ne regrette pas le moins du monde ! Autour de Russell, dans la Bay of Islands, il n'y a pas énormément de sentiers de marche (enfin ... selons les standards NZ !), mais celui-ci est connu pour sa "Historic Whaling Station" (ancienne station de pêche à la baleine) et d'ailleurs, ce sentier est emprunté par les marcheurs qui veulent s'y rendre (à marée basse uniquement). 

Pour nous, il s'agissait juste de se dégourdir un peu les jambes. La promenade monte et descend gentiment dans une forêt clairsemée, avec de belles vues sur la côte. 

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Une fois arrivés, la baie est un peu comme un paradis perdu: l'endroit est très protégé, très calme et il y a quelques bateaux au mouillages. Sur la plage, on est tout seuls. Moi, j'y resterai bien quelques jours ! Les enfants, comme à leur habitude, jouent sur la plage. On ne peut pas accéder à la whaling station: la marée est trop haute.

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Et il nous arrive un micro-drame:

Avant: Jusqu'ici, tout va bien ... Il patauge innocemment dans la flaque ... 

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Après: (s'être jeté dans la mare ci-dessous, elle semble peut profonde, mais le fond descend abruptement).

J'ai dû m'y jeter moi-même pour le récupérer. Le voici donc se réchauffant dans le pull de MonsieurPapa ... Plus de peur que de mal, mais au moins, ça lui apprendra à ne pas rentrer dans n'importe quelle eau sans précaution (j'espère).

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Une belle petite marche !


Whangamumu Track: 4,2 km (1h) aller simple

Des infos sur la Whaling Station sur le site du DOC.

Départ et arrivée: Rawhiti Road, à 1.1 km de l'intersection entre Manawaora Road et Rawhiti Road

Il est possible d'emprunter ce sentier pour rejoindre le Cape Brett Track via le Te Toroa Track, mais cela rallonge encore plus cette longue randonnée.

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23 décembre 2016

Quelques jours de Noël, Russell (Bay of Islands)

Et c'est déjà la fin de l'année... Ici, les fêtes de fin d'année riment avec été, plage, soleil et barbecues. Beaucoup de Kiwis voyagent pour aller passer les fêtes dans leur bach et profiter du grand air. Sur les routes, on voit des caravanes, des bateaux, des kayaks sur les toits des voitures et des vélos à l'arrière. Ça sent les vacances !

Pour nous, quelques jours avant Noël, on a fait un petit détour par Auckland, pour refaire un peu les valises, faire quelques menues courses et formalités administratives, avant de repartir vers le nord, vers Bay Of Islands, la Baie des Îles, un site touristique très prisé, et un lieu de villégiature parfait.

Le jour de notre arrivée, forcément, les enfants se sont jetés dans la piscine du petit motel sympa où nous restions. Après des semaines de baignades dans la mer, ils étaient tout contents ! Sauf quand MisterJo a mis la main sur une guêpe (pas de chance !), et a beaucoup pleuré ... Et puis, finalement, la piscine n'était pas si chaude ... C'était quand même un bon moment de calme après une longue route depuis Auckland. 

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Le soir, la petite plage était bien tranquille ... J'aurai aimé y rester longtemps.

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Au programme du reste de la semaine: plage, balades sur la côte (Whangamumu et Cape Brett Track), farniente, et pour MonsieurPapa, son cadeau de Noël, une plongée longtemps repoussée mais très attendue.

Il voulait plonger sur le Rainbow Warrior, ce bateau de Greenpeace en route vers l'atoll de Mururoa pour protester contre les essais nucléaires français dans les années 70, que les services secrets français ont fait exploser dans le port d'Auckland. Je ne connais pas bien l'histoire, mais quand on en parle à des Kiwis maintenant, on sent encore l'émotion qui monte ... Son épave a été déplacée vers Matauri Bay (iles Cavalli), pour servir de site de plongée, et les Kiwis sont encore résolument anti-nucléaires. Malheureusement, encore une fois, les conditions pour une plongée en sécurité n'étaient pas réunies, et la plongée s'est reportée sur le HMS Canterbury, une autre épave dans le coin. 

Il en a soigneusement profité et est rentré enthousiaste !

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Pendant que MonsieurPapa batifolait au milieu des poissons, nous on a tout simplement marché jusqu'à la plage. Une Long Bay, comme il en a partout, calme et tranquille. L'eau paraissait bien froide au premier abord, et pourtant une fois dedans, les vagues étaient juste parfaites pour surfer sans planche et sans complexe (je me suis étonnée à vouloir y retourner et y rester, plus que de raison). Les enfants et leurs amies ont joué toute la journée sur la plage. J'ai bu un expresso sous un énorme pohutukawa, servi par un gars sympa dans une petite remorque. C'était la veille de Noël, on n'avait rien à faire, juste être là, au milieu de ces baies et de ces îles. Une petite idée du paradis...

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Le pohutukawa du bach valait aussi le coup ... 

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Au passage, une petite photo prise, non pas à Bay of Islands, mais dans un autre coin (East Cape), mais je que je mets ici car elle me ravit. Parce que voir des décorations complètements décalées pour les fêtes, ça m'a toujours chagriné: Orchard Road (Singapour) avec de la fausse neige, des sapins enneigés dans l'hémisphère sud, des Pères Noël avec des gros manteaux par 30C en Afrique du Sud ... Alors quand j'ai vu à Te Araroa une petite bannière "Joyeuses fêtes" à la sauce locale, je me suis réjouie ...

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Pour ce Noël, nous n'avions pas de sapin, pas d'énormités alimentaires, pas de montagnes de cadeaux: un petit quelque chose par enfant: pour Augustine, une liseuse (qu'elle n'a même pas eu le jour de Noël ! le colis est arrivé quelques jours plus tard), pour Salomé, sa première montre, pour Joseph, la promesse d'un vélo et une paire de jandals (des tongs ! et aux couleurs de la NZ, il les adore), pour moi, quelques CD et un paquet de thé du Maroc, pour Cédric, quelques dizaines de minutes de grâce par 30 mètres de fond ...

Un Noël comme je les aime, passé au grand air, dans la simplicité, dans l'oubli, un peu. Les plages, les arbres, les oiseaux et les vagues se fichent bien de quel jour on est.